Publié le 31 Mars 2019

Les textes de JACO  sont désormais réunis dans un livret.

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Jaco en un seul livretJaco en un seul livret
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Publié le 30 Mars 2019

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Les textes de JACO  sont désormais réunis dans un livret.

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- Tu es triste, madame ?

Jaco prend place sur le banc et observe avec attention la femme assise à ses côtés. Elle ne lui répond pas, pourquoi ? C’est peut-être la faute à son sma, sma, sma ??? Il ne connait plus le nom de cette chose qu’elle tient en main, bof, un téléphone quoi !

Sma phone ! Oui, c’est ça, sma phone, comme lui quand le docteur a dit qu'il était à phone parce qu'il avait perdu sa voix. Perdu sa voix ! Il en a de bonnes ce docteur, sa voix elle était dans sa tête tout simplement. La voix de la dame c’est peut-être pareil ?

- Ta voix est dans ta tête madame ? Tu veux que je t’aide à la faire sortir ?

La femme relève un peu la tête et jette un coup d’œil furtif à l’intrus. Encore un dragueur ? Heu, non, il ne semble pas dans la séduction… Ado ? Adulte ? Difficile à dire mais la gaité illumine la face de lune de son voisin. Un pensionnaire de l’…

- Je m’appelle Jaco et je vis à «l’Arc en ciel» Tu aimes les arcs-en-ciel, madame ? Moi, j’aime bien les couleurs et puis les fleurs. Tu as vu l’arbre en face de nous ? C’est lui que je viens saluer, c’est un vieux copain. Tu vois, il a mis son costume de printemps, il est superbe, tu ne trouves pas ?

Le regard interloqué de la femme va de l’arbre en fleurs au visage de Jaco.

- Ecoute, tu entends les zzzz et puis les zzzbbbrr et les ziiiiiii ? Tu les entends ? Ce sont tous les insectes et surtout nos abeilles. Elles sont sorties des ruches, les gourmandes.

La femme range son portable dans la poche de son gilet et tends l’oreille. Elle n’a pas aperçu cet arbre en fleur ni perçu ce bourdonnement intense et plein de vie. Pourquoi ? C’est le printemps, le renouveau ! Depuis combien de temps est-elle en léthargie ?

- Tu vois madame, il ne faut pas être triste, ça ne sert à rien. Moi quand je suis triste parce que Marcel, mon frère, ne vient pas souvent me voir, je lui fais un dessin et je lui envoie. Alors ma tristesse elle s’envole dans l’enveloppe, zouuuuu, dis-pa-rue !

Un sourire éclaire le visage de la femme qui sans réfléchir dit : je m’appelle Hélène !

- Je vais te dire un secret, madame Hélène, avant j’avais une amie. Elle s’appelait madame Marthe mais Marcel a dit qu’elle était partie au paradis. C’est dommage, je lui faisais des dessins. Dis, tu ne veux pas être mon amie et me donner ton adresse, je t’en enverrai à toi aussi ?

La main de la femme serre le portable au fond de sa poche. Il n’a pas vibré. La énième dispute avec son amoureux semble celle en trop. Pourquoi attendre en vain qu’il l’appelle. Pourquoi s’entêter dans une relation toxique ? Le renouveau, oui, une nouvelle étape de sa vie s’ouvre à elle…

- Je n’ai pas de quoi noter mon adresse et t… et vous, Jaco ?

- Tu peux me dire toi, madame Hélène, je préfère si on est des amis.

Et puis je vais te dire un autre secret, j’ai toujours dans ma poche un petit bout de papier et un mini crayon, regarde !

La femme émue a noté son adresse sur le papier rose et dans la mémoire de son portable celle de Jaco puis elle a continué sa promenade.

Jaco, lui, s’est approché de l’arbre dont il a caressé doucement le tronc.

- On s’est fait une nouvelle amie grâce à toi mon vieux ! Chouette hein ? 

