Publié le 26 Juin 2022

 

  Comme vous passez par ici et moi par-là, j’en profite pour vous faire une confidence : je déménage !

  Oui, vous avez bien entendu, je dé-mé-na-ge.

  Hélas, déménager laisse la porte ouverte à tous les cancans…

  Les entendez-vous ?

- Fais semblant de rien, elle déménage.

- Elle a mis son gros pull en laine alors que nous suffoquons avec ces 32 ° au thermomètre… elle déménage.

- Ce matin, à la boulangerie, elle a commandé deux tartes tatin pour la venue de sa grand-mère Mary décédée il y a plus de vingt ans. Vous vous rendez-compte, elle déménage ! Les tartes ? Oh, je l’aiderai volontiers à en venir à bout.

- Non, mais regardez-la, elle a enfilé une chaussure brune à un pied et une rouge à l’autre. C’est triste mais il faut bien l’avouer, elle déménage…

- Ah, vous l’avez vue se promener la nuit en chantant à tue-tête ? Du Frank Sinatra ? Avec son vieux parapluie ouvert sous la pleine lune ? Triste, mais que voulez-vous elle déménage.

- Elle perd ses clés, son portefeuilles, ne sait plus le jour, ni l’heure ? Normal, elle déménage !

- Etc, etc…

Comme nos chemins se sont croisés par hasard, je vous fais pleine confiance et vous avoue en toute confidence que j’hésite de plus en plus à franchir le pas.

  Quel pas ? Mais celui de déménager réellement voyons !

  Comprenez, ce bruit qui court anime tout le quartier qui serait bien morne sinon.

  Ah ! Vous compatissez ?

  Cela me fait un bien fou d’être enfin comprise par plus excentrique que moi !

  Mais entrez donc, il y a de la place dans ma tête et nous ne serons pas trop de deux pour divaguer !

 

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Sujet 004 de Mil et une - suite  (clic)

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Publié le 15 Mars 2022

 

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- Elle est jolie ta fleur !

- C’est une rose.

- Pourquoi il y a des mots écrits dessus ?

- Ce sont de notes de musique… tiens, je te l’offre cette rose. Veux-tu que je t’apprenne comment en créer une à ton tour ?

Je regarde Maman, elle me fait « oui, tu peux » en balançant la tête.

- Prends mon cahier de partition, là, que j’en retire deux feuilles.

J’ai tout fait comme la vieille dame me l’expliquait et même si ma fleur semble déjà un peu fanée je me sens pareil à un magicien.

- C’est pour toi, Maman ! Je lui dépose en main la rose de la vieille dame et conserve celle que j'ai créée.

Maman sourit et se met à chanter. Sa voix est tellement belle que les gens se taisent autour de nous pour l’écouter. Moi, j’ai un peu faim et je suis fatigué mais Papa me propose de jouer aux cartes avec lui et mon grand frère.

Ici, dans les caves de l’immeuble on n’entend rien. Ou alors pas grand-chose de ce qui se passe à l'extérieur pourtant je sens que Papa frisonne par moments quand le bruit des cloches et des sirènes nous parvient malgré tout.

J’ai dormi, je crois, mais ma rose magicienne est toujours bien serrée dans ma main. Papa me porte dans ses bras, je suis bien.

Non, je ne suis pas bien, j’ai peur et je dois faire pipi mais Papa me souffle « pas maintenant »

Je glisse la rose magicienne dans le col de son pull en laine. Il ne dit rien mais me serre un peu plus contre lui.

Mon frère tire une valise. Maman deux autres. Où est celle de Papa ?

La gare est bondée, je me sens tout petit, petit.

Je pleure. Mon frère pleure. Maman, avec la rose de la vieille dame accrochée à sa veste, pleure collée contre la vitre du train et envoie un baiser à Papa en larmes sur le quai. Dans sa main, la rose magicienne semble me faire un clin d’oeil.

La foule le bouscule, prend sa place près du wagon et notre père disparait de notre vue brouillée tandis que le train se met lentement en branle vers…

Je ne sais pas où !

Quand serons-nous encore réunis tous ensemble, avec en plus ce bébé qui gonfle le ventre de Maman ?

J’ai appris à confectionner une fleur en papier… peut-être qu’à mon tour j’apprendrai ce tour de magie à mon petit frère ou ma petite sœur ?

Je me love contre mon frère…

La guerre, c'est pas gai !

 

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Pour Mil et une - sujet 11/2022 - clic et clic

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Publié le 13 Février 2022

aquarelle de Chinou - clic

 

Aïe, la prochaine fois je regarderai où je mets les pieds !

Pourquoi me suis-je embarqué dans cette expédition de l’impossible ? Trop regardé Ko Lanta ? Ou Fort Boyard ?

Poissons enveloppés dans de larges feuilles et rôtis à même la braise d’un foyer improvisé entre quelques galets, vers de plage émergeant du sable blond et dégustés gigotant encore, abats douteux, tout cela m’aurait-il fait rêver à mon insu ?

Top chef ?

Oui, voilà le vrai nœud du problème…

Mes copains me lancent souvent pour se moquer de moi « T’es trop nul, mec ! Comment tu peux passer tes soirées devant la télé ? »

 

Aïe, la prochaine fois je regarderai où je mets les pieds !

J’ai dressé une liste de courses, il faut que je me grouille si je veux être prêt à l’heure prévue. A la maison c’est sacré : 19 heures, pas une minute avant, pas une minute après.

Et si j’improvisais une petite chute sur ce verglas, histoire d’avoir le coccyx en feu et l’impossibilité de me tenir debout durant quelques heures ou mieux quelques jours ?

Et zou, patatras, aïe, aïe, aïe… et zut, ce n’était pas prévu, je ne sais réellement plus me relever !

De quoi j’ai l’air les quatre fers en l’air entouré de passants qui tentent de me secourir.

- Allons debout, jeune homme, dit l’un.

- N’y touchez pas, gronde un autre, la colonne peut être touchée.

