Publié le 27 Décembre 2012

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Le verdict est sans appel, Carlos est un esbroufeur de première classe.
Classe, lui ? Que nenni ! Tantôt ébouriffé, tantôt esbroufeur il aime par dessus tout sémiller dans les parages de péronnelles ébaudies de l’intérêt chatouillant qu’il leur porte.
Il faut cependant reconnaître que Carlos est loin d’être un ragotin hérisson. Il adore s’adoniser afin de plaire et de s’encoiffer aisément de donzelles frisquettes ou avantageusement callypiges.
 
Pour lui, pas question de baisailler chez ses tantes, vieilles rombières uniquement soucieuses de son éventuelle postéramanie. Ce qu’il apprécie c’est de ribauder en des lieux où se marrir est le dernier des soucis.
Mais le jugement a beau être en sa défaveur, je dois vous avouer confidemment qu’à mon insu, oui, vraiment nesciemment, je suis tombée en amour pour cet écrivassier bellâtre. Il a si finement l’art de tourner chattement les mots, de donner vie à des poèmes délicieux qu’il glisse discrètement sous ma porte que tout mon être connaît parfaite euphorie.
 
Mon choix est irrévocable, Carlos est l’élu de mon cœur.
Et gare aux greluches trop entreprenantes ! Tenez-vous le pour dit !
 
 

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Publié le 24 Décembre 2012

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Je vous souhaite à tous et toutes de passer de doux moments.
Que ce soit en famille ou seul(e),  en savourant un repas sortant de l'ordinaire ou un simple plateau télé, en chantant ou en lisant, essayons de vivre l'instant présent en parfaite harmonie avec nous-même.
Merci pour vos passages et vos mots déposés sur ce blog. 
   Mony 
 
 

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Publié le 23 Décembre 2012

 
Ce que j’ai la dalle, c’est pas Dieu possible un creux pareil ! Et toutes ces bonnes odeurs, ces fumets, ces arômes délicats qui titillent mes narines alors qu’il n’est pas question de faire une pause... Je vous le dis, c’est franchement inhumain. Allez, secoue-toi Pépère, va de l’avant, encore deux heures à tenir à ce rythme effréné. C’est pas le moment de flancher et de faire moins bien que ton collègue Colas. Lui, le veinard, il est déjà rentré au bercail depuis un moment. Rien qu’à l’imaginer en survêt, les pieds au chaud dans ses pantoufles et à la main le tire-bouchon prêt à déflorer une bouteille de bon vin, je vois rouge.
 
Et zutttt ! La botte droite en plein sur une fiente ! Rahhh ! Au diable la modernité ! Il me vient des envies de foutre une peignée à ce foutu GPS. M’emmener dans une basse-cour, au milieu des ténèbres, c’est pas Dieu possible. Allez, calme-toi Pépère ce n’est jamais qu’un mauvais moment à passer, un copier-coller des autres années, la routine quoi. Pas de panique, jusqu’à présent t’en es pas mort et puis après tout les crottes portent chance.
 
Et hop ! Deux colis en moins à livrer et pas des moindres. Vraiment pas fâché d’être débarrassé de cette longue-vue encombrante et de ce home-trainer plus lourd qu’une enclume. Promis, juré, lors du futur contrat, je sous-traite les courses au fin fond de nulle part à un petit jeunet. Moi, j’ai plus l’âge et la patience pour parcourir de nuit les routes verglacées.
 
!cid CF01B4DAC6C44B64A1414E5A4E4F568E@AdminPCQu’est ce que j’ai la dalle ! J’ai faim, j’ai faim ! Faut que j’accélère, l’année passée la dinde était froide quand je suis rentré. M’avait pas attendu, la mère ! Au pieu avec sa bouillote et démerde-toi avec le micro-ondes.
 
Oh la la ! Ma tête équivaut à un juke-box avec tous ces refrains mièvres, tous ces cantiques qui me vrillent les tympans depuis des heures. C’est plus Dieu supportable un tel raffut.
 
 
Noël, petit père du bon peuple va mettre les bouts illico presto après avoir servi ses derniers clients.
 
Ciao à tous, je m’en retourne au pays de mes pères !
 
