Publié le 25 Mars 2013

Photo.1 : Gare maritime d’Ostende. Moi, les yeux embrumés pour cause de réveil aux aurores tentant de suivre Thomas, bientôt trois ans, curieux et impatient de monter à bord du grand bateau. Si seulement ce boutchou cessait de slalomer entre les valises et les jambes des nombreux touristes et s’il avait la bonne idée d’accepter de s’asseoir un instant dans la poussette-canne !

Photo.2: Mon mari harnaché de son fidèle sac à dos brandit enfin les tickets P§O, sésame pour la traversée aller-retour de la Manche.

Photo.3 : Ce cliché prit par un ado sympa montre la souriante petite famille regroupée sur le pont du géant avec en toile de fond la ville d’Ostende et son quai des pêcheurs.

Photo.4 : Thomas dans les bras de son père observe le port dans les jumelles bien trop grandes pour lui. Autour d’eux, couchés sur les banquettes ou à même le sol, des jeunes anglais noctambules, à moitié ivres, s’endorment déjà enroulés dans des sacs de couchage. Au mur, un haut-parleur agressif vient d’annoncer le report de l’heure d’appareillage.

Photo.5 : Thomas et moi sommes attablés dans le self-service pour un deuxième petit déjeuner. Le train Cologne-Ostende a quarante-cinq minutes de retard. Nous devons attendre les passagers en transit vers l’Angleterre.

Photo.6 : Brouillard ! Il a profité de notre repas pour s’installer sournoisement ; le quai des pêcheurs est à peine visible. Les retardataires arrivent enfin.

Photo.7 : On croit y deviner l’estacade ou alors est-ce la mer ?

Photo.8 : Thomas bercé par le bourdonnement du moteur de la malle "Princesse Clémentine" s’est endormi dans un fauteuil du salon. Rien à voir au dehors! Nous naviguons dans un épais brouillard. L’appareil photo et les jumelles regagnent le sac à dos.

Photo.9 : Débarquement du père et du fils à Douvres. C’est à peine si je les situe dans le viseur de l’appareil photo. Rien vu de la manœuvre d’entrée dans le port. Rien vu des falaises blanches.

Photo.10 : Thomas cherche son équilibre intrigué par le quai flottant sur lequel nous attendons l’overcraff pour rentrer à Ostende. En arrière plan ma mine défaite laisse entrevoir qu’en plus du brouillard il y a de l’orage dans l’air. Normal, je m’étais fait une joie de ces premiers pas en Angleterre et ils se sont arrêtés à côté d’un bus dans lequel s’engouffraient les passagers. Mon mari n’a pas voulu y monter prétextant qu’avec ce foutu temps nous n’allions pas nous repérer pour retrouver le port éloigné de la ville. "Tu parles anglais toi ?" Et bien non, peste, pas plus que lui je ne pratique la langue de ce fameux William S.

Photo.11 : Moi, le nez plongé dans mon porte-monnaie, j’essaye de ne pas paniquer de me savoir propulsée à grande vitesse sur une mer invisible. Et dire que le matin même je craignais d’avoir emporté trop peu de livres. Pas dépensé un penny !

Photo.12 : Le trio saisi par l’hôtesse de bord. Au centre, Thomas lui demande : "alors la mer et l’Angleterre c’est que du brouillard ?"

Photo.13 : Arrivée au port de l’overcraff. Ostende s’offre à la pellicule sous une percée du soleil. Les aventuriers n’en mènent pas large.

 

 

Voir les commentaires

Publié le 20 Mars 2013

Le courrier du jour – Page 6

Toujours sans nouvelles de B. Phénix disparu depuis le 28

Amélie, voisine de B. Phénix

- Il a quitté la maison à pied aux environs de 10 heures, je le sais, je rentrais de la boulangerie avec ma baguette. Je ne puis rien vous dire de plus, monsieur Phénix est si discret. Célibataire ? Oui ! Et alors, moi aussi je suis célibataire !

Monsieur Jay Bourdon, professeur retraité

- Bertrand, je le connais bien ! Il était fort en math, le gamin ! Il n’a rien d’un voyou bien au contraire. La preuve en est l’obtention avec brio d’un beau diplôme. Oui, oui, d’accord, un peu chahuteur, je le concède mais il faut que jeunesse se passe…

Mélanie Trucmuche, propriétaire

- Ce monsieur Phénix me fait voir rouge. Toujours à rouspéter pour un robinet qui fuit mais jamais pressé pour régler le montant de son loyer. Et maintenant, pffutt ! disparu ! Et je fais quoi, moi ?

Le courrier du jour – Page 1

B. Phénix reconnu aux J.O. de Londres par un couple de notre région !

(lire le témoignage p.7)

Victor Rieux, client fidèle du bar "Le Pharaon"

- Sacré Bertrand toujours à courir la donzelle ! … tout ça au marathon de New-York ! Ne se prive de rien pour vivre une romance bien corsée ! Marcel, remets-moi un petit rouge.

Maria N. et Valérie A. – pensionnaires du home "Mèches d’argent"

- Mais si, rappelez-vous ! …c’est le fils de Germaine… oui, Germaine de la Buissière. Le kiné m’a dit qu’il paraît qu’il a tué son chien, la voisine l’aurait retrouvé sanguinolent au fond du jardin. C’est une honte, je vous l’affirme Valérie ! Comment ? Je parle trop fort ? Mais c’est vous, ma bonne, qui êtes dure d’oreille ! Quoi ? J’ai peut-être mal compris ? Vous ne manquez pas d’air !

Alain Pair – contremaître

- Bof ! ce n’est pas une grosse perte ce Phénix des hôtes de ce bois. N’était pas à pousser un "ahan" de trop Monsieur l’Ingénieur. Un planqué, moi je vous le dis ! Aigri ? Moi ? Comme vous y allez ! C’est pas vous qui vous levez à quatre heures du mat’ tous les jours !

Le courrier du jour – page 1

L’ingénieur B. Phénix parti avec l’argent de la société N. ? Vie de Nabab sous une autre voie lactée ? (lire p. 2)

 ---------

L’inspecteur Mambo dépose ses notes sur son bureau en soupirant. Il s’étire, fait craquer ses doigts un à un et s’installe face à l’ordinateur.

Bertrand Phénix disparu depuis le 28 a été retrouvé ce jour au 56, rue Dévène à L. par un voisin intrigué de voir le portail entrouvert depuis près de trois semaines. Il a sonné plusieurs jours de suite à la porte d’entrée pour faire connaissance de l’homme qui venait d’acheter la maison et finalement il a pénétré dans le jardin, a vu la porte de la cuisine grande ouverte et a crié quelques fois " il y a quelqu’un" Il allait repartir bredouille quand il a entendu des tapotements dans une tuyauterie. Il a alors appelé nos services qui ont forcé la porte de la salle de bains.