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Pour Mil et une sujet 13/2019 - clic

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Publié le 30 Mars 2019

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Il est content Jaco, Marcel, son frère, l’a emmené en ville visiter une exposition. Jaco aime bien observer les statues, les dessins ou les peintures cela lui donne des idées pour bricoler à son tour dans sa chambre à l’Arc-en-ciel où il vit depuis la mort du père.

 

- Il ne s’agit pas de bricolage, Jaco, ce sont des œuvres d’art, dit Marcel. 

 

Des œuvres d’art ! Pff ! Alors, lui, Jaco est un artiste ? Hi, hi, ça le fait rire… un artiste !

 

Du mieux qu’il le peut Jaco découpe de grandes lettres dans les magazines que lui apporte madame Marthe, sa vieille amie, quand elle vient lui rendre visite.

 

- Ils sont un peu vieux, mon Jaco, mais tu pourras quand même y découvrir des merveilles et cela te fera passer le temps.

 

Passer le temps ! Quelle drôle d’expression ! Comme s’il fallait passer le temps, il passe bien tout seul, le temps.

 

Passer pour aller où ? se demande Jaco.

 

Parfois madame Marthe se plaint : Le bus était en avanceJ’ai failli le rater ! dit-elle. Parfois, c’est le contraire : Il était en retard aujourd’hui, j’espère ne pas avoir pris froid à l'attendre. Ou encore : C’était Jules au volant, lui est toujours à l’heure.

 

En avance, en retard, à l’heure, bof tout cela n’a pas grande importance pour Jaco. Lui, il vit le temps présent bien que parfois il repense à sa vie à la ferme à l’époque de son père et alors il revit pour quelques instants le bon vieux temps.

 

Voilà encore une expression étrange que ce bon vieux temps…

 

Jaco apprécie tous les temps, ceux d’avant ou de maintenant !

 

Le bâton de colle à la main, il installe sur un grand carton les lettres découpées. Il y en a des rouges et des vertes mais aussi des bleus, des noires… Un vrai arc-en-ciel !

 

Le front plissé sous l’effort il vérifie si tout est bien dans l’ordre, comme dans la phrase écrite en grand par madame Marthe.

 

D M A N   E S T   U N   A T    J U R

 

Un grand sourire illumine son visage, il est un vrai artiste !

 

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Pour Mil et une sujet 09/2017 - clic

Ben au musée Maillol - clic 

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Rédigé par Mony

Publié dans #Jaco

Publié le 28 Mars 2019

(Pour Mil et une sujet 12/2019 - clic et clic)

La vie c’est parfois comme une chanson pour les enfants l’hiver, ça parle de bonhomme de neige avec une pipe en bois et donne envie de se rouler dans la neige, d’un poêle rouge auprès duquel on peut réchauffer ses mains gelées malgré les moufles, alors que depuis huit jours une pluie battante empêche de sortir et de prendre l’air.

 

La vie c’est parfois un déjeuner d’un lundi matin dans une belle famille, gâché par un bulletin digne du cancre de la classe et qu’il faut faire signer coûte que coûte, la sueur au front.

 

La vie c’est parfois un passage chez la fleuriste de la rue des Coquelicots, cette rue si bien nommée et qui évoque des brassées de fleurs des champs, mais d’où l’on sort avec à la main un bouquet si bien agencé qu’il en devient banal et stéréotypé.

 

La vie c’est parfois un grand homme doux, gentil, intelligent ou une femme avenante, gaie, sensible, qui se révèle peu à peu manipulateur, acariâtre, égoïste, pensant être toujours célibataire et avoir quartier libre pour flirter sans vergogne, en un mot invivable et à fuir à toutes jambes par respect envers soi-même ou par simple survie.