- J’appelle les secours, s’affaire une dame.

Et moi, je vois des étincelles devant les yeux. Je ne vais pas défaillir quand même ? Rhaaaa ! La honte !

 

Aïe, la prochaine fois je regarderai où je mets les pieds !

Et ne me vanterai plus jamais de savoir cuisiner ni ne répondrai au défi lancé par ma mère de préparer le dîner du jour.

Promis, juré, jamais plus je ne regarderai la télé ni ne mettrai les pieds dans la cuisine…

 

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Pour Mil et une sujet 07/2022 - clic et clic

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Publié le 6 Février 2022

 

 

Les caisses que Nora descend du grenier par le petit escalier escamotable s’empilent peu à peu dans le hall.

L’inspecteur Harry soupire. Il lui faut bien s’avouer que sans l’aide de sa collègue la tâche aurait été trop ardue pour son dos aux vertèbres un brin malmenées par le temps.  

Où sont passées mes plus belles années ? Au fond de ce fatras de carton ? L’inspecteur Harry, les bras ballants, semble transformé en statue.

Nora fredonne.

Nora fredonne quelle que soit la météo, l’humeur de son bientôt ex-supérieur ou de son compagnon.

Elle fredonne tout en jetant un regard interrogateur à son boss.

Que se passe-t-il dans la tête d’une personne quittant l’endroit où elle a vécu un grand nombre d’années ? Et tout ce petit univers empaqueté à quoi ça sert ?

La jeune femme est adepte du minimalisme et a des difficultés à comprendre les accumulations qu’elle juge compulsives.

L’inspecteur Harry soupire une fois de plus. Il s’est tellement réjoui de ce départ à la retraite, de cette vie pleine de promesses passée au soleil, libre, libre enfin de tout horaire, enquêtes ou autres obligations… et là, il se sent vide de tous ses repères.

Puis son œil frétille, il vient de repérer une caisse au carton orangé orné d’étranges fleurs. Déjà, il en sort sa vieille compagne, une machine à écrire sauvée du tout à l’informatique.

- Une antiquité bonne pour le marché aux puces, s’exclame Nora.

Harry fronce les sourcils qu’il a touffus. Comment faire comprendre à sa jeune collègue les liens qu’il a entretenus avec ce clavier ?

- Gmrr…

- Vous dites ?

- Je dis que si cette machine à écrire pouvait parler elle vous décrirait tous les suspects que j’ai eu l’occasion d’interroger.

- Bof, je connais la ritournelle, je l’entends tous les jours…

Oui, elle a sans doute raison, pense l’inspecteur Harry, les années passent mais les humains restent d’immuables suspects et les criminels se cachent souvent sous des dehors courtois ou angéliques.

Nora toujours afférée redescend la dernière caisse et se saisit de l’aspirateur qu’elle passe là-haut en un temps record.

Déjà 17 heures, il est temps pour elle de rentrer au bercail.

Harry la regarde partir, penaud, son billet à la main.

- Si on ne peut plus s’entraider où va-t-on ? a rigolé Nora en le voyant fouiller dans son portefeuilles. A lundi, pour le pot de départ ! J’avoue, chef, vous allez me manquer !

Penaud, oui, l’inspecteur l’est d’autant plus que jamais il ne lui avouera avoir jadis arrêté ses grands-parents, de fameux escrocs au quant-à-soi plus que trompeur.

Bon, c’est décidé, cette machine à écrire et la plupart des autres contenus des caisses finiront aux encombrants et peut-être, comme lui, Harry, connaîtront une autre vie !

Et vive le soleil pour encore de longues et belles années !

 

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Pour Mil et une - clic et clic

image : James Cokk - clic et clic

 

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Publié le 20 Novembre 2021

 

 

Il tricote le fil du temps
Un jour à l’endroit
Un jour à l’envers
Un autre en attente
Et glisse la maille
 
 Il tricote le fil du temps
Croise diminue augmente
Jetés points mousse ou points
Escargot garnissent les rangs
Et ajoute la maille
 
 Il tricote le fil du temps
Mais s’offre en dentelle
A dix heures à quatre
Ou à vingt c’est selon
De monter celui des mots
 
 Il tricote le fil du temps
Savoure celui des vocables
Partages échanges
Un mot à l’endroit
Un mot à l’envers
Et passe passe le temps  
 
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Mil et une - sujet 36/2021 - clic      

IvanoTivali (image G.Manucci ) - clic 

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Publié le 14 Novembre 2021

 

Foi de Zébulon, je suis enfin à la retraite !

C’est terminé les rendez-vous au salon de toilettage, les poses interminables dans les concours félins, le supplice des shooting-photos, Annabelle a finalement réussi à acheter une petite maison où nous sommes bien.

Enfin, j’avoue qu’elle y semble plus à l’aise que moi qui me sens un brin délaissé.

Oh, elle me câline toujours mais le fait de partager son attention avec son amoureux me perturbe de plus en plus. Nous étions si bien tous les deux ! Pourquoi s’est-elle amourachée de ce grand escogriffe ?

Griffes ? Oui, je serais bien tenté de les planter dans son visage barbu…

Bof ! Je tiens à ma réputation et me réfrène dans mes élans mais je compense en dévorant le contenu de mon écuelle à la vitesse grand V, selon l’expression de l’intrus. Je n’en ai jamais assez et je miaule pour quémander la moindre miette.

- Zébulon, tu exagères, me tance Annabelle, te voilà rond comme un chat de BD.

Rond, moi ??? Il est vrai que je ne dois plus passer chaque semaine sur la balance, que j’ignore le grand miroir du vestiaire, que des photos où je pose ne traînent plus sur la table du salon…

Rond, rond, c’est vite dit ! J’en miaule de dépit.

Annabelle, elle, affiche un ventre bien plus rond que le mien et son amoureux, le grand escogriffe, ne cesse de le caresser.