Monsieur B. Ph. gisant en chien de fusil à même le sol a été emmené en ambulance à la clinique Des Bruyères.

Il semble qu’il installait une douche dans cette maison qu’il venait d’acquérir et qu’il aménageait depuis quelques semaines. La porte, repeinte de frais et sans clenche, semble s’être refermée emprisonnant B. Ph. Son GSM et son porte-feuille ont été retrouvés dans la cuisine.

Très amaigri, l’homme semble avoir survécu grâce à l’eau courante dont l’arrivée n’avait heureusement pas été coupée et à un tube de vitamines retrouvé vide à ses côtés.

La fenêtre qui s’ouvre uniquement en basculant donne sur le toit du garage et B. Ph. n’a pu signaler son emprisonnement.

Ouf ! Le rapport est terminé et l’inspecteur Mambo qui déteste cet exercice de synthèse est soulagé. Et tant pis pour la lecture ironique qu’en fera le commissaire.

Demain, Mambo sera en partance.

Vive les vacances !

  ---------------------------------

Voir les commentaires

Publié le 16 Mars 2013

- L’île d’Ahan ? Connais pas !

- Arran ! L’île d’Arran !
Je ne connaissais pas davantage mais comment ne pas rêver d’une romance dans une île ? Les cocotiers, la plage, le soleil, le farniente… mon amoureux… le nirvâna que ces petites vacances inattendues et bienvenues !
Feu vert donné, il a réservé notre séjour. Départ, le lendemain à six heures pour huit jours de rêve en plein mois de mai. De quoi nous requinquer avant la haute saison et notre travail non-stop au restaurant.
 
- N’oublie pas une veste chaude et tes chaussures de marche !
L’amour est aveugle et sourd, je peux en témoigner.
Bikinis, paréo, tongs ; deux bermudas, deux jupes, des tee-shirts, ma petite robe orange et celle fleurie, les hauts talons assortis… en un quart d’heure ma valise était bouclée.
 
L’île noire de Tintin, le château sombre sur la colline voilà le décor dans lequel nous nous sommes retrouvés au bout du voyage. Mon amoureux, ce voyou, riait de ma mine déconfite et de mon peu d’intérêt pour la géographie. Moi, rouge de honte et déçue, je rêvais de châtiment sanguinolent.
 
- Allez ! Fais pas la tête, on va en profiter de ce séjour. Et pour commencer nous allons faire un peu de shopping.
Pantalons, pulls, veste, chaussures ont dégarni notre compte en banque mais ma garde-robe avait de quoi voir passer le prochain hiver… et moi de quoi supporter ce temps de chien à mille lieues du soleil espéré.
 
Nous avons loué des vélos pour de longues balades, marché dans les collines ou sur la plage ; par une nuit sans nuages nous avons admiré la voie lactée si brillante en ces lieux. Au "Phénix" bed and breakfast de charme, nous avons fait des grasses matinées sous l’édredon moelleux et le compteur de tous les câlins en retard a été remis à zéro. Que l’on était bien !
 
Les jours se sont succédé à une allure folle et c’est le cœur en peine que j’ai refermé ma valise plus garnie qu’à l’aller. C’était sans compter sur la surprise réservée par mon tendre : une nuit à Londres avant le retour sur le continent.
- London, tu connais ?
En réponse, il a eu droit à un baiser !
 
L’année prochaine, je nous imagine volontiers sous le soleil égyptien découvrant les vieilles pierres, le désert, le Nil… Dès notre retour à la maison, j’ai commencé à travailler sur la question. Emballées dans un beau papier cadeau, je lui ai offert deux BD de Tintin : "L’île noire" et "Les cigares du Pharaon"
Il est si fûté !
------------------

Voir les commentaires

Publié le 12 Mars 2013

Bingo !

Il fallait à coup sûr que son investissement lui rapporte un gain et elle a réussi à rafler la mise.

 

Depuis des mois, les tables de jeux sont son quotidien. Elle a goûté à chacune en particulier ; roulette, poker, Trente et Quarante, Black Jack, Craps, War Game n’ont plus de secret pour elle. Jetons, sabots de cartes, dès, coupé, couleurs… elle joue désormais avec ce vocabulaire en vigueur dans les salles de jeux.

Sa grande maîtrise de soi, sa rapidité à décoder les intentions des joueurs et à calculer sont ses trois maîtres atouts.

Bingo !

Elle jubile.

Finis le quotidien au jour le jour, les petits boulots précaires.

"Bonjour " à l’argent sur son compte bancaire.

Elle va encore en passer des nuits blanches dans les salons feutrés mais à présent son avenir est assuré.

Bingo !

Après une solide formation donnée par le casino elle a enfin décroché un C.D.I. de croupière.

 N’est-elle pas belle la vie ?             

 ----------------------

 Pour Mil et une  clic

Voir les commentaires

Publié le 8 Mars 2013

La voix féminine tombe du haut-parleur, légère et prometteuse comme un voile de mariée.

Une voix de galerie commerciale un jour de grâce, un de ces jours où la publicité vante subtilement un parfum de luxe.

Au creux de son coeur Maïté ressent l’ambiance créée pour ces mots dont le sens n’atteint pas son cerveau. Seul leur côté vaporeux la plonge dans un état de transe. Assise dans ce no man’s land séparant la grande surface du restaurant self-service elle semble hagarde. Il faut qu’elle échappe à cette voix. Il le faut. Comme un automate elle se redresse et se dirige vers le comptoir. D'une main tremblante elle saisit un verre et se sert une bière, une de plus, et sort de sa poche un billet, chiffonné à son image.

Trouver une table dissimulée par une jardinière garnie de plantes vertes, s’affaler, fumer et boire ; fumer encore, les épaules voûtées, le regard flou. De semaine en semaine, le personnel l’observe et assiste impuissant à la déchéance de cette jeune femme silencieuse. A présent, ses cheveux ébouriffés sont gras, leur teinture décolorée laisse entrevoir trois centimètres d'une repousse douteuse, son teint est terne sous son maquillage délavé et son rimmel dilué. Ses mains jaunies par la nicotine et aux ongles noirs ressemblent à des serres d’oiseaux de proie. Contre quoi s’est-elle battue ? Qui l’a mise dans cet état ? Que veut-elle exprimer à s’exhiber ainsi en public ?

Un couple d’amoureux s’installe non loin d’elle et une fois encore elle s’échappe vers le comptoir.

Dans son sillage, une odeur rance, mélange de transpiration et de linge sale provoque la grimace des autres consommateurs.

