Publié le 20 Mai 2017

Le paquet cadeau posé sur son paillasson était si petit qu’elle avait failli marcher dessus en sortant de l’appartement. Un reflet de la lampe éclairant le hall avait heureusement fait briller la ficelle et le nœud argentés ce qui avait attiré son attention.

Tout en fourrant le paquet dans sa poche elle se posait des questions. Un cadeau ? Pour elle ? De qui ? Pourquoi ? En entrant dans l’ascenseur elle résista à l’envie d’abandonner cet intrus sur le palier. A hauteur du sixième, elle commença à déchirer le papier cadeau, au quatrième elle tenait au creux de sa main un étrange cube noir qui, à croire les indications inscrites sur ses faces, répondait au nom de Grafanette et allait lui changer la vie.

Changer sa vie, la vie de Mathilde Ducré ? Vie banale de retraitée divorcée, vie toujours chiche à son égard, vie bof ! bof ! comme elle le pensait souvent en la comparant à celles étalant leurs fastes dans les médias.

Juste avant d’arriver au rez-de-chaussée, Mathilde, curieuse, avait appuyé sur le petit bouton situé au centre de la face supérieure du cube. L’ascenseur s’était arrêté portes ouvertes et la retraitée n’avait constaté aucun changement dans sa vie. Pourtant quand en cette veille de Noël elle fit l’effort de saluer son voisin, celui-ci, fada de décibels et de musique électro l’empêchant régulièrement de fermer l’œil, sembla l’ignorer.

De même le pékinois toujours énervé de Madame Blanchard, celui dont pas un jour ne se passait sans qu’il ne renifle et ne bave sur ses chaussures, passa indifférent à sa présence en tirant au bout de sa laisse sa maîtresse tout aussi indifférente.

Pour le fada, le toutou et sa mémère et pour tout un chacun dans la ville Mathilde était devenue transparente !  Prise au jeu de la Grafanette, elle en profita tout son soûl. Coquine, elle tira la langue au buraliste toujours aussi aimable qu’une porte de prison ; au bar Du Relais, elle embrassa à pleine bouche le bel Armand qui jamais n’avait daigné jeté un regard sur elle. Le bel Armand se frotta les lèvres d’un air ahuri tandis que sa femme le houspillait d’un «Arrête de rêvasser, Armand, les anges ne feront pas le travail ! Sers un ballon de rouge à Monsieur»

Mathilde visita avec délectation une expo dont le prix d’entrée était bien au-dessus de ses faibles moyens, elle « emprunta » ici un millefeuille, là un flacon de parfum ou un livre. Au hasard des rues, elle croisa son ex-mari et lui fit un savant croche-pied. Elle s’attarda à observer le SAMU venu le secourir et entendit « c’est probablement une fracture, Monsieur »

En fin de journée, la ville se fit plus calme et Mathilde Ducré rentra chez elle, les bras chargés mais la conscience trouble.

Alors seulement lui revint en tête le mystère de ce cadeau. D’où provenait-il ? D’autres personnes pouvaient-elles bénéficier des pouvoirs d’une Grafanette ? Pourquoi et qui lui en avait offert une ? De plus en plus mal à l’aise elle avait à nouveau appuyé sur le bouton de la Grafanette afin de revenir au plus vite dans la vraie vie, loin des utopies.

Un détail la taraudait : suis-je seule dans mon appartement ?

Et de tout le réveillon elle questionna d’une voix chevrotante : Y a quelqu’un ?

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Pour Mil et une en janvier 2017 - clic

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Rédigé par Mony

Publié dans #Moments de vie, #Solitude au bout du chemin

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Publié le 10 Mai 2017

Mil et une nous proposait cette superbe peinture d'Emile Claus que j'ai eu le bonheur d'admirer au musée de La Boverie à Liège. Voici ce qu'elle m'a inspiré...