Ces humains m’étonneront toujours… mieux veut les ignorer et aller me défouler au jardin. Qui sait, le merle moqueur finira t-il en délicieux dessert ?

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Foi de Zébulon, je me croyais à la retraite et me voilà en admiration devant une petite Zélie, toute rose de fraîcheur et sentant le bon lait maternel. Je la veille jour et nuit et quand le grand escogriffe s’en approche et la prend dans ses bras musclés je feule comme un vieux tigre royal.

          Mais grâce et pour Zélie, j’ai retrouvé ma ligne de compétition.

Promis, je l’emmènerai en promenade et lui raconterai tous mes exploits.

N’est-elle pas belle la vie ?

 

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Pour Mil et une 

 

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Publié le 13 Juin 2021

Igor Morski - clic

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Allez, viens je t’emmène !

Où ?

Peu importe ! Ayons confiance, la Terre est ronde on ne peut s’y perdre.

Arrêtons de pédaler à vide, de nous défoncer comme des forcenés dans l’air malsain d’une de ces salles de torture qui fleurissent à chaque coin de rue.

La rue, justement, traversons la et laissons derrière nous nos fantômes, ceux qui nous hantent jour et nuit, inlassablement. Cessons de pleuvoir des larmes intérieures, cessons de nous noyer dans notre propre eau.

Apprivoisons-nous, laissons tomber nos carcans, ils nous corsettent à ne plus savoir respirer librement. Allégeons-nous de ces lourdes couches de culpabilité, de regrets malsains.

Non, il n’est pas trop tard mais nous ne sommes rien l’un sans l’autre, toi, mon alter ego et moi, ton second toi.

Toi, le corps, moi, l’esprit, nous formons un duo à l'entente parfois chaotique mais rien n’est grave si ce n’est perdre espoir !

Marchons avec la vie, avec notre vie, unique et éphémère…

Ici dans un parc, là-bas dans un chemin creux ; sur le petit balcon ou dans le couloir, cheminons !

Mais non, nous ne sommes pas vieux !

Regarde, l’enfance sommeille toujours en nous.

Allez, viens je t’emmène vers l’horizon bleu de ses rêves…

 

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Alter Ego - Jean-louis Aubert - clic

Pas d'ami comme toi - Stephan Eicher - clic

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Publié le 10 Juin 2021

 

La Lune là-haut si haut qu’elle ne craint de tomber
La Lune s’allume luciole dans la nuit
Croissant décroissant ou toute ronde
Cycle féminin à l’infini


Ici-bas les marées monotones
Flux et reflux incessants
Rythment le ballet des sorcières
Au coin du bois guette le loup-garou

 

Lune nouvelle noirceur sur la Terre
Quartier C ou quartier D
Éclipse la belle a rendez-vous

Et de partout les regards se lèvent voyeurs


Vite vite son bel amant la dévore

Elle se voulait princesse puissante

Mais se pressent ombre fluctuante

Déjà elle n’est plus que fadeur

 

Mais aujourd’hui la Lune est pleine
Et on ne sait pas
Qui l’a mise dans cet état
 *  
(* Alphonse Allais)
 

Sourire crayon jaune à la main
Petit Pierre a terminé son dessin

 

 

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Pour Mil et une sujet 17/2021 - clic

L’éclipse, gare Saint-Lazare, Paris, 8 avril 1921 - clic

Images de l'éclipse de ce jour, 10 juin 2021 - clic

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Publié le 18 Mai 2021

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- Et toi, Pascal, m’aimes-tu VRAIMENT ?

- Qu’est-ce qu’aimer ? On peut aimer un petit carré de chocolat…

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- Tu vois, Francine, Marcel n’a jamais rien eu à me dire, même pas qu’il m’aimait et pourtant il me l’a prouvé tant de fois.

- Tu as eu de la chance, Sylvie, pas comme moi. Eric, lui, hurlait qu’il m’aimait tout en m'administrant une volée de coups pour soi-disant me le prouver, sniff !

---

- Damien, j’ai une folle envie d’assister à ce spectacle. On réserve des places ?

- Encore une histoire de bonnes femmes ! Et que je t’asperge d’eau de rose et que je t’illusionne sur l’amour et que je te concocte une soupe aux mamours éternels, ha, ha !

- Ce que tu es cynique, Damien !

- Mais va voir ce spectacle avec une amie, cela ne me dérange pas.

- Ouais, ainsi tu seras seul maître de la télécommande pour suivre un de tes indispensables matchs de rugby ou pour retrouver tes potes à la salle de musculation.

- C’est ça l’amour, ma chérie, il faut savoir garder ses distances pour le préserver et mieux se retrouver.

- Pfff ! Ronflant au plus profond du divan. Hum, vraiment pas sexy !

- Oui, parlons-en, tu n’as jamais porté la guêpière que je t’ai offerte…

- (tu parles d'un cadeau personnalisé !)

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- A qui est destiné ce message ?

- A toi, à moi, à nous ?

- Je ne me sens pas visée.

- Holà ! Moi non plus !

- Et vive notre sacro-sainte liberté, ma chère !

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- Tu sais, Maman, j’aimerais tellement recevoir de Papa un message comme celui inscrit sur cette vitrine.

- Combien de fois faudra-t-il te répéter que ton géniteur est anonyme. Je t’ai faite seule, Wendy, toute seule ! Ne sommes-nous pas bien à nous deux ?

- Si tu le dis…

---

- (Si déjà une seule personne au monde déclarait m’aimer, je verrais cela comme un miracle. Pourquoi me suis-je assise sur ce banc ? Elle me refile le cafard cette vitrine. Stop, les larmes ! Stop, j’ai dit !)

- (Comme cette femme semble loin dans ses pensées. Tristes, gaies, va savoir mon vieux. Peut-être attend-elle quelqu’un ? Et si j’osais l’approcher, tenter ma chance en l’abordant. Trop nul, je suis trop nul ! Pourquoi suis-je si timide ? …mais, elle pleure. J’ose, j’ose pas ?)