 
 

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Publié le 20 Décembre 2012

 
               Au Saint Georges, la brigade fourmille dans la grande salle de réception. Du commis au maître d’hôtel, du serveur au chef de rang tout le monde sait ce qu’il a à faire et s’active dans un calme relatif. Les nappes immaculées, les verres étincelants, les serviettes amidonnées et savamment pliées habillent au fur et à mesure les tables d’une parure festive.
Au bar, les bouteilles millésimées alignées par le sommelier s’acclimatent en douceur à la température ambiante. A leur côté, les petits bouquets de fleurs que vient de livrer le fleuriste attendent patiemment de donner la touche finale et colorée à la mise en place.
Le personnel aux enjambées entravées par de longs tabliers blancs vérifie et dispose les couverts selon l’ordre prescrit par le chef de rang quand Louis, un des serveurs, attiré par une musique venant de l’extérieur s’exclame : c’est la parade du cirque Knie !
Aussitôt, ses collègues s’agglutinent aux larges fenêtres, la mine réjouie.
 
Musiciens, chevaux montés, jongleurs, clowns aux tenues bigarrées, groupe de trapézistes, zèbres, chameaux… défilent au bord du lac dans une joyeuse ambiance pour le plus grand plaisir des Genevois.
- Regardez le jeune éléphant, il s’échappe !
- Il court vers le lac.
Dans la rue et aux fenêtres chacun retient son souffle. Le soigneur va-t-il rattraper l’éléphant ? Déjà les paris circulent. Certains prédisent le plongeon dans l’eau, d’autre la volte-face. Paniqué l’éléphant zigzague sur la pelouse, se fatigue et enfin se laisse maîtriser sous les applaudissements des spectateurs.
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- Allons, allons, Messieurs, au travail ! Tout doit être impeccable pour la réception de ce soir ! ordonne le directeur qui vient de surgir dans le restaurant. Ces messieurs dames du F.M.I. ne tolèreront aucun laisser-aller !
 
En réponse, Louis souffle à voix basse : nous n’irons pas au cirque ; ce soir le cirque vient à nous !
La réflexion circule bien vite dans la brigade et tous reprennent le travail un petit sourire aux coins des lèvres.
 
La nuit sera longue.
 
  Kkkkkkkkkkkkkkkkkkkk

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Publié le 15 Décembre 2012

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Ingrédients pour neuf petits gâteaux au massepain
 
- 3 œufs moyens
- 200 gr de massepain (pâte d'amandes)
- 45 gr de sucre
- 100 gr de farine ou de Maïzena
- 1 c. à café de levure en poudre
- 50 gr de beurre mou ou de margarine liquide
- 4 c. à soupe de lait
- sucre glace
 
Préchauffer le four à 180°
Couper le massepain en petits morceaux
Mixer le massepain avec les oeufs et le sucre
Tamiser la farine et la levure et incorporer au mélange
Incorporer également le lait et le beurre
Bien mélanger
Verser la pâte dans des formes à muffin  
Enfourner à 180° pendant 12 minutes
Laisser refroidir et saupoudrer éventuellement de sucre glace
 
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Publié le 14 Décembre 2012

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Qu’elles parlent ou qu’elles chantent, les voix graves me font chavirer à chaque fois que je les entends. Voix de mâles, viriles, chaudes et sensuelles, elles me ramènent parfois à califourchon sur les genoux de mon père.
"Voilà Papa " annonçait Maman.
 A peine rentré de son travail, sans avoir le droit de souffler un instant, nous nous installions, lui et moi, dans le fauteuil de velours vert accolé à la grosse cuisinière et il chantait alors de vieilles chansons populaires transmises de génération en génération.
 
Malbrough s’en va en guerre, miroton, miroton, mirotaine,
Malbrough s’en va en guerre ne sait quand reviendra,
Ne sait quand reviendra
Ne sait quand reviendra
 
Sa belle voix m’emmenait dans le sillage de Malbrough. Comme par magie, je m’évadais de la cuisine, devenais la Dame qui à la tour monte si haut qu’elle peut monter et j’apercevais au loin mon page, mon beau page tout de noir habillé.
Quand Monsieur Malbrough était mort et enterré, je réclamais sans état d’âme une autre chanson et tant pis pour Malbrough, le page me semblait bien plus à mon goût.
Papa s’exécutait de bonne grâce en enchaînant  " Marie clap' sabots " en wallon.
 
