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Publié le 28 Février 2017

Ce texte est une suite aux écrits suivants : clic - clic - clic 

C’est joli les coquillages !

Jaco les lave soigneusement, les sèche dans un grand drap en éponge puis les étale par ordre décroissant sur l’étagère de sa chambre. Ils lui rappellent son séjour à la mer avec les autres pensionnaires de "l’Arc en ciel"

Le matin, la plage était immense et, accompagnés des éducateurs, ils marchaient au bord de l’eau puis la marée montait, montait et la plage rétrécissait.

Jaco a apprécié jouer au ballon sur le sable fin et faire s’élever un cerf-volant dans le ciel. Comme il était fier de lutter contre le vent !

Un jour, le groupe s’était rendu dans un parc d’attraction et Jaco avait, pour la première fois de sa vie, fait un looping sur les montagnes russes. C’était un peu impressionnant mais ce n’est pas ce que Jaco avait le plus apprécié durant ses vacances.

 

Il faudra qu’il raconte tout cela à son frère Marcel quand il viendra lui rendre visite.

Comme d'habitude son frère dira peut-être "mais oui, Jaco, je connais tout cela"

Faut toujours qu’il joue au plus malin, Marcel !

 

De ses gros doigts boudinés Jaco caresse délicatement un coquillage et rigole en douce.

Marcel va être bien surpris et étonné d’apprendre que Jaco est devenu musicien.

Comment s’appelle l’instrument déjà ?

… heu, un orgue de limonade ? Un limon-air ? Un barba-rit.

Jaco a joué un air qu’il connaît bien, c’est donc un limon-air !

Après une dernière caresse il délaisse les coquillages pour ses crayons de couleur, décidé à faire un beau dessin pour Marcel.

 

...un vélo noir, IMMENSE, avec une remorque, puis un gentil monsieur avec une barbe blanche et un chapeau de paille, puis un théâtre installé sur la remorque, puis lui, Jaco, qui tourne la manivelle avec l’autorisation du monsieur, puis la musique qui s’envole du théâtre et, et… c’est difficile de dessiner la musique !

Les notes, c’est comment ? Comme des coquillages ?

Alors Jaco dessine quelques notes-coquillages s’échappant du limon-air.

 

Sûr, ce que Jaco a le plus apprécié pendant ses vacances ce n’est pas le grand huit mais les applaudissements des passants qui ont aimé sa musique.

Marcel sera épaté, c’est certain !

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Mil et une sujet semaine 33/2015 clic - image Mil et une

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Publié le 25 Novembre 2014

Ce texte est une suite aux écrits suivants : clic et clic

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Les grandes personnes, c’est très compliqué, Jaco le sait bien !

La preuve, tout à l’heure, pendant l’excursion dans le parc, l’Marcel, son frère s’est exclamé : il est superbe cet elfe en fil de fer ! Il fait s’envoler le savoir aux quatre vents !

Un elfe !

Le savoir !

L’Marcel, il joue toujours au plus malin mais il ne sait même pas que les elfes ont des oreilles pointues et que ce sont les anges qui ont des ailes ! Et puis les semences, c’est pas du savoir, Jaco en est certain.

Les grandes personnes sont décidemment bizarres. Quatre vents ? Quatre !

Jaco en connait bien plus de quatre. Sur ces gros doigts boudinés il compte : un, la bise, deux, le vent du nord, trrrrois, heu, trois… Bof ! Tantôt il s’en rappellera…

Ce dont il se souvient bien, Jaco, c’est de sa vie à la ferme, avant le décès du père. Il appréciait tellement de gambader dans les prés, cueillir des cardamines, des primevères et même des pissenlits et puis, il faisait comme l’ange quand les fleurs se transformaient en aigrettes, il soufflait, soufflait en faisant un vœu.

Jaco aime bien les vœux. Depuis qu’il réside à l'"Arc-en-ciel" il en fait souvent pour que l’Marcel qui vit à la ville vienne le voir, ou pour qu’il y ait du potage aux tomates au menu, ou pour ne plus jamais faire pipi au lit ou… la liste est longue !

- Dis-moi, Marcel, tu crois qu’il pousse des pissenlits au paradis et que les anges font pipi au lit ?

L’Marcel a toujours un air ahuri quand Jaco lui pose une question. Vraiment les grandes personnes sont étranges.