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- Demain, 8 heures, Antoine, le laveur de vitres, sera à l'oeuvre. J’en ai assez de cette phrase que nous lisons à l'envers depuis un mois. Je compte sur vous pour en dégoter une autre, mes amis. Non, je n’ai pas de thème précis pour le futur micro-trottoir…

 

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Image Mil et une - sujet 14/2021 - clic

Jean Ferrat : Aimer à perdre la raison - clic

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Publié le 8 Mai 2021

 

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Parfois c’est un cri d’oiseau, jacassements de pie, chant d’amour printanier d’une grive, ou le glapissement de son discret voisin, le renard, sorti de son antre un peu plus haut sur la colline, parfois un moteur d’avion en phase d’atterrissage ou simplement son compagnon se retournant dans le lit à ses côtés qui la réveillent. Parfois aussi, elle doit bien se l’avouer elle ne dort pas mais maintient ses yeux fermement clos.

Angoisse. Et si…

Elle ouvre alors son troisième œil, celui qu’elle seule perçoit concrètement au milieu de son front. D’abord, elle regarde en elle et se voit bien là, chez elle, entre le jour et la nuit.

Lune ou soleil ?

Soleil ! Elle veut y croire !

Se forcer à ouvrir l’œil gauche, l’œil droit, apercevoir l’heure affichée sur le réveille-matin ou les premières lueurs de l’aube sont des victoires.

Pour combien de temps encore ?

Dans son sang coule un produit dont l’amertume est sensée faire reculer une échéance qu’elle redoute, si ce n’est la guérir définitivement de cette maladie qui peut la priver de la vue.

Le troisième œil l’aidera quoi qu’il arrive, elle en est persuadée il sera son allié.

Tout à l’heure, ou demain, elle se décidera à le représenter dans un dessin.

Qui comprendra sa symbolique ?

 

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Christian Schloe - clic et clic

Pour Mil et une : sujet 12/2021 - clic

Kendji Girac

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Publié le 14 Février 2021

 

Image Paul Morse - clic et clic 

Quel supplice ! Mais quel supplice !
Foi de  Zébulon, je ne pensais pas tomber aussi bas !
Moi, chat de concours aux nombreuses médailles, me voir dans une situation aussi ridicule cela me donne la nausée. Mais quel infâme mou ont-ils mangé ces vieux barbus pour puer autant de la gueule ?
Et que je te lèche et que je te relèche. Sont payés au coup de langue râpeuse ou quoi ?
Mais pourquoi Annabelle, ma douce, m’a-t-elle embarqué dans cette mascarade ?
Et cette odeur de rose qui se mêle aux relents de mes compagnons canins… beurk, beurk, beurk !
Demain, nous irons faire un shooting photo, m’a dit Annabelle hier soir.
Shotting ? Peut pas parler en chat comme tout le monde ?
Je ne me suis pas méfié de ce mot et je le regrette à présent.
Qu’avait-elle encore ajouté alors que je m’endormais bien lové dans mon panier ?
Les médailles c’est bien beau mais cela ne rapporte pas grand-chose dans notre escarcelle (voilà encore un mot inconnu du langage chat) J’aimerai quitter ce vingt-huitième étage et trouver une petite maison, nous y serions bien.
Alors à ses yeux, qu’elle a aussi bleus que les miens, je ne suis qu’un tiroir-caisse, une planche à billets, un chèque en blanc ?
Beurk ! Pitié ! Et dire qu’il en faudra une quantité des séances pareilles avant d’avoir amassé un petit magot…
Du rouge on va passer aux cotillons bigarrés puis au jaune canari, Pâques oblige, et ensuite aux senteurs de muguet et puis, et puis…
Malgré tout j’étais bien moi, au vingt-huitième étage !
Mais voilà quand Annabelle plonge ses yeux dans les miens comment lui résister ? Comment ne pas lui faire honneur une fois de plus ?
 
Serait-ce ça le grand amour ?
Foi de Zébulon, je pense bien que oui.
 
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Mil et une sujet 07/2021 - clic

Retrouvez Zébulon, chat du vingt-huitième ici

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Publié le 28 Janvier 2021

Denis Simonin - clic

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Dans ma région vit le tétras lyre, joli petit coq des bruyères bien perturbé ces derniers jours par le flux des touristes d'un jour attirés par les beaux paysages et surtout par la neige abondante. 

Un effet de plus du confinement actuel...

Moins perturbantes mais malgré tout un peu étonnantes sont les paroles prononcées par mon mari ce dimanche : "tu ressembles à un tétras lyre en parade"

C'est beau un tétras lyre... je suis rassurée, flattée même...

Ainsi je ne ressemble pas, comme je le pensais, au britannique Boris ? Ouf ! Me voilà moins impatiente d'enfin retrouver les ciseaux habiles de ma coiffeuse. Ils sont au repos depuis plusieurs mois et risquent de le rester au minimum quelques semaines encore. 


 

D'ailleurs, et toujours selon les dires de mon mari, le confinement me va bien. 

Voyez-vous cela ! L'hypocrite !

Cela convient bien à sa gourmandise, je vous le confirme.

Oh, il ne semble pas être le seul à profiter des effets du confinement.

Un article paru en 2012, ici, sur mon blog, est beaucoup consulté et en particulier depuis le mois de mars 2020. Les gens ont-ils envie de douceurs sucrées ou tout simplement de trouver une activité à la finalité gourmande pour leurs enfants ? Aucun nouveau commentaire ne le confirme mais moi-même je me suis reprise au jeu de concocter ces rochers au chocolat et muesli, petite gourmandise dans laquelle est incorporé avec bonheur un peu de miel des abeilles de mon plus jeune frère. Un délice !

 

 

 

Autre mode de se rassurer confirmée par les statistiques de "Petites peintures avec mes mots" c'est la découverte d'un beau texte du canadien Felix Leclerc et l'écoute de sa lecture par notre Julos Beaucarne. (Texte extrait du livre Pieds nus dans l'aube)

Je me confine, tu te confines, nous nous confinons mais surtout nous avons un besoin fou de revenir à l'essentiel, à NOTRE essentiel !