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Lisa s’assied sur le banc à l’ombre du buisson. Quelques lignes de tricot et imperceptiblement elle s’éloigne du quotidien. Pourtant, le roucoulement répétitif d’une tourterelle la déconcentre finalement des mailles à compter et du motif à répéter. Le bourdonnement des insectes, chœur joyeux de l’été, semble l’inviter à sa suite. Pieds nus, Lisa se rend à la limite de la pelouse, là où une petite clôture sépare l’herbe du potager.

Avec une pointe d’émotion inattendue, elle observe Emile, son vieux compagnon de route, sarcler à reculons les carrés de légumes. Ses gestes semblent précis et le va et vient de l’outil élimine les mauvaises herbes sans pitié.

Epinard, céleri, petits pois, haricots, courges de toutes sortes, poireaux, carottes…

Quelle opulence ! Jamais nous n’arriverons à consommer tout cela !

Lisa hausse les épaules. Peu importe, les voisins, les amis, profiteront eux aussi de légumes tout frais et cultivés sans produits chimiques. Emile se sent si bien les sabots aux pieds dans la terre brune et c’est le plus important.

- Emile, je rentre préparer le dîner. Peux-tu récolter deux bonnes poignées de haricots et me les apporter ?

Emile sursaute, relève la tête, l’agite de haut en bas.

- Oui, oui ! fait-il en direction de Lisa.

Lisa soupire, ne peut réprimer une grimace, moue entre le sourire et les pleurs puis elle s’empresse de ramasser son tricot, d’enfiler ses mules et de rentrer.

Le chat miaule, se frotte à ses jambes attiré par l’odeur de la viande qui mijote dans la cocotte.

- Ecoute, voilà ton maître. L’entends-tu, il enlève ses sabots ?

Le chat, indifférent au jardinier, sort au soleil, l’heure de son repas n’a pas encore sonné.

Dans l’ombre de la cuisine Lisa observe à nouveau Emile, ce géant musclé, planté hagard sur le seuil, un pot de fleurs sur le bras. Pas de haricots en vue… évidemment… il a oublié… une fois de plus…

- Rentre, Emile, le repas est prêt ! Oh, merci pour ta gentille attention. Ces fleurs sont d’un rouge si vivant. Je pose le pot sur le guéridon, regarde comme c’est joli.

Sur la table, un plat fumant de haricots parfumés d’ail est prêt à être dégusté.

Ce matin, à l’heure de la rosée, alors qu’Emile dormait encore, Lisa les a récoltés au potager faisant fi du claustra invisible qui la sépare désormais de lui.

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Publié le 2 Mai 2017

Le temps inexorablement s’écoule

Il n’a nul besoin de remontoir

Passants éphémères nous le traversons

Et pour un moment, un moment seulement

Il nous gratifie d’une parcelle d’éternité

 

La modiste s’empresse, il y va de son renom

Ajuster une plume, piquer une ganse de velours

Donner un volume gracieux à un bibi est son quotidien

Qu’importe la nuit passée à s'activer sous une lueur parcimonieuse

Madame, sa cliente, ne peut souffrir le moindre retard

 

Vite, vite ! Elle relève sa robe pour se faufiler entre les calèches

Ne pas glisser sur le sol gras, éviter le crottin

Qu’un balayeur des rues inlassablement recueille

Remarque-t-elle le regard égrillard d’un dandy

Émoustillé par la blancheur de son jupon de dentelle ?

 

Le temps inexorablement s’écoule

Les équipages ont laissé place aux automobiles

Et les feux tricolores régissent les passages cloutés

Mais toujours les gens se hâtent vers quelque but

Demain, déjà, est à leur porte

 

°°°°°°°°°°°°°°

Pour Mil et une en mai 2015 - clic  --  Peinture Jean Béraud - Montage photo Halley Docherty - clic

Superbe vidéo d'Emma, elle me bouleverse à chaque fois

 

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Rédigé par Mony

Publié dans #Moments de vie, #Poétiquement, #Chemin d'amitié

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Publié le 26 Avril 2017

Aujourd’hui, et une fois de plus, la musique est son échappatoire…

La voix de Corneille l’emmène sur des chemins de vie et de réflexion. Celle de Christophe Maé prend la suite… Oui, le temps est un carrousel, une génération suit l’autre et l’enfance est un moment si précieux lové bien au chaud au fond de son cœur. 