- Comment acceptez-vous "cela " ? demande une dame d’un ton pincé... " si c’était ma fille… " Le gérant ne répond pas. A quoi bon entrer dans la polémique ? Refouler cette jeune femme serait la porte ouverte à tous les abus. Faudrait-il aussi refuser l’accès du lieu aux personnes âgées patientant pendant des heures, bien au chaud devant une tasse de café vide au lieu de se terrer dans un appartement chauffé avec parcimonie ? Ou déclarer les groupes d’adultes handicapés et leurs accompagnateurs de personnages indésirables parce que leur vue pourrait déranger les âmes sensibles ?

Maïté, indifférente à ce qui l’entoure cherche un autre endroit pour s’isoler. Son jeans est à présent couvert de taches de sang ; la vie en elle poursuit son cycle.

Ce détail n’échappe pas à Rosita la fille de salle. Fermement elle empoigne le bras de la jeune femme et l’emmène vers les toilettes tout en lui parlant à l’oreille. Plongée dans un état second Maïté ne lui oppose aucune résistance.

Le mariage préparé avec soin, les invitations adressées aux proches, parents ou amis, la jolie robe au voile vaporeux, le bonheur… le fiancé qui se désiste à la veille de la cérémonie, la douleur, la honte, le sentiment de rejet, tout, Maïté déballe tout, se vide la tête, le cœur, les tripes jusqu’à s’écrouler en sanglots libérateurs.

  ---------------------

Six mois se sont écoulés depuis ce jour, deux saisons durant lesquelles la jeune femme a connu plus de bas que de hauts mais doucement, sous le regard compréhensif du personnel du self-service elle a retrouvé confiance en elle et en son image. Un matin, une Maïté belle et élégante dépose un énorme bouquet de fleurs et un gros ballotin de pralines près de la caisse.

Sur un petit carton une écriture fine a simplement tracé le mot " Merci "

  ---------------------  ---------------------

source photo

Voir les commentaires

Publié le 3 Mars 2013

P1000060
Ingrédients :
 
- 4 oeufs
- 150 gr de farine
- 150 ml d'huile
- 100 gr de sucre ou de cassonade
- 50 gr de sucre perlé
- 125 gr de pignons de pin
- 50 gr de raisins blancs secs
- 1 sachet de levure
- 1 pincée de sel
- 1 c. à s. de rhum ou quelques gouttes d'essence de rhum
 
@@@@@@@@@@@@@@@@@
 
 
Préchauffer le four à 180°
Faire griller les pignons de pin
Battre les oeufs et les 100 gr de sucre ou de cassonade (ici cassonade brune)
Ajouter la farine tamisée, la levure et le sel
Ajouter l'huile, les pignons grillés, les raisins, le rhum et le sucre perlé
Enfourner pendant 30' à 180°
 

Voir les commentaires

Publié le 2 Mars 2013

- N'approchez pas trop près de l’eau, l’Homme-Crochet pourrait vous happer et vous emmener au plus profond de l’étang !

Voix de Papa, voix de Maman…

Liberté de l’enfance, insouciance.

Jeux, désobéissance.

Comme elle est attirante et intrigante la grappe d’œufs de grenouilles.

Une épuisette bricolée à se partager, petits seaux disposés en rangée.

Bestioles happées, observées.

Métamorphose : une queue, deux pattes… quatre…

La queue a disparu !

Endormi l’Homme-Crochet en son royaume d’algues….

Ne pas oublier le bouquet de primevères ou de jonquilles pour Maman.

---------

Soirées d’été, ivresse de cris d’hirondelles.

- Coâ ! Coâ ! Rainette ou crapaud ?

Une vache meugle dans le pré, une autre fait écho de la colline.

Frissons, l’air est frais au bord de l’étang.

Plus loin, près de la source, Papa récolte du cresson.

Le soleil descend derrière les arbres.

Du fond du jardin Maman lance l’appel, il faut rentrer.

- Regarde la belle " plate "… Hé ! La mienne est plus grande !

Schiste coloré, trésor précieux, demain ricochera.

Cinq, six, sept rebonds… l’eau ridule, encore, encore…

Dérangé un pêcheur en herbe rouspète.

Gracieuse damoiselle Libellule joue à l’hélicoptère.

Midi, la cuisine embaume la soupe fraîche.

---------

Les feuilles tourbillonnent dans le vent d’automne.

L’onde se pare d’or et de rouille.

Après l’école, surprise !

Où sont les longs bras des saules ?

Disparus leurs reflets mouvants…

Des bûches sont chargées dans une remorque.

Un feu gourmand se nourrit des branchages et de brindilles.

Dans la cendre chaude quelques pommes de terre s’attendrissent.

- Vous en voulez les enfants ?

Odeur âcre de fumée, héron en déroute, poules d’eau affairées.

---------

Les troncs-moignons semblent tristes et frigorifiés.

A son rendez-vous saisonnier la belle blanche est ponctuelle.

Graminées fanées, roseaux ployés.

Plumes vertes ou bleues, les canards sont à la fête.

Le lierre en panier garnira les abords de la crèche.

Nuits de grands froids, le bois gémit sa douleur.

Bouches-cheminées, lèvres gercées ; une morve agaçante irrite les nez rougis.

Luges dans les coteaux, moufles, écharpes.

Au bas de la pente, l’étang gelé.

Tentant, si tentant de patiner…

---------

- N’approchez pas de l’eau, la glace est fragile et…

- L’Homme-Crochet… hi ! hi ! poursuit un chœur moqueur.

L’Homme-Crochet, amant de la dame à la faux, tous le savent à présent mais toujours au fond du cœur ils gardent ces moments précieux et quand le quotidien se fait pleurs ces tendres souvenirs les ramènent pour un moment, un moment seulement, en son pays, berceau béni de leur enfance.

----------------------------

Pour Mil et une (clic)  Photo couleur du blog Pictozoom (clic) - Photos noir et blanc J-G.Ny

                                   

Medael-neige.jpg Pont-Medeal.jpg
 Reflets-ruisseau.jpg  Medeal-ruisseau.jpg

 

Voir les commentaires

Publié le 27 Février 2013

            Ma mère, elle est belle. Tellement belle que je n’arrête pas d’avoir des " papa " différents. Enfin, bof ! C’est manière de dire parce je les appelle par leur prénom ou tout bas, dans ma tête, par un surnom qui leur colle bien.
Il y a eu Mikaël - la Taupe, ses lunettes aux verres épais et son éternel costume gris poussière. Triste, mais triste ! Plus triste, tu meurs. Et ma mère, elle n’aime pas la tristesse…
 
Ensuite, pour rigoler un peu, Geoffrey – la Gargouille est entré dans notre vie. Avec lui, pas question d’être famélique, son estomac émettait sans cesse des borborygmes impressionnants et il n’appréciait que pizzas, saucisses et Coca du déjeuner au dîner, sans oublier les viennoiseries du petit-déjeuner et les petites bières de la soirée. Après trois mois de vie commune maman était au bord de la dépression en se regardant dans le miroir alors exit la Gargouille et son lot de calories.
 