 

La vie c’est parfois un message sibyllin venant d’une personne inconnue et disant : « être ange, c’est étrange » alors que l’on se pose mille questions existentielles auxquelles s’ajoute une plus troublante « et si ce message émanait de mon ange gardien ? »  

 

La vie parfois est trop lourde ou elle nous joue des tours peu agréables. Alors, il nous faut en casser le fil et libérer les perles noires de dépit et patiemment réenfiler d’autres éléments composés de matières plus naturelles.

 

Quand la vie est un collier porté par un être, autant qu’il ne soit pas un joug mais soit parfaitement ajusté à son cou et agréable à porter en toute circonstance.

 

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Publié le 6 Mars 2019

Françoise Lesage - clic

 

Il y eut la communale : découvrir la lecture, les divisions, les soustractions…

Ce que préféraient Noémie, Noëlle et Nora, contrairement à leurs condisciples séchant sur le sujet, c’était la règle de trois mais aussi les sciences avec l’anatomie en tête.

 

Phalange, phalangine et phalangette, avait un matin énuméré l’instituteur en pointant sa grande règle sur l’index de la main géante affichée au tableau.

Alors, abandonnant les trois No dont elles se qualifiaient depuis la fin de la maternelle, Noémie, Noëlle et Nora décidèrent à la récré suivante que désormais elles porteraient le nom de Phalange, Phalangine et Phalangette. 

Qui était l’une, qui était l’autre, qui la troisième ?  Peu importait, elles ne formaient qu’un seul doigt pointé vers l’avenir.

 

Il y eut l’adolescence, les premières amours, le choix des études.

Phalange, Phalangine et Phalangette bien qu’ayant opté pour des orientations différentes se retrouvaient toujours avec le même bonheur à l’Académie de musique.

Les leçons de solfège étaient loin déjà et à présent chacune chantait et pinçait ou grattait avec bonheur les cordes d’un instrument : guitare pour deux d’entre elles, contrebasse pour la troisième.

 

Il y eut le fil de la vie… deux mariages, le boulot, l’attente du grand amour qui tardait, le boulot, les enfants, le boulot, Noël, le boulot, mardi-gras, le boulot, Pâques et déjà l’été finissant…

Des jours ensoleillés, des petits matins gris. Quelques jours de vacances en trio qu’elles s’octroyaient tous les deux ans avec parfois un petit pincement au cœur.

Allons, disait l’une à celle qui se culpabilisait, ils se débrouilleront bien sans toi.

 

Il y eut des questionnements : n’ai-je pas fait fausse route ? / Pierre et moi ce n’est plus ça. Ferions-nous mieux de divorcer ? / J’ai une furieuse envie de créer ma propre entreprise mais où trouver les fonds ? / Ma fille est partie vivre avec son copain, comment vais-je surmonter son départ du cocon familial ? / Mon fils à l’autre bout du monde va être papa pour la troisième fois. Six fois grand-mère en tout, qui aurait prédit cela ?/ Je suis vouée au célibat, peut-être est-ce mon destin ? / Nous approchons à grands pas de la retraite sommes-nous vieilles déjà ?

 

Mais toujours la musique les réunissait avec le même bonheur et pour fêter en trio leur anniversaire elles décidèrent d’inviter leurs proches à un petit concert surprise.

 

Il y eut des oh ! des ah ! des rires et des applaudissements quand elles apparurent sur scène déguisées d’une perruque formant un petit chignon blanc au sommet de leur tête, d’une robe rouge enfilée sur un pantalon noir et garnie d’un large tablier aux carreaux assortis à leur paire de pantoufles confortables. Et l’ambiance continua à monter au fil des morceaux parfois endiablés, choisis parmi ceux des décennies passées mais aussi à la grande joie des plus jeunes parmi le top du moment.

 

Et face à tous, Noémie, Noëlle et Nora, Phalange, Phalangine et Phalangette, prouvèrent avec humour et talent qu’elles étaient femmes de hier, d’aujourd’hui, de demain mais amies pour toujours !

 

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Pour Mil et une - sujet 09/2019 - clic

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