Elle devient rythme, varie les thèmes, les ambiances. Temps anciens ou actuels, les chansons sont ses fidèles repères. Certaines ont mal vieilli, s’écaillent, d’autres la font vibrer et s’émouvoir encore et encore... Cabrel qu’elle avait eu le bonheur de découvrir à ses tout débuts, Vianney aujourd’hui, SouchonJulien Clerc ou Pascal Obispo et la poétesse Marceline Desbordes Valmore, Ferrat chantant Aragon, Voulzy, Delta, Goldmann, Sardou, Calogero, Pagny… et tant d’autres voix graves comme l'était celle de son père.

Aujourd’hui en se levant, elle se sentait semblable à un vieux seau rouillé abandonné au fond d’une cour. La musique, comme un bain de velours, l’a doucement régénérée.

Chut !!! Ecoutons la chanter !

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Pour Mil et une - avril 2017 - clic

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Rédigé par Mony

Publié dans #Aujourdhui elle

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Publié le 19 Avril 2017

https://img.over-blog-kiwi.com/0/55/59/00/20170418/ob_d5dce6_sujet-s-16-2017.jpg

Lapin blanc, tout en remuant le bout de son museau : Je suis prêt ! Ah que feriez-vous sans moi, la vedette du spectacle ?

Haut-de-forme, ironique puis dégoûté : La vedette ! Mais pour qui te prends-tu pauvre minable ! Moi, si distingué, si racé, si soyeux, me voilà terni par tes longs poils. Beurk !

Lapin blanc, sûr de lui : Mes longs poils sont aussi veloutés que l’est ton tissu. Ne suis-je pas le doudou préféré des enfants, n’ai-je pas emmené Alice au pays des merveilles ?

Haut-de-forme, dubitatif : Il faut croire que les humains sont perpétuellement enrhumés ?

Lapin blanc, interloqué : ???

Haut-de-forme, irrité : Et puis cesse de me regarder en fronçant le nez ! Ne sens-tu pas comme tu empestes, tes crottes si minables dégagent une odeur épouvantable et me donnent la nausée. Grrmbelebele

Lapin blanc, définitif : Cesse de parler entre tes dents, mes grandes oreilles captent tout. Tu t'estimes supérieur parce que tu trônes en hauteur mais tu n’es rien de plus qu’un accessoire.

Haut-de-forme, outré : Un accessoire ! Ce qu’il faut entendre ! Où te cacherais-tu, d’où surgirais-tu si je n’étais le roi des chapeaux ?

Bâton magique, cinglant : Fi ! Vous deux ! Vous êtes pénibles et si naïfs.

Haut-de-forme et Lapin blanc, en chœur : Naïfs, nous ? Mais pour qui te prends-tu pour oser nous insulter de la sorte, vieux morceau de bois tordu ?

Bâton magique, imbu : Je connais ma valeur et mes immenses pouvoirs. Sans moi vous ne seriez rien. Rien ! La seule star, ici, c’est moi !

Lapin blanc, au tic plus marqué que jamais : Alors tu es persuadé que ton léger "toc-toc" a le don de me faire apparaître ? Le naïf, c’est toi.

Haut-de-forme, infatué : Bien entendu ! S’il apparaît c’est uniquement parce que je daigne le libérer de mon double-fond.

Lapin blanc, bégayant de rage : Pas… pas…p du t.. tout !

Bâton magique, dédaigneux : Pauvres cloches je ne me ternis plus à vous causer ! D’ailleurs voici le magicien, vivement que le spectacle commence et que je me gave d’applaudissements.

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Fin du numéro

Le magicien, coquin et fine mouche : Merci, Mesdames et Messieurs, merci cher public ! Je vous invite à présent à voter à main levée afin de déterminer qui de Lapin blanc, de Haut-de-forme ou de Bâton magique remporte vos suffrages. Qui des trois est la véritable vedette du jour, qui des trois vous apportent le plus de bonheur ?