Gilles – le Maniaque a suivi dès que ma mère a perdu quatre kilos et retrouvé le moral. Pas pour longtemps hélas car plus de fantaisies à espérer dans notre quotidien. Du menu de la semaine aux activités diverses tout était noté sur une grande feuille suspendue bien en vue dans la cuisine et pas question de changer le programme établi, le Maniaque était à cheval sur la discipline. Un soir, maman et moi, nous sommes allés au cinéma et non avec Gilles à la piscine. Il ne l’a pas supporté et c’est très bien ainsi…
 
Avec Raoul – pas Cool, le sport était roi. Il fallait toujours s’activer, battre des records dérisoires alors que moi, les jours de congés, j’aime bien me prélasser dans le divan en envoyant des textos à mes potes. Un dimanche il a dit à maman d’un ton suffisant : " Tom, TON fils, souffre de clinomanie " en précisant qu’il s’agissait de rester sans cesse couché puis il a critiqué le côté abscons des sms. Maman, les muscles endoloris à la suite d’un jogging éprouvant, n’a pas voulu en entendre plus et pas Cool a été remercié illico presto.
 
Ma mère, elle est belle et encore plus depuis sa rencontre avec Charles-Henri. Je ne sais ce qu’il lui chuchote dans le creux de l’oreille pour faire briller ainsi ses yeux ou provoquer son rire. Charles-Henri est l’Amoureux des mots. Chaque jour grâce à lui, je consulte discrètement le dico en ligne et je soupçonne maman d’en faire de même.
Quand j’étais enrhumé, il m’a appris le mot enchifrené et pour se moquer gentiment de mes cheveux drus qui avaient besoin d’une bonne coupe, il les a comparés à une touffe de bambous cespiteux ce qui a donné du fil à retordre à mon clavier.
 
Je l’aime bien Charles-Henri – l’Amoureux des mots à qui j’enseigne le langage sms. Pas pédant pour un centime, il ne se prend jamais au sérieux et à son contact mes résultats en composition sont à la hausse. Un jour, à propos de raisonnement, j’ai réussi à insérer le mot sophisme et en décrivant une flotte de voilier j’ai enjolivé ma phrase du beau verbe faseyer.
 
 
De tout cœur, j’espère que Charlery charmera encore longtemps maman de ses vocables rares et qu’il sera pour moi le dernier papa. Oui, vraiment, ce serait super cool.
 mmmmmmmmmmm

Voir les commentaires

Publié le 24 Février 2013

Siqueiros---defaillance.png   

 David Alfredo Siqueiros - Défaillance 

Marre d’être si haut perchée. Envie de se déchausser, de sentir le contact du sol sous la plante de ses pieds nus.

Clac, clac, clac ! Ses hauts-talons martèlent énergiquement le couloir. Cadence infernale.

D’un simple geste dégrafer le soutien-gorge qui oppresse ses seins. Les laisser enfin s’épanouir en toute liberté.

Le décolleté attire les regards. Désir ou pointe de jalousie, c’est selon. Bander ses muscles, rentrer le ventre : impératif !

Enfiler à même sa peau nue un robe courte et ample faite de cotonnade légère. Pourquoi pas bleue comme ses yeux ?

 Le strict tailleur gris souris l’engonce, l’étouffe. La jupe étroite dicte sa loi, réduit l’amplitude de son pas.

Montre, bracelet, collier, boucles d’oreilles enfermés dans leurs écrins. Enfin allégée !

Déjà 10 heures ! Le bijou cliquette à chaque geste, le pendentif pèse à son cou. Lobes d’oreilles irrités !

Se coucher, s’étendre, s’étirer. Rouler sur elle même, se lover au creux d’un lit moelleux ou flotter au gré de vagues blondes. Perdre la notion du temps.

Nuit passée en partie dans son bureau. Révision des derniers dossiers. Dormi quelques heures. Trop courtes. Déjà, intempestive, la voix du réveil.

Seule ! Elle, et seulement elle, face à la majesté du ciel. Observer les nuages, sentir le vent dans sa chevelure. Se laisser englober par la nature, ne faire qu’une avec elle.

Les murs, gloutons, semblent se resserrer à tout jamais sur son être. Pas la moindre lueur naturelle. Des néons à perdre de vue.

 

Faiblesse, malaises. Son corps, ce pantin, est en révolte. Effondrement, refus formel. Stop, il n’en peut plus, il ne veut plus. Fuir pour survivre !

D’un geste décidé elle ouvre en grand la porte et pénètre dans la salle de réunion sans un regard pour ses subordonnés. Madame la Présidente, impériale, impartiale, inflexible, inhumaine, va mener le conseil d’administration de sa main de maître.

Maladies sous jacentes ? Divorce, séparation ? Ou remise à zéro et nouveau départ ?

Défaillance non tolérée. Vie gâchée.

 

Laquelle des deux entités qui sont en elle remportera la mise de ce jeu de dupes ?

---------------------

 Pour Miletune (clic) 

Voir les commentaires

Publié le 21 Février 2013

Zébulon déteste cette montée rapide vers le vingt-huitième étage. Quand la porte de l’ascenseur s’ouvre enfin, la nausée n’est pas loin. Marre de cette journée marathon !

Toilettage tôt le matin chez Féline et Cie : griffes épointées, robe noire lavée, savonnée, rincée, séchée, brossée puis lustrée à la peau de chamois ; oreilles vérifiées, gouttes dans les yeux pour un regard encore plus brillant… ensuite trajet interminable en voiture pour enfin échouer dans une salle surchauffée et bruyante. Marre ! Etre un chat de concours, une star aux nombreuses médailles, Zébulon n’en demandait pas tant. Enfermé dans une cage tout l’après-midi il a dû subir les commentaires de dizaines de visiteurs puis faire face au jury.

- Fais-moi honneur mon Zébulon, avait chuchoté Annabelle.

Annabelle ! Comment lui résister quand leurs yeux bleus se croisent ?

Alors pour elle, il avait redressé son pelage, mis du feu au fond de ses prunelles et, souverain, avait hypnotisé ses examinateurs. Résultat : une médaille de plus à son palmarès !

Enfin libéré Zébulon se précipite vers son panier, tourne deux fois sur lui-même et se pose langoureusement sur le coussin moelleux. Des oiseaux volent là-haut près des nuages et le narguent mais repu il les laisse à leurs jeux et semble somnoler.

Tomcat-marin ainsi était-il désigné dans les registres de la Royal Navy. Combien de rats avait-il débusqués au fond des cales du Tilbury voguant sous pavillon de sa Majesté le Roi ? Et ce prisonnier mis aux fers à qui il apportait parfois ses proies afin qu’il survive… Tommy ? Oui, Tommy arrêté dans les colonies et rapatrié en Angleterre pour y être jugé. Dure la vie de marin. Tomcat en aurait eu des tempêtes ou des batailles à raconter.