Avé, Marie clap’ sabot
R’trossez ben vos’ cotte
Quand vos irez… houplala
 
Elle m’intriguait cette mystérieuse Marie clap' sabot, pourquoi devait-elle bien relever sa robe ? Et pour quoi faire ? Quand vos irez, houou ! Comme à chaque fois, je me laissais surprendre et je basculais en arrière dans un éclat de rire.
 
Maman allait et venait, dressait la table tout en surveillant la cuisson du repas ; mes frères occupés à réaliser un circuit automobile avec des cubes ne prêtaient pas attention à nous et j’avais la sensation d’avoir Papa pour moi seule. C’était un de ces moments privilégiés où je me sentais princesse parmi les miens, princesse bientôt secouée par le galop d’un cheval.
 
A cheval sur mon bidet
Quand il court,
Il fait des pets,
Prout, prout, prout Cadet
 
Papa écartait les jambes et soutenue par ses mains, je tombais confiante dans le vide.
Mais déjà le repas était servi et les bras passés autour du cou de mon père, l’oreille collée contre sa poitrine, je ressentais les vibrations de sa voix plus que je n’écoutais une dernière ritournelle
 
J’ai du bon tabac dans ma tabatière,
J’ai du bon tabac,
Tu n’en auras pas !
 
Depuis, bien des années se sont écoulées et pour mon bonheur une autre voix grave résonne à mes côtés.
   
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D'autres voix que j'aime...

 

 

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Publié le 13 Décembre 2012

 

                     Le 13 décembre 2011, un tueur fou semait l'horreur sur la place Saint Lambert à Liège - Belgique. Le premier janvier suivant, j'ai composé ce petit texte-hommage, fiction bien dérisoire face à l'impensable et à la douleur des victimes et des familles.

Texte paru sur Miletune le 01/01/2012 (clic)

 

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Sa main chaude enserrée dans la sienne elle a chuchoté à l'oreille de son fils. Doux gazouillis d’amour, mélopée venue du plus profond de son être, pacte entre elle et lui, lui et elle.

Un dernier baiser, un dernier regard et la double-porte s’est refermée.

Elle dans le couloir, lui parti là-bas vers l’inconnu.

Un faible gémissement est sorti de sa gorge et son corps jusque là tendu s’est soudain affaissé sur lui-même. Un instant... un instant seulement.

Une voix en elle, impérative, l’appelait au dehors, loin de ce lieu où ils avaient survécu ces derniers jours.

 

Sa voiture garée sur le plateau, elle a enfilé la vieille parka et la paire de chaussures de marche qui veillaient toujours dans un coin du coffre. Un pas guidant l’autre, elle a marché le long des chemins de terre, traversant des landes et des bois encore roux de cet automne qui ne voulait pas céder sa place à l’hiver en ce premier jour de l’année.

 

Tour à tour, elle a poussé le landau dans lequel il était endormi, la poussette où il gigotait impatient puis le vélo où il était assis, joyeux, derrière elle. Elle l’a aidé à cueillir des myrtilles et des champignons.

- Écoute, le geai nous a repérés !

- Regarde, un écureuil !

Curieux de tout, souvent plongé dans ses livres, il lui a appris à son tour à distinguer les arbres et les traces du gibier, à observer le ciel.

- Le vent change ! Demain il va pleuvoir !

Déjà, il sortait avec ses copains, ses petites amies et elle marchait seule, sereine. En juin, si tout se déroulait bien, son fils obtiendrait son diplôme d’ingénieur agronome.

 

Arrivée au belvédère surplombant la vallée, elle s’est assise sur un banc. La ville en contrebas digérait les derniers évènements, bulles de champagne et cotillons pour les uns, mal de tête pour d’autres ou encore vide sidéral… vide… vide…

Ses pensées se sont envolées vers les équipes médicales et de secours toujours sur le pont malgré la période des fêtes puis, doucement, ont apprivoisé la réalité de ces êtres qui bientôt seraient soulagés grâce au don des organes de son fils et alors seulement les larmes ont perlé et se sont libérées.

 

Pourquoi ce tireur fou au marché de Noël ? Pourquoi au centre ville, pourquoi en pleine heure de midi ? Pourquoi ces armes de guerre, ces éclats de grenades ? Pourquoi autant de blessés, de morts ? Pourquoi son fils piégé dans ce traquenard insensé ? Pourquoi ?