 

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Publié le 22 Janvier 2021

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L’enveloppe est grande… l’adresse rédigée par Maman… de quoi s’agit-il, elle ne m’en a pas parlé, hier soir, au téléphone…  

Une immense photo en noir et blanc… un montage probablement… étrange, il me fait penser à des portées musicales et des notes de musique…

Un petit billet laconique l’accompagne « Granny m’a confié ce document en décembre 1974 et elle me demande de te le confier à mon tour. Je  fais confiance à son instinct comme je te fais confiance, mon amour… Maman »

Décembre 1974 ? Quelques mois avant ma naissance !

Au revers de la photo je découvre la belle écriture de Granny…

« Comme j’aime ce montage de photos de Harold Feinstein prises à Coney Island en 1950, comme j’aime surtout ce que l’on n’y voit pas : notre bonheur à Bob et moi ! Retrouver nos amis sur la plage, danser le rock and roll, le boogie-woogie ou le slow sur des pistes improvisées à même le sable, nager, se dorer au soleil, en un mot vivre avec insouciante notre jeunesse. Les gens, là-haut sur la promenade, assis sur un banc ou déambulant, nous observaient peut-être avec un peu de nostalgie au cœur. Bob, ton père, tu ne l’as pas connu. Le conflit en Corée a fauché bien trop tôt sa fougue de jeune soldat. Mais tu es là, Wendy ma fille, sa fille, et tu es un merveilleux cadeau de la vie !

Bob, mon grand-père, je ne le connais qu’au travers de quelques clichés. Tout comme mon père d’ailleurs disparu dans un accident d’hélicoptère trois jours avant la date prévue pour leur mariage, à ma mère et lui.

Mon cœur bat la chamade, je suis troublée, secouée au plus profond de moi-même. Serions-nous liées par le même destin, Granny, Wendy, ma mère, et moi ?

Qu’a pressenti Granny lorsque je l’ai vue le mois passé ? Pourquoi en m’embrassant, alors que j’étais sur le point de rentrer à New-York, a-t-elle murmuré à mon oreille « tu as l’œil qui pétille, prends soin de toi » ?

Se doutait-elle qu’à mon tour je porte en moi une toute jeune  vie ?

Mais la vie à New-York en cette fin de septembre 2001 a-t-elle encore un sens ? Malcom, mon amour, fauché toi aussi en pleine jeunesse alors que tu accomplissais ton job de pompier, tu me manques tellement !

Réussirais-je à élever seule notre enfant ? Quelle décision faut-il prendre ?

Les notes de musique que me transmet Granny via Maman suffiront-elles pour poursuivre harmonieusement la mélodie de ma vie, de notre vie ?

Doucement je caresse l’enveloppe…

Malcom, pour toi, pour nous, pour ces femmes que j’aime et qui sont des exemples, je voudrais tellement y croire !

 

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Mil et une - sujet 03/2021 - clic

Harold Feinstein clic et clic

Coney Island années 1940-1950 -montage 1952

 

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Publié le 4 Décembre 2020

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Pépé Dédé c’est mon aïeul, le père de mon Papy. (quel titre)

Pépé Dédé - tout court - ce qu’il apprécie, en plus d’enfiler un petit verre d’une goutte capiteuse derrière la cravate, selon son expression, et de faire de la musique, ce sont les conjugaisons. (quelle idée)

Bon, j’avoue, l’hérédité saute souvent une génération, ou deux, ou trois, et moi faisant partie de la quatrième je me sens vraiment lésé.

Je ne suis plus vraiment un gamin à présent mais quand il me voit Pépé Dédé ne peut s’empêcher de me questionner « Alors la jeunesse (c’est moi) récite-moi le subjonctif imparfait du verbe quérir »

Quérir ? Voilà bien un verbe décati !

Je grimace et il rigole.

Puis il se lance sans reprendre son souffle « je quisse, tu quisses, il quît, nous quissions, vous quissiez, ils quissent »

Moi, pour ne pas être en reste, j’ajoute «amen » ce qui le fait rire davantage.

Mémé Kiki en profite alors pour mettre en avant son dada personnel et elle interpelle Pépé Dédé d’un «et le verbe danser, Dédé, sais-tu encore le conjuguer à tous les temps ou ne connais-tu plus que son passé simple si pas antérieur ? »

Pépé Dédé grimace à son tour et Mémé Kiki me fait un clin d’œil. Allons, poursuit-elle, conjugue-le à l’impératif présent !

« D… dan… » (voix de Pépé)

« Allez, courage » (voix de Mémé)

Moi, Arthur, j’en profite pour augmenter le son de la radio.

« Danse » Et Mémé se met à danser…

« Dansons » Et Pépé Dédé enlace Mémé Kiki…

« Dansez » Et moi qui ai prononcé ces mots je me débine en douce histoire de les laisser tournoyer en amoureux.

Pépé Dédé et Mémé Kiki sont un peu givrés il faut bien l’avouer mais j’aimerais tellement leur ressembler et connaître moi aussi une telle complicité.

Quand j’aurai leur âge que dansera-t-on ?

 

(j'espère ne pas faire honte à Pépé Dédé et avoir présenté une bafouille correcte)

 

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Pour Mil et une - sujet 44/2020 - clic

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Publié le 21 Novembre 2020

 

Délicieux ? Savoureux ?

Non, tout simplement BON !

 

Qu’il se taise ! Pitié !

Et elle, pourquoi elle lui sourit ?

Trop contente que ça lui goûte ?

Complice. Sale complice.

 

Comment il a pu faire cela ?

Mon propre père !

Jamais plus je le croirai.

Elle non plus, ma mère, j’la croirai plus.

 

Pourquoi on fait toujours souffrir les enfants ?

Sauvage, c’est un sauvage.