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Le magicien, un brin surpris : Le vainqueur est…

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A votre avis ?

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Pour Mil et une  en avril 2017

 Peinture de Will Bullas - clic et clic

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Rédigé par Mony

Publié dans #Vivre à deux ou....

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Publié le 7 Avril 2017

Je la voyais venir avec ses gros sabots, la Berthe.

- Patrick, j’ai besoin d’un coup de main pour déplacer un meuble !

Un meuble ? Sacrée Berthe ! C’est un chambardement total de son mobilier qui était au menu du jour et, bah, je l’aidais la Berthe. Il y avait pire comme marotte et comme voisine…

 

Au régiment aussi j’étais de corvée. Le Major ne voulait que moi au volant de son véhicule, décrétant que j’avais le coup d’œil pour me faufiler dans les files et déjouer les pièges de la circulation. Une sinécure ? Détrompez-vous ! Entre ce que je voyais et ce que je pourrais vous en dire, il y a un fossé. Pas si sages les rendez-vous galants du Major, même en pleine période de manœuvres…

 

Au bureau ce fut une poudrière prête à sauter quand je découvris les comptes truqués du comptable. Sans vous et vos yeux de lynx, cher Patrick, c’était la faillite assurée et le scandale dans le canton, m’avait avoué le boss. Une prime rondelette reçue en récompense m’avait permis de monter ma propre entreprise. Petite, oui, mais bien à moi…

 

Depuis, je vivais au grand air. Les arbres à élaguer ne manquaient pas dans la région et la grimpe avait toujours été mon sport favori. Le danger ? J’étais équipé d’un matériel d’une sécurité à toute épreuve. Jamais eu le moindre accident ! Je vérifiais tout, me fiant à mon regard aguerri…

 

Comment je suis arrivé ici, aux portes du paradis ? Je ne le sais exactement. J’étais sur un épicéa géant, cela je m’en souviens… Un météore n’aurait pas fait plus de dégât… scalpé, amputé des deux jambes… Comment ? Une caisse tombée d’un avion ?

 

Si vous le dites, Saint Pierre ! Moi, je n’ai rien vu venir !

 

Je peux entrer ?

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Pour Mil et une en avril 2017

 

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Rédigé par Mony

Publié dans #Solitude au bout du chemin, #Moments de vie

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Publié le 2 Avril 2017

L'atelier du vitrail - clic

- Faites un vœu, bonne Dame Alpaïde, voici la première aronde se présentant à notre vue.

       - Un vœu ? A quoi me servirait-il ?

Sieur Rohkolen, mon mari, s’en est allé guerroyer au côté de messire Charlemagne, notre empereur. Tout l’hiver, au coin de l’âtre, il piaffait d’impatience de reprendre le cheminement et voici les beaux jours revenus. Que m’importe une aronde, elle ne réjouit pas mon printemps ! Demain, peut-être, serais-je condamnée à porter voile de veuve, noir comme ces plumes d’oiseau…

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A-t-elle pu admirer une dernière fois le ciel, la Jeanne à la tête embronchée ? clic

A-t-elle perçu les cris des hirondelles dérangées dans leur quête incessante et gourmande alors que la fumée du bûcher léchait sa chair tendre en ce joli mois de mai ?

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Un, deux, trois

Quatre cinq

Six sept

Violette

Violette

 

Mais qui a créé cette comptine ?

Se doutait-il qu’elle résonne clic

Au fil des générations

Et de beaux jours de printemps ?

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Les souvenirs s’estompent…

Il y eut beaucoup de 7 mai

 

Un seul a vu la reddition

D’une armée belliqueuse

En la ville des sacres  clic

Dans la campagne alentour

les vignes portant les promesses

D’une récolte digne des grandes années

S’épanouissaient indifférentes

Aux turbulences du Monde

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Printemps de Prague

Mai 1968

Printemps arabe

Bruxelles, 22 mars 2016

L’équinoxe réveille ou annihilie les consciences

Les oiseaux ignorant la folie humaine

Entament leur longue migration

 

Qu’en sera-t-il demain ?

