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Publié le 5 Juin 2017

- Et pourquoi pas un karaoké ?

- Ouais, chouette idée !

 

Tous les potes se sont retrouvés le 25 à 21 heures chez Billie, rue d’Harscotte. Quand Léa est arrivée à son tour, les yeux bandés et guidée par Julie, tout ce petit monde a entonné "Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, Léa, joyeux anniversaire !"

Léa, ravie, a découvert le lieu dédié à la musique, au chant, à la convivialité.

 

Marine a scandé : Giova, une chanson ! Giova, une chanson ! Suivie aussitôt par les copains soulagés de n’être pas le premier cobaye à se présenter micro à la main sur la petite estrade.

Giovanni, très sérieux, a feuilleté le catalogue de karaoké et toujours aussi sérieux a entonné une chanson italienne à vous arracher les larmes des yeux. Applaudissements !

 

Marie encouragée par ce premier succès s’est risquée à une parodie-medley des succès de Chantal Goya. L’assemblée a embrayé au premier couplet et s’est retrouvée instantanément sur les bancs de l’école maternelle. Heureuse régression sans aucun complexe. Mission réussie.

 

Comédies musicales, hits oubliés, numéro un mondial, chansons cultes ou à la guimauve se sont succédés avec plus ou moins de bonheur entre papotages et tournées servies par Billie.

 

Léa ! Léa !

La reine de la fête a chuchoté un nom, un titre. Tous se sont tus, surpris par la voix puissante et juste de leur amie. En face d’eux, Adèle et son Someone Like You prenait possession de l’espace.

Léa, paupières closes, était toute à la musique.

 

Dès la dernière note, les bis ont retenti scandés par un tintamarre de chaussures cognant le plancher. Léa, un peu étonnée de son succès ne s’est pas fait prier et a repris la chanson.

 

Mais pourquoi avait-elle aperçu une lueur navrée dans le regard de son amie Julie, son éternelle complice et pourquoi certains affichaient-ils un sourire ironique ?

 

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Les réponses à ses questions ont surgi, inattendues, le lendemain de la fête.

Sur les réseaux sociaux circulait une vidéo intitulée "Comment saccager son idole en 4’44'' chrono" se moquant du déplorable accent anglais de Léa.

Qui l’avait postée ?

Léa, blessée, pensa à Brice son ancien amoureux évincé et rancunier…

 

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Malaise, regards fuyants, fausse compassion, rires s’éteignant dès qu’elle apparaissait... Léa fit rapidement le tour de ses vrais amis et toujours elle put compter sur leur soutien.

 

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Un an an s'est écoulé depuis cette soirée d’anniversaire. Léa resplendissante se saisit du micro et dans une interprétation parfaite donne une nouvelle vie à la chanson d’Adèle.

Piquée au vif dans son amour propre la jeune femme a suivi avec succès une formation accélérée en anglais et dans la foulée a décroché grâce à elle son premier boulot.

 

Quelques fois, les moqueries font des merveilles…

 

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Pour Mil et une en mai 2014 - clic - - source image - clic

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Publié le 10 Mai 2017

Mil et une nous proposait cette superbe peinture d'Emile Claus que j'ai eu le bonheur d'admirer au musée de La Boverie à Liège. Voici ce qu'elle m'a inspiré...

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Lisa s’assied sur le banc à l’ombre du buisson. Quelques lignes de tricot et imperceptiblement elle s’éloigne du quotidien. Pourtant, le roucoulement répétitif d’une tourterelle la déconcentre finalement des mailles à compter et du motif à répéter. Le bourdonnement des insectes, chœur joyeux de l’été, semble l’inviter à sa suite. Pieds nus, Lisa se rend à la limite de la pelouse, là où une petite clôture sépare l’herbe du potager.

Avec une pointe d’émotion inattendue, elle observe Emile, son vieux compagnon de route, sarcler à reculons les carrés de légumes. Ses gestes semblent précis et le va et vient de l’outil élimine les mauvaises herbes sans pitié.