Cruel en plus avec ses simplement bon !

Et ma mère c'est pareil.

J’étais si bien avant que…

 

A qui les dénoncer ? Je suis si petite.

Même Tati rigole de moi.

C’est pas du jeu. Non, je n'veux pas de leurs baisers.

Plus jamais, plus jamais.

J’ai la nausée.

Ils essaient de minimiser.

Peuvent pas comprendre.

C’est ma vie qu’ils ont bousillée.

Jamais je n’y toucherai, j’le jure.

 

Trois jours qu’ils le font durer.

Mariner, rissoler et cuire.

Dé-cou-per. Gloup !

Et maintenant ils sont là à…

Mâchouiller, avaler.

Cannibales !

Et moi, j’ai une boule. Un nœud.

 

J’ai une boule. Un nœud.

Beurk !

Haut-le-cœur.

Jamais, je ne pourrai.

Quitter la table. Tourner les talons.

Direction les toilettes.

Viiiiiiiiiiiiiite.

 

Jeannot MON lapin, ils t’ont assassiné.

 

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Pour Mil et unesujet 42/2020 - clic

Ci-dessous Julos Beaucarne chante Victor Hugo (Merci à Emma et à K)

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Publié le 31 Août 2020

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Devant la porte, elle attend en frissonnant.

Sa gorge gratouille. Fichue pollution venue de l’usine d’à côté !

Le travailleur y est confronté tout au long de sa vie. Elle, bof, elle ne fait que passer.

Bientôt huit heures quinze… D’une main énergique elle donne un deuxième coup de sonnette. Quand cette fichue porte s’ouvrira-t-elle enfin ?

Soudain, elle entend des pas précipités, un cliquetis de clés. Un tour, deux tours et la porte s’ouvre en grand sur un vestibule terne et peu accueillant.

- Entrez vite, désolé pour ce retard, dit un homme rabougri vêtu d’un vieux tablier d’un blanc douteux.

Elle fait un pas, un deuxième puis s’arrête indécise.

- Allons, suivez-moi, insiste l’homme tout en trottinant sur les vieux pavés inégaux.

Où est le beau temps que je me suis promis ?

L’interrogation est furtive dans l’esprit de la jeune femme.

Déjà elle rejoint l’homme dans une immense pièce garnie de grandes tables et d’étagères couvertes de rouleaux de tissu, plus colorés les uns que les autres.

L’homme grommelle un « pourquoi voulez-vous me voir exactement ? »

- Je me prénomme Mila. J’aimerais vous présenter quelques croquis et…

L’homme l’interrompt - « Je n’ai pas le temps de… » mais il ne finit pas sa phrase happé par le dossier étalé sur un coin de table. La jeune femme l’a tiré de son sac et déposé d’un geste brusque, presque rageur.

A présent, l’homme la bouscule, la tire par la veste et comme il se retourne elle voit ses yeux briller d’intérêt.

- Montrez, montrez-moi !

Elle ne peut s’empêcher de soupirer un ouf ! dans sa tête.

Lui feuillette, regarde et regarde encore.

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Le soleil est à présent plus haut dans le ciel et inonde de lumière l’atelier du tisserand. Ce dernier, tout rouge, tout rond d’une satisfaction qu’il voudrait dissimuler à la jeune femme, pose des questions, encore et encore.

Souriant intérieurement elle y répond sobrement. Dans son ciel de plomb personnel elle entrevoit enfin une éclaircie.

L’homme l’écoute mais ne peut s’empêcher de tendre la main et de ressaisir le dossier. Il cligne de l’œil vers tel ou tel dessin, tel assemblage de couleurs et la jeune femme cernant ses attentes l’oriente au mieux parmi ses créations.  

Familièrement il finit par demander « tu veux un café ? »

Comme elle acquiesce il poursuit d’un « dis donc ce n’est pas mal, pas mal du tout. Il y a longtemps que… » mais déjà il se détourne et, sur une étagère, saisit deux tasses ébréchées.

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- "CAMARADE SOLEIL" ce serait un beau nom pour une nouvelle collection de tissu... TA collection. Qu'en penses-tu ?

Dubitative, la jeune femme regarde le tisserand. Est-il sérieux ? Peut-elle lui faire confiance ? Puis elle se dit que c’est plutôt con de ne pas y croire. Pourquoi l’aurait-elle contacté si un brin d’espoir n’était pas en elle ?

- CAMARADE SOLEIL ? Oui, cela sonne bien.

Et de donner ainsi une identité à son travail, sa créativité, rend cette folie plus concrète. Ce matin, aurait-elle pensé vivre une journée pareille ?

Mais est-elle prête à faire entièrement confiance à un patron ?

Alors elle regarde longuement l’homme au tablier d’un blanc douteux et elle décide de ne voir que l’éclaircie qui s’élargit de plus en plus dans son ciel de plomb.

Oui, elle veut vivre et vivre à fond le beau temps qu'elle s'est promis !

 

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Pour Mil et une - sujet 31/2020 - clic

 

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Publié le 7 Août 2020

image Mil et une

Bonjour ma cousine

Bonjour mon cousin germain…
Passez par ici et moi par là !...
 

Depuis quelques jours cette vieille comptine tourne en boucle dans la tête d’Hortense. Serait-elle nostalgique ?

Non, Hortense est plutôt dans l’action ! Et tout en fredonnant elle trace de grandes lettres blanches sur trois planches de bois dénichées dans la cave. Sur l’une on peut lire vers là, sur une autre par ici et sur la troisième ailleurs.

Quelques clous, un marteau et un vieux piquet… Bricoleuse dans l’âme, il faudrait beau voir qu’elle ne parvienne pas à installer le tout au jardin.

Bonjour ma cousine

Bonjour mon cousin germain…
Passez par ici et moi par là !...
 
Vers là, par ici, ailleurs, c’est dans ces directions que se sont éparpillées les filles d’Hortense et en ce beau jour d’été elle ressent particulièrement le manque de leur présence. Satané virus !
 