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Pour Mil et une en mai 2013 

(texte légèrement adapté)

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Rédigé par Mony

Publié dans #Moments de vie, #Coups de blues

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Publié le 26 Mars 2017

 

 

Photo 1 : Gare maritime d’Ostende. Moi, les yeux embrumés pour cause de réveil aux aurores tentant de suivre Thomas, trois ans, curieux et impatient de monter à bord du grand bateau. Si seulement ce bout'chou cessait de slalomer entre les valises et les jambes des nombreux touristes et avait la bonne idée d’accepter de s’asseoir un instant dans la poussette-canne !

Photo 2: Mon mari harnaché de son fidèle sac à dos brandit enfin les tickets P§O, sésame pour la traversée aller-retour de la Manche.

Photo 3 : Ce cliché prit par un ado sympa montre la souriante petite famille regroupée sur le pont du géant avec en toile de fond la ville d’Ostende et son quai des Pêcheurs.

Photo 4 : Thomas dans les bras de son père observe le port dans les jumelles bien trop grandes pour lui. Autour d’eux, étendus sur des banquettes ou à même le sol, de jeunes écossais à moitié ivres s’endorment déjà enroulés dans des sacs de couchage. Surgissant d'un haut-parleur une voix agressive vient d’annoncer le report de l’heure d’appareillage.

Photo 5 : Thomas et moi sommes attablés dans le self-service pour un deuxième petit-déjeuner. Le train Cologne-Ostende ayant quarante-cinq minutes de retard, nous devons attendre les passagers en transit vers l’Angleterre.

Photo 6 : Brouillard ! Il a profité de notre repas pour s’installer sournoisement ; le quai des Pêcheurs est à peine visible. Les retardataires arrivent enfin.

Photo 7 : On pense y deviner l’estacade ou alors est-ce la mer ?

Photo 8 : Thomas bercé par le bourdonnement du moteur de la malle "Princesse Clémentine" s’est endormi dans un fauteuil du salon. Rien à voir sur le pont ! Nous naviguons dans un épais brouillard. L’appareil photo et les jumelles regagnent le sac à dos.

Photo 9 : Débarquement du père et du fils à Douvres. C’est à peine si je les situe dans le viseur de l’appareil photo. Rien vu de la manœuvre d’entrée dans le port. Rien vu des falaises blanches qui me faisaient rêver.

Photo 10 : Thomas cherche son équilibre intrigué par le quai flottant sur lequel nous attendons l’Overcraff pour rentrer à Ostende. En arrière plan, ma mine défaite laisse entrevoir qu’en plus du brouillard il y a de l’orage dans l’air. Normal, je m’étais fait une joie de ces premiers pas en Angleterre et ils se sont arrêtés à côté d’un bus dans lequel s’engouffraient les autres passagers. Mon mari n’ayant pas voulu y monter prétextant qu’avec ce foutu temps nous n’allions pas nous repérer pour retrouver le port éloigné de la ville. "Tu parles anglais toi ?" Et bien non, peste, pas plus que lui je ne pratique la langue de ce fameux William S.

Photo 11 : Moi, le nez plongé dans mon porte-monnaie, j’essaye de ne pas paniquer de me savoir propulsée à grande vitesse au raz d'une mer invisible. Et dire que le matin même je craignais d’avoir emporté trop peu de livres. Pas dépensé un penny !

Photo 12 : Le trio saisi par l’hôtesse de bord. Au centre, Thomas lui demande : "la mer et l’Angleterre c’est que du brouillard ?"

Photo 13 : Arrivée au port de l’Overcraff. Ostende s’offre à la pellicule sous une percée des rayons de soleil. Les aventuriers n’en mènent pas large.