Epinard, céleri, petits pois, haricots, courges de toutes sortes, poireaux, carottes…

Quelle opulence ! Jamais nous n’arriverons à consommer tout cela !

Lisa hausse les épaules. Peu importe, les voisins, les amis, profiteront eux aussi de légumes tout frais et cultivés sans produits chimiques. Emile se sent si bien les sabots aux pieds dans la terre brune et c’est le plus important.

- Emile, je rentre préparer le dîner. Peux-tu récolter deux bonnes poignées de haricots et me les apporter ?

Emile sursaute, relève la tête, l’agite de haut en bas.

- Oui, oui ! fait-il en direction de Lisa.

Lisa soupire, ne peut réprimer une grimace, moue entre le sourire et les pleurs puis elle s’empresse de ramasser son tricot, d’enfiler ses mules et de rentrer.

Le chat miaule, se frotte à ses jambes attiré par l’odeur de la viande qui mijote dans la cocotte.

- Ecoute, voilà ton maître. L’entends-tu, il enlève ses sabots ?

Le chat, indifférent au jardinier, sort au soleil, l’heure de son repas n’a pas encore sonné.

Dans l’ombre de la cuisine Lisa observe à nouveau Emile, ce géant musclé, planté hagard sur le seuil, un pot de fleurs sur le bras. Pas de haricots en vue… évidemment… il a oublié… une fois de plus…

- Rentre, Emile, le repas est prêt ! Oh, merci pour ta gentille attention. Ces fleurs sont d’un rouge si vivant. Je pose le pot sur le guéridon, regarde comme c’est joli.

Sur la table, un plat fumant de haricots parfumés d’ail est prêt à être dégusté.

Ce matin, à l’heure de la rosée, alors qu’Emile dormait encore, Lisa les a récoltés au potager faisant fi du claustra invisible qui la sépare désormais de lui.

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Publié le 2 Mai 2017

Le temps inexorablement s’écoule

Il n’a nul besoin de remontoir

Passants éphémères nous le traversons

Et pour un moment, un moment seulement

Il nous gratifie d’une parcelle d’éternité

 

La modiste s’empresse, il y va de son renom

Ajuster une plume, piquer une ganse de velours

Donner un volume gracieux à un bibi est son quotidien

Qu’importe la nuit passée à s'activer sous une lueur parcimonieuse

Madame, sa cliente, ne peut souffrir le moindre retard

 

Vite, vite ! Elle relève sa robe pour se faufiler entre les calèches

Ne pas glisser sur le sol gras, éviter le crottin

Qu’un balayeur des rues inlassablement recueille

Remarque-t-elle le regard égrillard d’un dandy

Émoustillé par la blancheur de son jupon de dentelle ?

 

Le temps inexorablement s’écoule

Les équipages ont laissé place aux automobiles

Et les feux tricolores régissent les passages cloutés

Mais toujours les gens se hâtent vers quelque but

Demain, déjà, est à leur porte

 

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Pour Mil et une en mai 2015 - clic  --  Peinture Jean Béraud - Montage photo Halley Docherty - clic

Superbe vidéo d'Emma, elle me bouleverse à chaque fois

 

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Publié le 23 Mars 2017

Catastrophe !

Titi, j’ai besoin de toi !

Titi, c’est moi et quand mon pote Renaud m’appelle, je suis là !

Depuis, je colle, je recolle et colle encore des autocollants au dos de bouquins. Je n’en ai jamais eu autant en main ni autour de moi. Normal, je suis au salon du livre.

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La dictature diététique

(Je colle)

Pourquoi ces femmes de tous âges et de tous horizons se réunissent-elles chaque semestre en grand secret dans un endroit différent de la Terre ?

Porter de la fourrure c’est porter la mort, scandent les défenseurs des animaux lors d’une manifestation parisienne qui va dégénérer en drame au moment même où dans la savane africaine des braconniers subissent le sort qu’ils réservaient à un groupe de léopards.

Qui a ordonné leur mort plutôt que leur arrestation ? Pourquoi des éléments perturbateurs ont-ils mis le feu à un rassemblement pacifiste ? Qui sont les Félines ?