Zébulon s’étire, baille… Les toits de Paris et leurs nombreuses chambres de bonnes que parfois il squattait, les moineaux moqueurs qu’il guettait, patient… il avait aimé cette vie de Titi libre comme l’air…

Il a chaud soudain et pourtant frisonne. Dans les flammes du bûcher, lui et Téniem, la sorcière, suffoquent. Et pourtant qu’avaient-ils fait de mal ? Jusqu’au bout Téniem n’eut de cesse de maudire ses tortionnaires et lui, Azoum, de pousser un cri à glacer le sang de tous ces gens venus se repaître du spectacle.

Un regard vers Annabelle le rassure, à présent il est bien Zébulon, chat de concours. Zébulon qui ne connaît plus que la pauvre herbe du parc situé au pied de l’immeuble et dans laquelle il peut parfois gambader quand sa maîtresse donne du mou à la laisse.

Se vautrer dans une immense prairie, boire à même une flaque d’eau après l’averse, laper le lait tout frais tiré du pis d’une vache, mettre bas dans la bonne odeur d’un fenil garni de frais, s’amuser des souris grises… elle était douce sa vie chez la mère Michel… mais quel traître ce père Lustucru !

Zébulon quitte son panier, saute dans le divan et en ronronnant de plaisir vient se blottir tout contre Annabelle qui doucement le caresse.

Que sera-t-il dans une prochaine vie, lui, Zébulon, chat du vingt-huitième ?

--------------------

 Pour Miletune (clic)

Voir les commentaires

Publié le 17 Février 2013

A…             Lilou ; Dan ; Josy ;

Cc..

Cci...

Objet          déménagement

------------------------------------------------------------

Mes chéris,

d’emblée je vous rassure, je ne vais pas vous encombrer, ni accaparer votre temps.

Depuis le décès de votre père, il y a deux ans déjà, j’avais le projet de changer de cadre de vie et d’aller vivre au bord de la mer. Lors de vos visites, j’ai tenté de vous en parler mais vous sembliez prendre mes désirs pour une vague lubie ou pour un éventuel problème en plus dans vos vies familiales et professionnelles surchargées.

Alors voilà, je me suis prise en mains comme depuis tout petits je vous ai incités à le faire pour avancer en toute autonomie dans la vie. J’ai déniché un appartement à La Panne et trouvé un locataire pour la maison.

Avec l’aide d’Amaury, mon jeune voisin, j’ai vidé la maison et organisé mon déménagement. Tout s’est déroulé parfaitement et depuis hier je suis enfin installée non loin de la plage. Sachez que comme toujours, je vous accueillerai tous avec la plus grande joie.

Donnez-moi de vos nouvelles.

Je vous embrasse tous et vous tiens bien au chaud au fond de mon cœur,

 

Maman

 

P.S : nouvelle adresse : Avenue de la Dynastie 3 - 8660 De Panne

--------------------------------------

Pour Mil et une (clic)  --  Photo Cl. Boucher (clic)

Voir les commentaires

Publié le 14 Février 2013

    J’en peux plus ! C’est de sa faute aussi à Bryan, toujours à vouloir innover, à ne pas faire les trucs comme tout le monde. Zuuu-ttte ! Mon talon gauche s’est détaché de ma chaussure. Ah ! J’ai l’air malin, clopin-clopant dans la gadoue, en plus j’y vois rien de rien dans ce bled perdu. Et ce vent froid de février qui s’immisce partout, sous ma jupe, dans mon cou, dans mon dos. Faut dire que pour l’occasion j’ai fait léger question vestimentaire. Vivement un bon bain chaud !

Parole, il ne m’y reprendra plus de sitôt le Bryan.

Pause ! Je vais réessayer le portable. Pas encore de réseau ! Mais dans quel trou reculé il m’a emmenée, Bryan ? Allez, avance ma fille tu n’as pas le choix ! Le choix, tiens, tu l’avais tout à l’heure et tu as suivi cet illuminé. Bravo, vraiment bravo ! Voilà, j’éternue, le rhume n’est pas loin. Tu parles d’un septième ciel !

Et comment je vais expliquer cela aux secouristes, moi ! Saint Valentin, balade en amoureux… Pour sûr, ils vont bien rigoler à nous imaginer dans le feu de l’action, seuls dans cette voiture pourrie. En voilà encore une lubie à Bryan cette collection de vieilles américaines pour épater la galerie. Il se prend pour James Dean, tu parles d’un trip à l’ancienne ! Années cinquante qu'il m'a dit ! 

Hi ! Hi ! James Dean ! Je ne devrais pas rigoler vu les circonstances. Hi ! Hi ! C’est plus fort que moi. Bryan-James faut dire qu’il n’est pas désagréable et qu’il sait y faire quand il veut. Mais là, nous étions un peu à l’étroit dans le grand bac. Même pas de sièges-couchettes, tu parles d’une voiture de luxe ! Il s’est tellement contorsionné le Bryan que j’ai entendu un petit "crac" et il s’est figé le souffle coupé. "Mon dos, mon dos ! Je me suis coincé une vertèbre, j’sais plus bouger !"

Me rhabiller en vitesse, faire le tour de la voiture, recouvrir Bryan quasi nu comme un ver de sa veste et m'installer au volant. Bingo ! Evidemment, la batterie était morte. Les phares et le plafonnier allumés, brillante idée de mon amoureux.

Ah ! J’aperçois une maison éclairée. Il était temps, je suis épuisée et toujours pas de réseau. De quoi j’ai l’air ? Pour qui ils vont me prendre ? Vivement mon lit !

 Gloups ! Il faut sonner.

Ne me parlez plus jamais de la Saint Valentin, foi de Valentine !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°       

Voir les commentaires

Publié le 9 Février 2013

Doucement une première cloche part en volée, d’autres s’ébranlent elles aussi et leurs battants viennent à leur tour frapper l’airain. Les notes s’élèvent dans le beffroi mais les abat-sons les font joyeusement se rabattre vers la ville.

Au bar « Le Matelot », la voix d’Otis Redding se perd dans le brouhaha tandis que Yannick d’un geste preste emplit deux verres d’une bière mousseuse qu’attend, assoiffé, un couple de touristes attablés en terrasse.

Un souffle de brise fraîche parcourt la ruelle et Juliette, un cabas bien garni dans chaque main, frissonne malgré la vivacité de ses pas et son inquiétude de louper le train de onze heures douze.

« Que tu es frileuse ! »

La voix sarcastique de son ex-mari résonne à nouveau dans sa mémoire.