 

Depuis cette ancienne aventure, la vieille estacade en bois a fait place à une nouvelle jetée, les allers-retours des malles ne ponctuent plus les journées et les appareils photos sont numériques...

 

Mais le plaisir de revoir la mer de temps à autre est toujours au rendez-vous !

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Photo d'en tête - Mil et une  - réédition pour Mil et une mars 2017 - clic

Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits
Carnet de voyage - extraits

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Publié le 23 Mars 2017

Catastrophe !

Titi, j’ai besoin de toi !

Titi, c’est moi et quand mon pote Renaud m’appelle, je suis là !

Depuis, je colle, je recolle et colle encore des autocollants au dos de bouquins. Je n’en ai jamais eu autant en main ni autour de moi. Normal, je suis au salon du livre.

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La dictature diététique

(Je colle)

Pourquoi ces femmes de tous âges et de tous horizons se réunissent-elles chaque semestre en grand secret dans un endroit différent de la Terre ?

Porter de la fourrure c’est porter la mort, scandent les défenseurs des animaux lors d’une manifestation parisienne qui va dégénérer en drame au moment même où dans la savane africaine des braconniers subissent le sort qu’ils réservaient à un groupe de léopards.

Qui a ordonné leur mort plutôt que leur arrestation ? Pourquoi des éléments perturbateurs ont-ils mis le feu à un rassemblement pacifiste ? Qui sont les Félines ?

Shérazade de Miletune nous emmène à sa suite dans une enquête haletante où le mot NATURE s’écrit en majuscules.

 

Les Félines

(Je colle)

Vague ? Vague à l’âme qui lamine tout sur son passage.

Comment un seul coup de blues peut-il à ce point déterminer nos destins ?

Vous ne sortirez pas indemne de cette lame de fond décortiquant toutes les facettes de l’âme humaine - A lire de toute urgence !

 

Oublier la quatrième de couverture !

Un qui va se faire coller, c’est l’imprimeur. Je ne voudrais pas être à sa place…

En attendant, je boulotte, c’est toujours cela de gagné.

 

La dernière vague

(Je colle)

Peut-on éternellement fausser nos sentiments ? Avec finesse Shérazade de Miletune pose ses pions un à un et nous pousse dans nos derniers retranchements. Accepterons-nous de faire partie de sa multitude de personnages et d’entrer dans le roman ?

Ce récit-jeu est un pur délice de subtilité et d’ironie !

 

Mémoire d’un faussaire

(Je colle)

Ne manger que des aliments verts ou orange - Seules les céréales renferment les éléments de notre bien-être - Jeûner dix jours par mois est le summum du nirvâna - Consommez uniquement des repas liquides… Pourquoi certains ressentent-ils le besoin de suivre ces slogans dictateurs qui tentent de régir nos assiettes ?

Sous les dehors d’une enquête scientifique Shérazade nous plonge en réalité dans une folle histoire d’amour, celle de la cuisine et de ces délices.

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Catastrophe, Titi ! Tu as mélangé les quatrièmes de couverture ! C’est pas possible ! Shérazade de Miletune sera là dans un instant pour une séance de dédicace, je vais me faire virer.

 

Renaud n’en mène pas large et moi, je me fais tout petit, petit…

…petit coup d’œil à droite, petit coup d’œil à gauche, les lecteurs manipulent les livres, intrigués, puis les tendent à l’hôtesse. Quatre d’un coup ! Certains les prennent en photo et s’activent sur leur smartphone.

 

Titi, tu es trop top, tu as déclenché un buzz du tonnerre, ces bouquins seront des collector's, je te le promets !

 

Comblée, Shérazade de Miletune n’y a vu que la patte de génie de Renaud son agent.

Moi, j’ai repris le RER et je suis rentré chez ma mère. 

Demain, demain peut-être, aurai-je enfin un vrai boulot ?