Shérazade de Miletune nous emmène à sa suite dans une enquête haletante où le mot NATURE s’écrit en majuscules.

 

Les Félines

(Je colle)

Vague ? Vague à l’âme qui lamine tout sur son passage.

Comment un seul coup de blues peut-il à ce point déterminer nos destins ?

Vous ne sortirez pas indemne de cette lame de fond décortiquant toutes les facettes de l’âme humaine - A lire de toute urgence !

 

Oublier la quatrième de couverture !

Un qui va se faire coller, c’est l’imprimeur. Je ne voudrais pas être à sa place…

En attendant, je boulotte, c’est toujours cela de gagné.

 

La dernière vague

(Je colle)

Peut-on éternellement fausser nos sentiments ? Avec finesse Shérazade de Miletune pose ses pions un à un et nous pousse dans nos derniers retranchements. Accepterons-nous de faire partie de sa multitude de personnages et d’entrer dans le roman ?

Ce récit-jeu est un pur délice de subtilité et d’ironie !

 

Mémoire d’un faussaire

(Je colle)

Ne manger que des aliments verts ou orange - Seules les céréales renferment les éléments de notre bien-être - Jeûner dix jours par mois est le summum du nirvâna - Consommez uniquement des repas liquides… Pourquoi certains ressentent-ils le besoin de suivre ces slogans dictateurs qui tentent de régir nos assiettes ?

Sous les dehors d’une enquête scientifique Shérazade nous plonge en réalité dans une folle histoire d’amour, celle de la cuisine et de ces délices.

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Catastrophe, Titi ! Tu as mélangé les quatrièmes de couverture ! C’est pas possible ! Shérazade de Miletune sera là dans un instant pour une séance de dédicace, je vais me faire virer.

 

Renaud n’en mène pas large et moi, je me fais tout petit, petit…

…petit coup d’œil à droite, petit coup d’œil à gauche, les lecteurs manipulent les livres, intrigués, puis les tendent à l’hôtesse. Quatre d’un coup ! Certains les prennent en photo et s’activent sur leur smartphone.

 

Titi, tu es trop top, tu as déclenché un buzz du tonnerre, ces bouquins seront des collector's, je te le promets !

 

Comblée, Shérazade de Miletune n’y a vu que la patte de génie de Renaud son agent.

Moi, j’ai repris le RER et je suis rentré chez ma mère. 

Demain, demain peut-être, aurai-je enfin un vrai boulot ?

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Pour Mil et une en mars 2017 - clic

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Publié le 9 Mai 2015

Sophie Calle - clic

Où pourriez-vous m’emmener ?

A deux enjambées d’ici ou là-bas, loin, si loin ?

Sous quelle latitude voguerions-nous toutes voiles dehors ?

Vers le ponant ou le couchant ?

 

Où pourriez-vous m’emmener ?

Cette destination vous semblerait-elle familière ou redécouverte ?

Vous ravirait-elle, serait-elle à votre aune source de bien-être ?

Ou à son évocation ressurgirait-il des tréfonds de votre mémoire une angoisse larvée ?

 

Où pourriez-vous m’emmener ?

Franchirions-nous des montagnes inhospitalières, des fleuves impétueux ou une paisible plaine ?

Chaleur suffocante, blizzard, météo clémente ? Quel serait le climat ?

Prévoiriez-vous quelques haltes, temps de repos ou d’introspection ?

 

Où pourriez-vous m’emmener ?

Je souhaiterais tellement découvrir avec vous ce lieu magique que fut votre enfance et, pour vous aimer plus encore, m’y imprégner de l’essence même de votre être.

En toute complicité voudriez-vous m’y mener ?