Elle a regardé sa montre.

Il avait encore besoin d’elle… Il lui fallait être digne de son enfant désormais envolé vers l'au-delà…

 

Elle a changé de chaussures et, courageusement, a repris la route de l’hôpital.

 

 

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Toi, mon ami de Liège de Damien Saez : http://www.youtube.com/watch?v=1zx2HRIHWQo 

 

 

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Publié le 8 Décembre 2012

         Ce texte écrit pour Miletune  est une suite à

"Le plus beau bouquet du monde"

publié ici même le 20/05/2012   (clic pour le redécouvrir) 

 - Tu m’en fais voir de toutes les couleurs, ça peut plus continuer, moi, j’en peux plus ! disait l’Marcel.

Jaco, il avait pas compris pourquoi son frère s’énervait, c’est vrai quoi, c’est joli les couleurs. Faut dire que depuis la mort de leur père, l’Marcel il s’occupait tout seul de la ferme alors que son rêve c’était de vivre pépère en ville comme il le répétait souvent. Jaco, lui, n’appréciait pas la ville. Ce qu’il aimait c’était d’accompagner son père dans la bétaillère quand il faisait sa tournée hebdomadaire pour acheter les veaux. C’est mignon les petits veaux qui viennent de naître et qui tremblent sur leurs pattes.

- Brosse les bien Jaco, disait Papa avant le passage du grand camion, on en retirera un meilleur prix.

Fini le commerce des veaux, l’Marcel il avait plus le temps et la bétaillère n’était plus dans la grange. Pfut ! Disparue un jour pendant la promenade de Jaco.

Souvent il y pensait la nuit, Jaco, et à son père aussi. Alors parfois, il ne savait pas pourquoi, il faisait pipi au lit et au matin l’Marcel il parlait des couleurs.

 

 Un vendredi, Jaco s’était rendu avec son frère chez Maître Angelot.

 - Non, pas Angelot, Jaco, Maître Angenot !

Jaco, il rigolait dans sa tête et continuait à dire Angelot en pensant à ceux qui entouraient la belle dame et son petit dans la chapelle du hameau.

Le Maître, c’était pas un Maître comme à l’école, il avait lu très vite des mots écrits sur un grand papier et puis l’Marcel il avait signé. La ferme était vendue et Jaco mis sous tutelle. Quel mot bizarre !

Maintenant, plus de lit froid et mouillé au réveil. Dans sa petite chambre à "L'Arc-en-ciel" Jaco se sent bien. Il l’a décorée avec les photos de Papa et avec tous les trésors qu’il avait ramassés pendant ses balades… une étagère pour les pierres, une autre pour les bouts de bois aux formes rigolotes… et sur le petit bureau il a placé le pot d'où jaillissent ses vieux crayons de couleur. Il y en a des longs puis des plus courts, des mâchouillés avec le bout tout décoloré et aussi des couleurs en double. Jaco aime bien dessiner et colorier.

Aujourd’hui, madame Marthe, une vieille dame qui s’occupe de la petite chapelle, a fait le trajet en bus jusqu’à "L’Arc-en-ciel" pour dire bonjour à Jaco et Jaco est très fier de la belle boîte de crayons de couleur offerte par son amie. Elle a aussi donné à Jaco une grande enveloppe sur laquelle elle a écrit son adresse et collé un beau timbre représentant une jolie crèche avec la belle dame et son petit comme dans la chapelle.

- Tu me feras un beau dessin et tu me l’enverras pour Noël. Promis mon Jaco ?

Jaco s’est mis à l’ouvrage sitôt le départ de madame Marthe. D’abord, il a étalé soigneusement les nouveaux crayons bien taillés en veillant à regrouper les couleurs. Les verts, puis les bleus… il a réfléchi où placer le noir… les mauve, les rose, l’orange, le jaune… Comme c’est joli et plein de vie !

Puis Jaco a saisi un de ses vieux crayons et, concentré, la langue sortant au coin de sa bouche, il a entamé le dessin de la chapelle.

Pour Marcel, il coloriera toutes les fleurs qu’avec d’autres jeunes adultes, handicapés comme lui, il cultive dans les serres de "L'Arc-en-ciel"

Sûr, Papa serait fier de lui ! 