« Basta ! »

Derrière le comptoir de « L’Inca » Irène se morfond. Elles sont belles pourtant ses tomates et juteuses ses nectarines mais comment faire concurrence au marché hebdomadaire de la Grand-Place ?

Au 56, dans un des minuscules kots du troisième étage, Nicolas, étendu sur son lit, révise son cours d’anatomie en fantasmant sur la peau dorée de la jolie Gaëlle, si distante, si lointaine. Sent-elle l’abricot ?

Une autre Gaëlle, mignonne elle aussi, slalome tant bien que mal avec sa chaise roulante entre les piétons et les divers obstacles parsemant les pavés ronds.

Quand la ville sera-t-elle plus accessible à tous ?

Ses pensées rejoignent celles d’une mamie se débattant avec les roues d’une poussette dans laquelle gigote son petit-fils.

Derrière une fenêtre entrouverte laissant pénétrer dans l’appartement une odeur tenace de cuisson de gaufre, une tricoteuse vigilante compte et recompte ses mailles ; bientôt elle entamera les diminutions. A ses pieds, Mousty, son vieux chat tigré baille en s’étirant d’aise.

Un homme pressé bouscule abruptement Jacky qui, le nez le nez en l’air, admire la façade du musée des masques. Pas un mot d’excuse. Jacky secoue la tête et ses cheveux bouclés tressautent d’indignation.

Une jeune maman portant son bébé en écharpe contre sa poitrine le soutient et le protège de ses deux mains. A son épaule gauche, son sac entrouvert offert à tous les regards se balance mollement.

La main leste d’un quidam y saisit le portefeuille et l’enfouit sous son pull au moment où l’inspecteur Mambo satisfait de prendre sur le fait le pickpocket qui sévit en ville depuis une semaine arrête d’autorité son geste.

Le carillon termine son refrain ; dans moins d’une heure, il marquera à nouveau la fuite inlassable du temps.

Le soul d’Otis Redding reprend possession du bar. Yannick fredonne, les pensées perdues dans ses vieux rêves américains.

Un portable sonne, un enfant éclate de rire, des gens s’interpellent.

La ruelle a retrouvé ses bruits familiers.

 *********************************************

Voir les commentaires

Publié le 7 Février 2013

A quoi bon retrouver le jour et l’heure ? Tant de temps s’est écoulé depuis.

A quoi vous servirait de connaître mon emploi du temps, savoir si j’ai repassé du linge entassé dans une corbeille, fait le plein de la voiture ou préparé du potage ? A quoi ?

Détailler les quatre heures passées à pointer des plateaux-repas, à servir des bières, des cafés ou des glaces dans le brouhaha du coup de feu serait à mes yeux si dérisoire. Et le livre que j’ai tenté de lire en vain …

Pourquoi vous dire la nuit passée à veiller la petite enfiévrée ou vous dépeindre le petit matin pluvieux ? Pourquoi ?

Pourquoi, pourquoi ? Ces mots martelaient sans cesse mon esprit, prenaient toute la place, m’aveuglaient d’une brume cotonneuse.

Et la rage, comment vous faire mesurer la rage qui couvait en moi comme la lave d’un volcan ? Et la révolte submergeant toute la cruauté de ce monde hyper informé.

Je savais, nous savions tous. Comment échapper au voyeurisme, à la dérision de nos moyens face aux catastrophes naturelles ?

Nausée et honte, voilà le souvenir de ces jours de lente agonie filmée en direct.

Son agonie à elle, Omayra Sanchez, jeune colombienne prisonnière d’un torrent de boue.

--------------------------------------------------- 

Voir les commentaires

Publié le 3 Février 2013

    - Pourquoi toutes les filles tournent autour de moi ? Ca m’énerve ! Si tu savais comme ça m’énerve…
 
Il avait douze ans, Bjorn, quand il m’a dit cette phrase.
Je ne l’ai jamais oubliée.
Bjorn, c’est mon ami.
Bjorn, c’est mon amour.
Depuis la maternelle, nous sommes inséparables, un vrai petit couple aux dires de nos parents.
 
Et le temps a passé et les filles ont continué à tenter de le séduire. Bjorn, si beau, si différent de tous ces garçons quelconques ne les voyait pas.
- Je suis bien auprès de toi, Méline. On se comprend sans se poser de question, me soufflait-il souvent dans l’oreille quand il m’accompagnait en ville pour faire les boutiques ou s’attabler à une terrasse ensoleillée.
Et, avec lui à mes côtés, j’étais heureuse.
 
99662895_2cf6404b7c.jpg  Aujourd’hui, je le suis toujours. Oui, au plus profond de moi, je suis bien.
 
Bjorn, mon ami, mon amour ne se cache plus derrière les apparences et depuis un an, il partage avec bonheur la vie de Simon.
Bjorn est mon fidèle ami et mon impossible amour.
 
Il le sait et je l’aime et l’aimerai toujours !

 

 

 

 

---------------------------------------------

 

Voir les commentaires

Publié le 31 Janvier 2013

Wrestling_pictogram_svg.png                         Si elle pense m’impressionner avec sa voix rauque et son port de grosse brute, elle peut aller se rhabiller la Costaude des Epinettes, ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va faire la loi. Du tranchant de la main, elle m’assène un coup derrière l’oreille et prestement se retourne, la jambe droite dressée mettant en valeur une jolie botte en cuir rouge. Furieux, je prends mon essor, la bascule sur le sol et l’empêche de se mouvoir. Yeux dans les yeux, nous nous défions et je ne peux m’empêcher de siffloter un petit air à l’accent ironique. L’effet est nul, elle s’enferre dans sa certitude d’être la plus forte et avec une rapidité de tigresse plante ses jolies dents blanches dans mon avant-bras. Sous l’effet de la douleur je relâche mon étreinte et me retrouve plaqué à mon tour sur le dos. Pas le temps de me morfondre, je veux gagner le combat et d’une rotation avisée je me retrouve sur les genoux. Nous nous agrippons par les épaules et nous tentons de nous relever sans lâcher prise ; une crampe malencontreuse dans le mollet gauche me dessert en faveur de la Costaude des Epinettes  qui rugit de sentir son triomphe à portée de main. En rage, je l’imagine déjà faire la relation de ses exploits à ses amies et cette idée insupportable me fait oublier la douleur. J’opère alors un déboulonnage en règle en la faisant tourner comme une toupie. Ce n’est pas parce que c’est une fille qu’elle va obtenir des faveurs dérogatoires, elle veut se battre et elle assume très bien, trop bien même à mon goût.
D’un "sus au dragon vert " elle retrouve l’équilibre et me tord le bras avec force tout en enfonçant traîtreusement ses ongles dans ma chair juste au moment où Maman me permet de sauver la face en mettant fin au combat d’un "Qui va à la boulangerie ? "
 
- Pas moi ! lance la Costaude et elle énumère les raisons de son refus : premièrement, deuxièmement… sixièmement..
 