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Pour Mil et une - clic

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Publié le 24 Mai 2014

"Georges Simenon accueille le commissaire Jules Amédée Maigret"

Ah ! Jules Amédée, je suis heureux de vous voir. Installez-vous, mon cher. Non, je ne souffre pas de la chaleur mais je vous en prie, mettez-vous l’aise. …

Jules, je vous connais parfaitement et je m’aperçois que quelque chose vous tracasse. Comment ? Fumer la pipe vous attire désormais des regards courroucés ? Voyons, Jules Amédée, ce n’est pas vous qui allez prendre ombrage du qu’en dira-t-on ! Regardez-moi, personne ne me fait de reproches, bien au contraire les braves gens s’assoient à mes côtés, voire sur mes genoux pour me faire un brin de causette.

Des selfies ? Et bien oui, des selfies avec mes lecteurs ! Il faut vivre avec son temps Jules ! C’est cela qui vous tracasse ? Oui, tout évolue… l’ADN ? Oui, Jules, je connais, et Internet aussi. Tout va trop vite ? Trop de brutalité, de sang ? Allons, mon cher commissaire, vous avez la nostalgie de votre époque mais que diable, mon ami, le monde est toujours aussi passionnant et croyez-moi, d’ici, j’ai tout le loisir d’observer les mœurs des contemporains. J’engrange, Jules, j’engrange…

Et comment va Madame ?

Oh ! Oh ! Jules quelle flamme tout à coup ! Aurais-je titillé l’endroit qui vous chagrine ? Elle espérait prendre quelques jours de repos à Cannes ? En plein festival, avouez, ce n’est pas à recommander. Oui, oui, je le reconnais, votre épouse a du caractère sous son aspect effacé !

Et ? Et.. ? Ne me dites pas qu’elle ressent soudain le désir d’être sous les feux des projecteurs. Si ? Que je lui explique pourquoi vous n’apparaissez pas dans "La chambre bleue" ? Mais Jules Amédée vous avez plus de cent autres récits à votre actif. Non, commissaire, bien qu’auteur je n’ai aucune influence sur le choix d’un réalisateur. Allons, cher ami, souriez, nous sommes filmés par des touristes japonais !

Qui sait, peut-être serais-je invité au Palais des Festivals le soir de la remise des César. Promis, Jules Amédée, je vous raconterai !

Remettez mon bonjour à Madame Maigret…

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"La chambre bleue" de Georges Simenon

Film de Mathieu Amalric en lice au Festival de Cannes - clic

Banc George Simenon de l'artiste Roger Lennertz - Liège - Photo Mil et une - clic

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Publié le 20 Janvier 2014

- Gilles, bon sang t’endors pas, écoute ! Tu les entends ? Sûr, ils arrivent, t’endors pas.

- J’entends rien, laisse-moi… c’est doux, j’ suis bien…

- Essaie de te glisser contre moi, nous aurons plus chaud, moi, j’ peux pas bouger.

- Aie … arrive pas ... soif, ma gorge brûle…

- La gourde, là, à ta droite, tends le bras… Gilles, je t’en supplie réagis, t’endors pas !

- Mmm…

- Les secours arrivent, écoute les chiens… et l’hélico, tu l’entends, Gilles, tu l’entends ?

- … entends des cloches … soif …

- Ouais ! Des cloches comme celles du Beffroi... Dis-moi, tu te souviens de nos virées dans les cafés de la Grand-Place... et du jour où nous avions dragué ce groupe de touristes espagnoles ?

- Vois … Martine … elle rit comme avant et même... elle danse … je .. je cours la rejoindre.

- Merde ! Gilles ne me laisse pas, écoute mieux je te dis... Gilles, réponds-moi…

- Pour … pourquoi elle danse ?

- C’est de bonheur, mon vieux, elle te retrouve enfin … Gilles ???... Gilles, je t’en supplie, ne t’endors pas, tu as raison, son rire résonne ! C’est elle, elle s’approche, regarde comme elle est belle dans sa robe légère, on dirait une fée et puis elle chante, sa voix tinte comme du cristal.

- Mmm, tes bras… serre-moi … je t’aime…

- Elle t’aime aussi Gilles. La preuve, elle est venue de si loin, juste pour toi. Tu avais raison, Martine est formidable, elle ne pense qu’à toi.

- Doux … bien ..

- Gilles ? Gilles ?... écoute...