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Pour Mil et une en mars 2017 - clic

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Rédigé par Mony

Publié dans #Mes sucres d'orge, #Chemin d'amitié, #Moments de vie

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Publié le 18 Mars 2017

Devan coupa le moteur et s’étira longuement. La climatisation défaillante de sa vieille Dodge avait rendu suffocants et pénibles les cent cinquante miles parcourus au travers de la plaine monotone. Là-bas, au loin derrière les montagnes, le Pacifique semblait se deviner à la teinte du ciel et Devan rêva un instant d’une baignade dans ses eaux qui toujours l’attiraient.

 

Quand, son coffret de jeu sous le bras, il pénétra dans le Dante’s Rock, le changement brutal de température le fit tousser et éternuer. Jurer aussi intérieurement contre cette angine laryngée contractée dans l’enfance et qui le fragilisait encore et toujours, l’obligeant à porter des foulards quelle que soit la saison.

Le restoroute était calme à cette heure de l’après-midi, le coup de feu viendrait plus tard quand les routiers, la fringale au ventre, rangeraient côte à côte leurs bahuts, assoiffés eux aussi. Au comptoir, Devan commanda une bière et les lèvres trempées dans la mousse il parcourut la salle du regard. Deux femmes à l’âge incertain papotaient joyeusement en dégustant des bretzels, indifférentes au calumet et aux tambourins suspendus au mur au-dessus d’elles. Mais Devan, sensible depuis toujours à la culture indienne, admira ces objets avec un brin de nostalgie. A deux tables de là, un couple d’amoureux se bécotait, gourmand et peu discret. Aucun cataclysme n’aurait pu, semblait-il, l’empêcher de roucouler de bonheur.


Sa bière terminée Devan regarda sa montre. Quatorze heures quarante-cinq ! Le rendez-vous était fixé à quinze heures. D’ici, Devan pourrait observer l’arrivée de Alo, le jauger avant de se confronter à lui. A quoi ressemblait-il ? Cela faisait six mois qu’ils se combattaient par écran interposé et toujours Alo avait le dessus et remportait les mises. Pourquoi ce joueur lui avait-il lancé le défi de le rencontrer pour faire une partie yeux dans les yeux ?
Pourquoi, lui, Devan, avait-il accepté le face à face qu’il ne pouvait que perdre ? Revenir dans cette région quittée depuis plus de douze ans l’avait-il influencé davantage que le désir de revanche ? Et s’il reprenait la route en sens inverse, qu’il prétextait un empêchement de dernière minute pour excuser sa désertion ? Non ! Lui, l’ancien baroudeur, n’allait pas s’aveulir à la fuite avant la bataille.


Pourtant un malaise s’installait en lui, il devait bouger, nerveux. Dans la véranda, un presque adolescent sirotait d’une main un Milk-shake aux fraises et de l’autre pianotait frénétiquement sur un écran tactile. Devan eut un pincement au cœur quand le garçon se redressa et laissa entrevoir davantage le devant de son tee-shirt sur lequel était inscrit en grandes lettres vermillon "My Name is Alo" Leurs regards se jaugèrent intimidés et pourtant proches, si proches…
Les jambes coupées par l’émotion Devan se retrouva assis face à son clone, à cet ado qui lui ressemblait tellement hormis les yeux si particuliers. Des yeux qui à présent se dirigeaient vers une femme, belle, si belle…


C - 4 Destroyer coulé !
La voix de Donoma résonnait dans la mémoire de Devan. La voix de jadis, quand ils jouaient à d’interminables parties de combat naval, la voix qui a présent disait : voici ton fils, Devan. Alo, voilà ton père !

Elles étaient loin soudain les années de vagabondage, loin les hésitations, les fuites en avant. Le cœur de Devan, depuis trop longtemps miné par ses regrets d’avoir abandonné sa compagne pour parcourir le monde, se trouvait à présent délivré de la lourde herse qui l’entravait et la joie éclata, folle, libératrice.


Et contre ce cœur battant la chamade Devan serra Alo et Donoma, la jolie indienne qui avait su le retrouver via le Net et le guider habilement vers eux !

 

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Pour Mil et une en janvier 2014 - logorallye clic

 

 

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