Je ne l’écoute pas, elle a toujours les arguments adéquats. M’en fiche, avant de rentrer je passerai chez le confiseur histoire de remplir mes poches de friandises. Elles sont bêtes les quilles à la vanille ! Costaude des Epinettes et puis quoi encore ?
C’est Moi le plus fort !
 
 
 

Voir les commentaires

Publié le 26 Janvier 2013

 

Pour miletune (clic)

  

Je n’en crois pas mes oreilles !

Hier nous avons enfin emménagé tous les deux dans notre petit nid. Il m’a même prise au creux de ses bras pour franchir le seuil, comme pour faire la nique à tous ces clichés sur le mariage.

Hier, il était amoureux, prévenant, drôle, heureux de se blottir contre moi.

 

Non, je n’en crois pas mes oreilles !

J’espérais une trêve, une lune de miel, une grasse matinée calîne, un petit-déjeuner en amoureux, une promenade main dans la main…

 

Cinq heures du matin et il est déjà debout.

Je l’entends qui monte et descend l’escalier métallique les bras chargés de caisses. Le virus a tôt fait de le rattraper…

 

M’en fiche, m’en contrefiche ! Me blottir sous la couette, boucher mes oreilles, l’ignorer.

 

Pourquoi, mais pourquoi suis-je tombée amoureuse d’un brocanteur du dimanche ?

 

!cid 3BEB933268E946C79C781AB9037DCCD6@AdminPC 

 Source Photo (clic)

Voir les commentaires

Publié le 22 Janvier 2013

 
              
       Un matin de plus Séki se réveille en sueur, le teint blême et la nausée au bord des lèvres. Ses yeux à peine ouverts les questions fusent : " Maudit rêve que me veux-tu ? Quand cesseront les tourments dans lesquels tu me plonges depuis de nombreuses nuits ? Pourquoi t’en prends-tu à moi, je ne suis qu’une jeune fille seule et sans histoire "
Séki se lève, se penche à la fenêtre et respire profondément l’air frais de la vallée mais toujours les mêmes images la taraudent. A qui en parler ? Certes le château du Roi grouille de vie, chaque tour et tourelle abritent quantité de personnes, cela n’empêche Séki de se sentir bien isolée et désarmée. Comment décrire à tous ces gens pressés et indifférents le songe dans lequel lui apparaît une étrange femme accoutrée de manière singulière et coiffée d’un chapeau pour le moins extravagant ? Et les mots énigmatiques prononcés par sa bouche tombante, seule partie mobile de ce visage quasi momifié et marqué d’étranges signes, oui, ces mots " J’ai besoin de vous " comment les confier à quiconque ?  Ce n’est qu’un rêve, un mauvais rêve "
  
Séki se secoue, fait ses ablutions et déjà la fougue de sa jeunesse éloigne d’elle le malaise dû à son cauchemar récurrent. C’est que le travail ne manque pas aux archives du royaume délaissées depuis des lustres et des lustres et, chose rare en ces contrées, Séki élevée en province par des parents érudits sait parfaitement lire, écrire et parler en plusieurs langues. Choisie parmi cinq prétendants venus de tout le pays elle a été désignée voici trois lunes  "Archiviste des Édits Royaux, Livres et Autres Documents "
 
--------------------------------
 
Quand elle arrive dans la salle basse du donjon entièrement réservé à l’archivage, Séki est envahie de bonheur. Sentir l’odeur particulière du papier et des reliures en cuir crée en elle un émoi presque aussi fort que celui ressenti lorsque, par hasard, elle croise dans un couloir le jeune écuyer Akkmarr attaché au service du Roi.
En cette matinée, Séki, irrésistiblement attirée par un vieux coffre aux ferrures rouillées, décide de s’occuper des documents qui y sont entreposés. Il lui faut lire, répertorier, traduire parfois, puis ensuite classer chaque texte, dossier ou livre de manière scrupuleuse et soigneuse. La jeune fille apprécie ce travail de longue haleine et, plongée dans les manuscrits, elle oublie ses soucis. Le temps passe rapidement et Séki sursaute en entendant le son de la cloche invitant au repas.
 
"Déjà le milieu du jour ! " En se levant du tabouret recouvert de fourrure elle accroche par mégarde un gros livre vert qui chute lourdement sur le sol carrelé et s’ouvre sur une illustration. Surprise ! La dame qui hante ses nuits y figure à l’avant plan d’un château en tous points semblable à la demeure royale. Intriguée Séki ramasse le livre mais au moment où elle le repose sur la table son pouce droit touche la représentation de la femme qui à ce contact quitte subitement la page et flotte dans l’espace.
 
"Merci Damoiselle ! Me voilà enfin délivrée " La voix a exactement les mêmes intonations que celle des rêves de Séki qui reste coite de stupeur face à ce spectre inquiétant. En se dodelinant légèrement la dame poursuit son discours…
" Je me nomme Hallilas et voici trois siècles mon jeune époux Guron et moi-même habitions ce château. Tous deux au service du Roi et de la Reine nous connaissions le vrai bonheur. Hélas, il fut de courte durée. La Reine mariée contre son gré à un époux âgé et bougon s’épris de mon aimé. Elle manœuvra et louvoya avec tant d’adresse que mon cher Guron suivit aveuglement son sillage et me délaissa.
Point entièrement satisfaite de ce succès la Reine convoqua ses couturières et leur fit exécuter une horrible tenue qu’elle me força à enfiler sitôt terminée. J’en devins la risée de la cour, nulle moquerie ne me fut épargnée et Guron pris de remords d’avoir succombé aux charmes de sa souveraine se pendit à une haute poutre. La jalousie de la Reine à mon égard se mua alors en haine et, folle de douleur et de rage, elle me fit jeter un sort par un sorcier à sa solde. Depuis ce temps, je végète dans ce livre maudit mais par bonheur, Damoiselle, vous êtes survenue et peu à peu, si vous m’y aidez, je vais reprendre apparence humaine "
 
--------------------------------
 
Bouleversée Séki n’a pas perdu un seul mot de ce récit et son regard parcourt le visage livide de Hallilas. La proximité des deux femmes lui permet d’en observer avec attention les signes étranges. Étranges oui, mais pas étrangers à sa mémoire. Hormis dans ses rêves où, mais où, les a-t-elle déjà vus ?
Un silence pesant s’installe dans la pièce. En se balançant de plus belle le spectre semble attendre une question émanant de Séki. Mais la question tarde et Hallilas devient à chaque seconde qui passe plus translucide.
 