Une chanson douce

Que me chantait ma maman

En suçant mon pouce

J’écoutais en m’endormant.

Cette chanson douce,

Je veux la chanter pour toi,

Car SA peau est douce

Comme la mousse des bois. clic

Le bruit du moteur de l’hélicoptère résonne enfin contre les parois et me sort de ma torpeur. Mes yeux brûlants fixent les aiguilles cassées de ma montre. Depuis combien de temps sommes-nous là ?

- Gilles, mon ami, as-tu résisté à son appel ?

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image : couverture du livre "La grammaire est une chanson douce" Eric Orsenna clic 

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Publié le 5 Janvier 2014

          Chez madame Félix ça sent le miel et la cire, chez madame Félix il fait calme et gris et triste aussi. Madame Félix c’est la voisine du dessus, c’est elle qui me garde après l’école quand maman doit travailler tard à la blanchisserie et que papa conduit son taxi jusqu’à minuit. Ces jours là, je traîne en rue avec mes copains puis je passe chez nous pour nourrir le chat et je joue un moment avec lui avant de me décider à rejoindre l’étage.

Maman, elle est gaie et souriante, elle aime chanter et me cajoler. Papa dit que c’est son petit rayon de soleil. La voisine c’est pas pareil, elle est triste comme un jour sans pain. J’ai entendu papa la traiter de tuelamour. Tuelamour, je ne sais pas ce que c’est mais ça ne sonne pas bien. Madame Félix elle s’appelle madame mais elle n’a pas de mari. Enfin pas un vrai, seulement un monsieur figé dans un grand cadre, un homme avec une énorme moustache et un regard sévère. Un jour elle m’a confié que la canne à pommeau et le chapeau posé sur la chaise près de la porte du salon appartenaient à Feu son mari et qu’avant de partir pour le front il avait insisté pour qu’elle en prenne soin. Depuis, il lui semblait que Feu allait surgir et l’emmener en promenade. Parfois, je vois qu’elle a pleuré comme quand elle avait raconté à Maman que Feu lui avait promis la belle vie mais que la guerre avait fauché tous ses espoirs.

Feu, c’est un prénom bizarre. Moi, c’est Gaspard comme le plus jeune des rois mages. A Noël, Madame Félix m’a raconté leur histoire avec l’or, la myrrhe et l’encens et l’étoile aussi. Je pense qu’elle aimerait qu’un roi sonne à sa porte, un qui lui apporterait des cadeaux…

Mes devoirs sont terminés, le goûter est déjà loin et maman n’est toujours pas rentrée. Dans la cuisine madame Félix prépare le repas et je m’ennuie. Du haut de son cadre Feu me regarde et moi je le regarde aussi. Pourquoi lui fallait-il une canne ? Il avait mal au dos ? Un pommeau c’est quoi ? Une petite pomme ?

Le chapeau est tout doux et raide. Il me couvre tout le visage. Beuh ! Il sent le moisi. Le bois de la canne est lisse, tout en dessous il y a un petit bout de fer. C’est joli le bruit sur le parquet ciré. Tap ! Tap ! Je suis un milord, je vais rejoindre ma Milady ! Oups ! Je glisse !!!!!!!!!! Aie, ma tête et zut la canne est abimée !

- Gaspard ! Qu’as-tu fait ? As-tu mal ? Oh ! La canne !

Pas fier, le Gaspard ! Je voudrais me sauver dans un trou de souris mais il n’y en a pas…flûte, la sonnette, c’est maman ! Enfin, je crois parce que madame Félix ne va pas ouvrir. Elle est assise sur la chaise et elle sourit. C’est rare quand elle sourit. Limite, ça me fait peur. Bon, ben je vais ouvrir...

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J’ai rien compris ! Madame Félix a dit à maman que j’étais son petit roi mage et elle lui a montré un petit papier avec quelques mots griffonnés au crayon noir et une pierre brillante. Elle n’était même pas fâchée que le pommeau se soit détaché de la canne. Maman et elle sont allées chuchoter dans le couloir et Feu a semblé me faire un clin d’œil.