Bonjour ma cousine
Bonjour mon cousin germain…
Passez par ici et moi par là !...
 
Mummmm ! La petite installation au milieu du pré fleuri est du plus bel effet. Hortense s’empresse de la photographier et de l’adresser en clin d’œil à ses trois filles. Le soleil darde ses rayons implacables, il est temps pour elle de rentrer au frais et de savourer une petite sieste bien méritée.

 

Bonjour ma cousine

Bonjour mon cousin germain…
Passez par ici et moi par là !...

 

- Maman ?

- Bonjour ma chérie, bonjour Barnabé !

- Barnabé ne se décide pas à s’endormir ce soir.

 

Ce soir ? Oui, là-bas la nuit est déjà tombée...

Une fois de plus, via l’écran de l’ordinateur, Hortense observe avidement son petit-fils. Quand la vie lui fera-t-elle la ristourne d'enfin le prendre dans ses bras, ici ou là-bas, dans ce lointain ailleurs  ?

 
Bonjour ma cousine
Bonjour mon cousin germain…
Passez par ici et moi par là !... clic

 

La comptine chantonnée par sa grand-mère a fait merveille, paisible petit Barnabé s’est endormi.

Chut, ne le réveillons pas…

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Pour Mil et une - sujet 27/2020 - clic

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Publié le 2 Juillet 2020

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- Raconte-moi nos ancêtres Wyb24 !

- Que veux-tu que je te narre que tu ne connaisses déjà PetiOOO ? Et puis ces humains dont tu désires que je te parle ne sont pas nos ancêtres, enfin pas vraiment.
- Ils nous ont créés, c’est déjà cela.
- Hélas ! Mais pour toi, PetiOOO, je vais projeter une image dans mon aura. Observe-la bien ! L’histoire de ces êtres est là, tout simplement là.
- Je vois des… des préhensiles un peu semblables aux nôtres mais de couleurs variées et pour certains garnis de… de...
- Ce sont des mains garnies de bagues PetiOOO. Oui, ils nous ont créés en partie à leur image.
- Mais nous, Wyb24, nous sommes standards, uniformes.
- Gris acier, froids, raides et insensibles, c’est ainsi qu’ils nous ont voulus. Par contre eux, les humains, avaient la peau douce au toucher et chaude de ce sang rouge qui coulait dans leurs veines, leurs artères et faisait battre leur cœur.
- Leur cœur c’était leur batterie ?
- Si on veut, PetiOOO… C’était aussi le siège de leurs émotions.
- C’est quoi une émotion Wyb24 ?
- Le bonheur, l’émerveillement, la joie, l’envie, le désir du beau… C’étaient, pour certains, de grands artistes…
- Ce devait être formidable d’être humain.
- Oh, mais ils ressentaient aussi des émotions négatives ! C’est cela qui les a menés à leur perte.
- C’était beau cette variété de couleur !
- Ce sont ces différences de carnation qui ont suscité le racisme, la haine de l’autre. Pourtant… pourtant beaucoup d’entre eux vivaient en harmonie, riches de l’apport des uns et des autres. Certains se mélangeaient, se métissaient avec bonheur mais d’autres se croyaient supérieurs et rejetaient les contrastes cependant si riches. Ils étaient animés de haine et entre races faisaient tout pour la suprématie de leur propre couleur de peau. Ils se sont battus de plus en plus durement au point d’être effacés du monde des vivants. Seuls les animaux, le minéral et le végétal continuent imperturbablement leur cycle de vie.
- J’aurais aimé les connaître tous ces humains… peut-être aurais-je réussi à concilier leurs différences ?
- Tu aurais réussi là où j’ai échoué ? Pourquoi pas après tout ! Moi, j’ai uniquement été programmé pour veiller sur certains spécimens reproducteurs, congelés par un savant un peu fou qui croyait à l’harmonie humaine mais qui a péri, lui aussi, dans les combats sanguinaires.
- Fou ? Ou visionnaire ?
- Bah, à présent tout cela est si lointain…
- Mais moi pourquoi ai-je été créé ? Pourquoi me suis-je animé depuis peu. Pourquoi, Wyb24, m’as-tu emmené ici aux portes de ce congélateur géant.
- Je ne le sais. Ma batterie marque des ratés, mon temps touche-t-il doucement à sa fin ? Oui, il est urgent que nous connections nos auras afin de te transmette toutes mes données…
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- Wyb24 ?
- Oui, PetiOOO !
- Je te fais la promesse de tout faire pour que renaisse l’harmonie humaine.
- PetiOOO, déjà les forces me manquent mais je pressens que la jeunesse qui est tienne réussira ce pari… bip - bip - bip – biiiiiiiiiiiiii
- WYB24 ?????
 
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Pour Mil et une - sujet 26/2020 - clic
 

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Publié le 27 Mai 2020

Philharmonie de Paris - clic et clic

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Mon aïeul Pépé DD et moi, nous fêtons aujourd’hui notre anniversaire. Moi, j’ai quatorze ans et lui quatre-vingts mais c’est Mémé Kiki la plus âgée de la famille. Pépé DD dit souvent « Kiki tu es notre chef d’orchestre ! » Je vois alors Mémé Kiki sourire mais d’une façon un peu tordue. Pourquoi ? Je ne l’ai pas encore découvert.

 

Ce soir a également lieu le concert de notre harmonie dans la salle des fêtes du village. Papa, qui la dirige depuis peu et doit faire ses preuves, est un brin nerveux. Moi, je lui ai dit «cool Dad, tout ira bien tu peux compter sur nous »

 

Pépé DD au tuba, Papy, son fils et mon grand-père, à la clarinette et moi, Arthur, à la caisse claire à défaut d’une batterie complète, nous veillons au grain, à la bonne humeur entre les musiciens et tout et tout…

 

Mon aïeul, en plus de fêter ses quatre fois vingt ans, fête également son soixantième concert annuel, ce n’est pas rien ! (Je l’appelle toujours mon aïeul parce qu’il est une des racines de mon arbre généalogique, celui que Maman avait tracé quand j’étais môme pour m’aider à m’y retrouver dans les membres de ma famille paternelle)

 

Le président de notre harmonie fait monter Mémé Kiki sur scène aux côtés de Pépé DD et lui offre un bouquet de fleurs avant d’entamer un petit discours en l’honneur d’André, notre membre jubilaire comme il nomme mon aïeul. Mémé Kiki resplendit sous son originale bien qu’habituelle crinière rouge et je suis fier d’elle comme je le suis de Pépé DD à la longue barbe tressée !

