Publié le 8 Octobre 2019

 

C’est un terrain en pente sillonné par un chemin discret. Souvent, j’arrête ma voiture à son ébauche et je grimpe là-haut. Souvent, oui, très souvent !

Suivant la saison ou la météo j’y surprends parfois une grenouille coassant, empressée de rejoindre un point d’eau ou un lapin en quête d’une chicorée bien fraîche. Même la neige ne me rebute pas et mes pas se mêlent alors avec bonheur aux traces d’un oiseau, d’un lièvre ou même, quel bonheur, d’un renard.

Arrivé au sommet le rituel est toujours le même, je ferme les yeux et me retourne lentement comme pour mieux appréhender le paysage qui va s’offrir à mon regard. La ville est là, si proche, si lointaine, illuminée de mille feux ou déjà éclairée par les premiers rayons de l’aube mais toujours bruissant de vie. D’une autre vie !

Une vie faite de bruits : klaxons, sirènes, circulation intense, qui prenant de plus en plus d’ampleur couvrent le chant d’un coq paradant dans un jardin de la proche banlieue ou le dernier cri d’un oiseau de nuit effarouché par tant de brouhaha.

« Oiseau de nuit » c’est le surnom dont m’a affublé ma douce Lou… J’aime quand le soir, avant de la quitter, elle me chuchote à l’oreille « demain matin, rendez-vous là-haut, mon oiseau de nuit » et que s’ensuit un petit-déjeuner improvisé pris debout dans nos doudounes ou étendus sur l’herbe fraîche. Tendres instants d’intimité avant que Lou ne m’abandonne pour se rendre à son travail et que je ne regagne notre appartement pour bénéficier de quelques heures d’un repos bien mérité.

Oui, je suis un oiseau de nuit, pion toujours vêtu d’un bleu de travail et faisant partie de la troisième équipe à l’usine. 

Mais je rêve, nous rêvons, d’une autre vie et qui sait un jour prochain, nous vous accueillerons peut-être à « L’Heure Bleue » dans nos chambres d’hôtes ?

Rêver c’est si bon !

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