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Miletune - clic   -  Source photo - clic

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Publié le 7 Décembre 2012

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      14 heures, un samedi après-midi quelconque… flânerie dans une galerie commerciale, juste l’envie de sortir, de se mêler à la foule … juste ça…
L’ambiance se veut chaleureuse, vivante, les étalages alléchants regorgent de tentations les plus diverses, tout pousse à rendre indispensable le plus petit gadget, le moindre bout d’étoffe. Ici, personne n’interpelle le chaland, ne fait de démonstration, seule la lumière éblouissante des spots attire les regards papillons.
 
Les gens déambulent, se croisent, se bousculent, s’ignorent. Certains font partie d’une bulle familiale ou amicale venue s’éclater là bien à l’abri des intempéries. On rigole, essaye, compare, commente, repart souvent les bras chargés.
Les gosses réclament une glace, un voyage dans un petit avion, de la monnaie pour une «boule- surprise »…
Senteurs diverses au gré des pas, bougies, parfums, gaufres, croissants, café, cuir…
Aux terrasses garnies de parasols dérisoires, des gens déjeunent encore ou simplement se désaltèrent. Bruits de couverts, de vaisselle, de verres qui s’entrechoquent, de conversations…
Les musiques se mélangent, se contredisent… italiennes, américaines, francophones… couvertes parfois par une annonce commerciale.
 
Près d’un palmier esseulé dans cette oasis artificielle, assise sur un banc sans dossier, une femme observe celle qui lui fait face dans la vitrine-miroir… ses yeux sont brouillés de larmes et de ses lèvres s’échappe une vieille chanson surgie subitement d’un coin de sa mémoire…
 
……la solitude, ça n’existe pas,
……la solitude, ça n’existe pas !
 
( Pierre Delanoë -Gilbert Bécaud )
 
 

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Publié le 2 Décembre 2012

     
 
   
   -  Hé ! Ho ! Mathilda et vous toutes ! Ne marchez pas si vite, attendez-nous !
 
Ce qu’il râle ce Hugo ! Pas à dire, son pied et sa cuisse droits sont mal en point. C’est de leur faute aussi ! D’ailleurs Mathilda et les autres femmes ne l’écoutent pas et les hommes clopinent derrière nous.
Ambiance !
 
On s’est bien marrés pourtant. D’abord, nous avons piqueniqué au sommet de la colline et même nous, les enfants, nous avons eu droit à un verre de rosé bien frais. Moi, j’ai fait durer le plaisir en y trempant le bout de mes lèvres pour le savourer doucement, doucement.
Au dessert, Yannick a entonné une chanson et sa belle voix grave a trouvé en écho celle plus aigüe de Jaco. Un fameux duo, ces deux là ! Sûr que s’ils passaient sur You Tube, ils feraient un buzz.
Puis, le vieux Yvan a dit : « assez ribaudé »
Faut croire que certains ont compris ce mot bizarroïde parce qu’il a sonné la fin de la récré. Nous avons tous saisi les sacs en toile de jute et la récolte des châtaignes a débuté dans les rires ; c’était à qui en ramasserait le plus. Les sacs se sont remplis à vive allure et Hugo les a chargés dans la charrette.
C’est alors qu’il a eu l’idée de faire un concours de saut en longueur, pieds nus et yeux bandés histoire de terminer la journée en beauté.
Les hommes et les garçons ont trouvé ça génial. Même le vieux Yvan a dit : « c’est magistral ton idée » Normal, c’est un ancien sportif…
 
Une demi-heure plus tard, ambiance, mais pas celle d’un stade en folie !
Hugo, le bermuda déchiré et en sang boite bas. Jaco, le tee-shirt maculé de terre le soutient en grimaçant. Martial, raide comme un mannequin dans sa vitrine, veut ignorer ses vertèbres de guingois et Yvan, discrètement se frotte la nuque.
Pourquoi a-t-il fallu qu’ils se livrent à ce jeu idiot ? Mystère des hommes…
 
Nous, les femmes et les filles, on n’a rien dit mais on a pris le chemin du retour.
Assise sur les sacs, j’entends Marie souffler en rigolant : « ils feront moins les fiers et puis ça nous fera des souvenirs jusqu’à l’année prochaine »
 
Ambiance ! Ambiance ! Vivement la prochaine récolte !
 
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 
 
 

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