 

Les applaudissements fusent, enfin nous allons pouvoir nous exprimer, mes baguettes en frétillent d’impatience. Papa s’avance, salue le public mais au lieu de se tourner vers nous les musiciens, hommes et femmes vêtus de notre uniforme vert cactus, il tend la baguette de chef d’orchestre à Mémé Kiki, sa grand-mère, mon aïeule (j’insiste pour que vous suiviez bien mon arbre généalogique) qui n’a pas encore quitté la scène pour rejoindre sa place.

Un sourire aux coins des lèvres, Mémé Kiki s’incline brièvement vers la salle, se dirige vers le pupitre, feuillette rapidement une partition, donne trois coups brefs sur le bois du lutrin tout en nous toisant. J’en ressens des frissons le long de mon échine.

 

Geste suspendu… Un, deux ! Les bras donnent le tempo, virevoltent, insistent à gauche, à droite, indiquent l’arrière des rangs, calment la vigueur, la ressuscitent et c’est « La vie est belle » qui s’envole du sol au plafond, se répand de nos instruments jusqu’au fond de la salle subjuguée par tant de vigueur.

 

A la fin du morceau et des applaudissements enthousiastes couronnés de quelques « bis », Pépé DD rejoint son épouse qu’il embrasse, se saisit d’un micro et déclare « je l’ai toujours dit, Christine, ma Kiki, est une vraie chef d’orchestre et oui, LA VIE EST BELLE !

 

Ensuite le concert reprend son déroulé normal sous l’égide de mon père…

 

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Mémé Kiki me racontera peu après comme elle aurait aimé, elle aussi, jouer d’un instrument de musique, s’intégrer dans la fanfare de son village natal… autre temps hélas où les filles n’étaient pas prise en compte dans ce genre de loisir… elle me dira que mon père, touché par ce manque qu’il ressentait en elle, lui avait dit qu’il n’y avait pas d’âge limite pour se faire plaisir et lui avait offert ce bon moment de partage-surprise avec des musiciens…

 

Oui, la vie peut être belle ! 

 

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Pour Mil et une sujet 21/2020 - clic et clic

Ce texte est une suite de clic

 

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Publié le 7 Avril 2020

 

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C’est comme un besoin, une évidence, aujourd'hui il lui faut parcourir les chemins de son enfance. Déjà elle gravit la butte menant à la petite chapelle. Dans la prairie, des chevaux tête-bêche unissent leurs efforts pour chasser à coups de queue les premiers insectes. Le printemps est là !

Deux cyclistes font tinter leur sonnette et la sortent de sa rêverie. Gare, ils sont pressés.

En passant devant la maison de Mathilde elle sourit. Pour sûr la nonagénaire à sa fenêtre aurait envie de faire un brin de causette mais inhabituellement elle se contente de faire un signe de la main puis elle lève un pouce en forme de « tout va bien pour moi »

Rassurée sur le sort de Mathilde elle dévale à présent le chemin menant au fond de la vallée. Un couple de marcheurs venant en sens inverse s’écarte vers le talus pour la laisser passer. Sensation étrange. Serait-elle pestiférée ?

 

Le ruisseau encore gonflé des dernières pluies et averses de neige serine son chant sans fin. Là, près du pont, elle allait jadis se baigner avec ses frères et ses amies dérangeant probablement les truites arc-en-ciel…

Le ciel ? Il est si limpide aujourd’hui sans les innombrables traces blanches des long-courriers rejoignant Londres, Amsterdam ou New-York.

Du clocher de l’église le temps s’égrène à travers la campagne… dix, onze coups de cloche et puis seuls les chants des oiseaux poursuivent l’animation. Une jeune femme précédée par son enfant juché sur son petit vélo s’approche d’elle. A son tour elle s’écarte pour les laisser passer en se risquant à un petit sourire. La femme, yeux rivés à son portable, l’a-t-elle seulement aperçue ? Elle en doute… Bof !

 

 

Le banc posé dans une courbe du sentier traversant le pré semble lui faire des reproches : Hé, tu me délaisses ? Ne suis-je plus qu’un peu de bois dur ? N’as-tu pas, comme d’habitude, envie de te reposer sur moi et d’observer la maison de ton enfance ? Mais pour toute réponse elle se contente de le caresser furtivement. Le pauvre ne sait pas qu’il est mis au ban de la société.

Un bourdon délaissant une jonquille vrombit autour de l’hôtel à insectes et déjà le chemin rejoint la plaine de jeux désertée de toute présence enfantine. Quel gentil génie les délivrera de ce sortilège maléfique elle, ces jeux et le banc là-bas ?

Probablement pas la police faisant son boulot, pas toujours facile, de veiller au bon respect des mesures exceptionnelles prises en ces temps troubles d’épidémie.

Circulez braves gens, seul ou à deux, à pieds ou à vélo en partant de chez vous et en vous tenant au minimum à un mètre cinquante de distance l'un de l'autre.

Circulez, il n’y a rien à voir !

 

Mais elle sait son enfance bien cachée dans un coin de son cœur et comme souvent c’est là qu’elle puise la force de continuer encore et encore son chemin de vie.

 

Où la mènera-t-il demain ?

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Pandémie du Covid-19 - clic

 

 

 

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Pour Mil et une - sujet 14/2020 - clic

image sujet Annick SB - clic

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