J’ai rien compris, rien compris ! Mais motus, je n’en dirai rien aux copains !

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Peinture Félix Vallotton - Pour Miletune (clic)

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Publié le 1 Janvier 2014

 - Bonne année - est le traditionnel souhait émis le premier jour de l'an.

Et pourtant une année est faite de petits riens, de grandes joies ou de peines sans nom.

Une année, c'est trois cent soixante cinq jours et trois cent soixante cinq nuits durant lesquels on aime, on lit, on écoute, on bavarde, on pleure, on rit, on dort, on tourne en rond, on attend, on découvre, on se retrouve, on espère ou désespère, on travaille ou paresse, on déteste ou on admire. 

Une année ? Douze mois s'étirant au rythme des quatre saisons et nous laissant des images variées.

Pour vous, amis fidèles ou vous que le hasard a guidés ici, en voici un pêle-mêle sans prétention...

Je vous souhaite une bonne année !

Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
Une année...
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Une année...
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Une année...

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Publié le 25 Décembre 2013

Jeu de piste

-  Antoine, comment qu’tu disais ?

- Quoi ?

- Ben, le chose là, le spooort…

- Le géocaching ! C’est un jeu de piste avec un GPS et…

- Et quoi ? Tu sais, la géographie et moi…

- Pourquoi tu poses des questions si tu n’écoutes pas les réponses ?

- Pasque… pasque… je m’ennuie tiens ! Rester cloué sur une chaise devant la fenêtre alors que pourrais être dehors à fendre du bois ou dans la remise à préparer mes nouvelles rames à haricots avec la porte ouverte sur la campagne enneigée ça me démange !

- T’avais qu’à pas vouloir grimper à l’échelle, à ton âge !

- Mon âge, quoi qu’il a mon âge ? C’est le même que l’tien ! J’pouvais quand même pas laisser pendre les stalactites au-dessus de la porte, ça peut tuer quelqu'un ces glaçons quand ils se détachent du toit.

- Ou quelqu’une ? … la postière par exemple…

- Et gna, gna, gna… t’es qu’un jaloux mon pote !

- Jaloux de ton pied cassé ? Allons bon Alexis tu gamberges là !

- Fais pas ton intéressant avec tes mots à cinq sous…. Géocachette, géo..

- Géocaching !

- Oui, bon si tu veux… dis-moi Antoine, tu crois que tous ces gens qui passent sur le chemin, à pied ou à ski ils cherchent un vrai trésor avec leurs GPS ?

- Ben non, ils s’amusent à se repérer et ils découvrent le pays.

- (soupirs)… Antoine ?

- Quoi encore ?

- Tu ne nous resservirais pas un peu de gnôle ?

- Si tu me prends par les sentiments…

- A la tienne ! … Dis, nous aussi nous faisions de jeux de piste quand nous étions mômes, tu te souviens ?

- Mumm !

- Et pour nous repérer, Antoine, on a toujours regardé le soleil et les étoiles dans le ciel ou les lumières dans la vallée…

- Mumm !

- Mumm, mumm ! Tu finiras vache mon cher !

- Et toi, tu n’es qu’un vieux rétrograde.

- J’ai peut-être pas de grade mais je vais te dire, toi et moi on devient grognons à rester enfermés. Vivement le printemps !

- Ecoute, voilà la factrice !

 

- Bonjour ! Monsieur Antoine je pensais bien vous trouver ici... voici votre courrier et voilà votre journal, Monsieur Alexis.

- Merci Marinette ! Et la route comment elle est ? Pas trop difficile la tournée ?

- Salut Alexis, au revoir Marinette, je vous laisse papoter…

- Et gna, gna… Un peu de calva, Marinette ?

- Allons, allons, Monsieur Alexis… Oh ! et puis zut pour le règlement, il fait si froid dehors ! Une larme, Alexis, rien qu’une larme !

- Dites-moi, Marinette, vous connaissez le géocaching ?

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Frits Thaulow - clic  --  Pour Miletune - clic

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