" Voulez-vous m’aider ? Je voudrais tellement revivre une vie normale et, qui sait, ressentir à nouveau le sentiment d’amour " La voix de Hallilas est faible, geignante quand elle parvient aux oreilles de Séki. Comment résister à une telle demande ?
" Que dois-je faire ? »"s’entend-t-elle clairement prononcer.
" Pour annuler le sort maléfique il suffit de me débarrasser de ma coiffe. Mes bras sont si faibles que seule je n’y puis parvenir "
 
Hallilas incline la tête dans un geste d’invite. Les bras de Séki se tendent, ses doigts touchent l’énorme chapeau et dans une fulgurance elle se souvient du vieux mage ami de ses parents, de son grimoire, des signes. Elle sait qui est cette femme au nom de Hallilas. Elle comprend que nul mensonge et turpitude n’ont effrayé cette redoutable Gardienne Des Secrets pour accomplir sa mission. Fidèle au serment tatoué à même sa peau elle veille à éloigner tout curieux des secrets et documents magiques.
 
Mais déjà au contact du tissu ensorcelé l’esprit de Séki s’évapore et son corps évanescent se dilue dans l’atmosphère. Déjà, la Gardienne Des Secrets réintègre le livre vert qui mystérieusement rejoint la malle. Tout se fige.
 
Silence ! La salle basse du donjon des archives a retrouvé sa quiétude.
 
 
 -------------------------------------------------------------------------

Voir les commentaires

Publié le 17 Janvier 2013

 

       Vous allez trouver mon geste puéril, mais moi, je peux vous assurer qu’il m’a fait un bien fou. C’était comme si je réussissais enfin à me libérer des liens tenus mais pervers qui me liaient à mon frère. Il faut dire que durant presque trente ans, Jean-Sébastien m’en avait fait baver jour après jour.

 

Depuis ma naissance ou peut-être même bien avant, quand j’étais dans le ventre de ma mère, j’ai ressenti son hostilité sournoise, latente, toujours prête à combattre pour qu’il puisse maintenir sa place de favori dans le coeur de nos parents. Lui l’aîné, l’Aiglon, celui qui porte les mêmes initiales que ses ancêtres mâles, celui qui perpétue le nom, s’est toujours conduit en héritier incontestable. Je l’ai de tous temps connu manipulateur, arriviste, prêt à n’importe quelle ruse pour attirer l’attention sur sa personne et me dénigrer, moi, l’artiste.

 

Quand nos parents ont péri ensemble dans un accident d’avion, c’est à peine s’il a montré un soupçon d’émotion, trop affairé et heureux de pouvoir prendre enfin la direction de l’entreprise familiale. Si je ne m’étais pas défendu bec et ongles, il m’aurait, sans un remord, spolié de ma part d’héritage avide qu’il est de puissance et de réussite. Dans ses nouvelles fonctions, il s’est d’ailleurs comporté plus que jamais en despote, à croire que sa devise est de diviser pour mieux régner. A partir de cette période j’ai espacé les contacts avec lui et je suis parti vivre dans une autre ville.

 

Depuis, pour accroître son pouvoir, il s’est lancé dans la politique et il n’est pas rare de l’entendre dans les médias tenir des discours mielleux. Alors, tout à l’heure à la gare, quand j’ai vu sa photo à la une d’un quotidien, je n’ai pas pu m’empêcher d’en acheter un exemplaire. Assis sur un banc, j’ai découvert son nouveau style : costume trois pièces, coupe de cheveux juste assez indisciplinée pour lui donner un petit air familier, lunettes branchées, il avait tout d’un homme affable et responsable. Mais c’est en lisant la légende sous la photo que le fou rire a déferlé en moi, irrépressible, foudroyant. Pensez donc, elle disait ceci : J.-S. C., le Pacifique, notre député toujours en action.

 

5751990081_2708a9678d.jpgLe Pacifique ! Et avec une majuscule en plus ! Lui, un pacifique, lui qui se complait dans la zizanie ? C’est vraiment n’importe quoi. Pourquoi pas le futur prix Nobel de la Paix tant qu’à faire ? Je l’imaginais fier comme un paon à la lecture de tels qualificatifs et rien que d’évoquer son sourire suffisant, celui avec lequel il me toisait lorsque nous étions enfants, je hoquetais de plaisir sous les regards des voyageurs intrigués par tant de bonne humeur. C’est à cet instant que j’ai accompli le geste libérateur, j’ai déchiré sa photo et je l’ai réduite en confettis que j’ai enfouis parmi les déchets dans la première poubelle venue.

 

Toujours en riant, mais enfin vengé de mes années de galère familiale, je suis monté dans le train qui venait d’entrer en gare et j’ai laissé le Pacifique derrière moi, là, sur le quai, juste en dessous d’un papier de bonbons.

 

 -----------------------------------------------------------

 

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le 12 Janvier 2013

 Honore-Daumier.jpg
 
"L'avocat c'est quelqu'un qu'il faut voir avant pour éviter les ennuis après ! "
C’est ce que disait la pub émanant du barreau et, entrepreneur novice, j’avais suivi ce conseil judicieux.
 
Maître Robillard, jeune avocat spécialisé dans les affaires commerciales et internationales, m’avait reçu pour un premier rendez-vous. Son air ouvert et jovial avait confirmé mon choix : j’avais face à moi l’homme qui allait me permettre de louvoyer sans anicroches dans le monde des loups et des hyènes.
Peu à peu mon entreprise prenait de l’ampleur et le marché mondial s’ouvrait à mes ambitions.
Hong-Kong, Tokyo, New-York, Dubaï, Sydney… voyager devenait indispensable pour élargir mon panel de clients potentiels.
 
J’avoue que je prenais goût à cette vie. Souvent entre deux avions, deux rendez-vous ; toujours à la recherche de l’idée originale, du must des mois à venir, je pouvais compter sur la compétence de mon épouse Anne pour la gestion journalière de l’entreprise et sur Eric, maître Robillard, pour démêler les arcanes des lois internationales et établir des contrats avantageux.
 
Tout fonctionnait pour le mieux et ensemble nous prospérions. L’entreprise était une référence sur le marché au même titre que le cabinet de Maître Robillard qui s’était étoffé de quelques pointures du barreau. Mes costumes désormais de bon drap étaient bien coupés et la toge d’Eric n’était plus d’un noir douteux mâtiné de roux comme sa chevelure flamboyante qui le distinguait dans une assemblée. Et pourtant…
 
Et pourtant, je n’ai rien vu venir ! Rien, si ce n’est un adorable poupon copie conforme de mon avocat. Il me reste à régler un divorce à l’amiable en essayant de préserver au mieux ma société.
 
De cette mésaventure je retiens une leçon : malgré ce que dit la publicité, les loups se transforment parfois en pigeon !
 
Il me reste à trouver un bon avocat !
 
 

Voir les commentaires