Jaco, en secret, renouvelle son vœu de ne jamais être comme eux, il préfère tellement être lui, même si on le dit un peu différent !

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Publié le 8 Décembre 2012

         Ce texte écrit pour Miletune  est une suite à

"Le plus beau bouquet du monde"

publié ici même le 20/05/2012   (clic pour le redécouvrir) 

 - Tu m’en fais voir de toutes les couleurs, ça peut plus continuer, moi, j’en peux plus ! disait l’Marcel.

Jaco, il avait pas compris pourquoi son frère s’énervait, c’est vrai quoi, c’est joli les couleurs. Faut dire que depuis la mort de leur père, l’Marcel il s’occupait tout seul de la ferme alors que son rêve c’était de vivre pépère en ville comme il le répétait souvent. Jaco, lui, n’appréciait pas la ville. Ce qu’il aimait c’était d’accompagner son père dans la bétaillère quand il faisait sa tournée hebdomadaire pour acheter les veaux. C’est mignon les petits veaux qui viennent de naître et qui tremblent sur leurs pattes.

- Brosse les bien Jaco, disait Papa avant le passage du grand camion, on en retirera un meilleur prix.

Fini le commerce des veaux, l’Marcel il avait plus le temps et la bétaillère n’était plus dans la grange. Pfut ! Disparue un jour pendant la promenade de Jaco.

Souvent il y pensait la nuit, Jaco, et à son père aussi. Alors parfois, il ne savait pas pourquoi, il faisait pipi au lit et au matin l’Marcel il parlait des couleurs.

 

 Un vendredi, Jaco s’était rendu avec son frère chez Maître Angelot.

 - Non, pas Angelot, Jaco, Maître Angenot !

Jaco, il rigolait dans sa tête et continuait à dire Angelot en pensant à ceux qui entouraient la belle dame et son petit dans la chapelle du hameau.

Le Maître, c’était pas un Maître comme à l’école, il avait lu très vite des mots écrits sur un grand papier et puis l’Marcel il avait signé. La ferme était vendue et Jaco mis sous tutelle. Quel mot bizarre !

Maintenant, plus de lit froid et mouillé au réveil. Dans sa petite chambre à "L'Arc-en-ciel" Jaco se sent bien. Il l’a décorée avec les photos de Papa et avec tous les trésors qu’il avait ramassés pendant ses balades… une étagère pour les pierres, une autre pour les bouts de bois aux formes rigolotes… et sur le petit bureau il a placé le pot d'où jaillissent ses vieux crayons de couleur. Il y en a des longs puis des plus courts, des mâchouillés avec le bout tout décoloré et aussi des couleurs en double. Jaco aime bien dessiner et colorier.

Aujourd’hui, madame Marthe, une vieille dame qui s’occupe de la petite chapelle, a fait le trajet en bus jusqu’à "L’Arc-en-ciel" pour dire bonjour à Jaco et Jaco est très fier de la belle boîte de crayons de couleur offerte par son amie. Elle a aussi donné à Jaco une grande enveloppe sur laquelle elle a écrit son adresse et collé un beau timbre représentant une jolie crèche avec la belle dame et son petit comme dans la chapelle.

- Tu me feras un beau dessin et tu me l’enverras pour Noël. Promis mon Jaco ?

Jaco s’est mis à l’ouvrage sitôt le départ de madame Marthe. D’abord, il a étalé soigneusement les nouveaux crayons bien taillés en veillant à regrouper les couleurs. Les verts, puis les bleus… il a réfléchi où placer le noir… les mauve, les rose, l’orange, le jaune… Comme c’est joli et plein de vie !

Puis Jaco a saisi un de ses vieux crayons et, concentré, la langue sortant au coin de sa bouche, il a entamé le dessin de la chapelle.

Pour Marcel, il coloriera toutes les fleurs qu’avec d’autres jeunes adultes, handicapés comme lui, il cultive dans les serres de "L'Arc-en-ciel"

Sûr, Papa serait fier de lui ! 

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Miletune - clic   -  Source photo - clic

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Publié le 20 Mai 2012

     - Fais attention à toi, Jaco, aujourd’hui c’est le premier avril. Y a du poisson dans l’air !

L’est fou l’Marcel. Jaco sait bien que les poissons ça ne volent pas. Son frère Marcel et les autres, tous les autres, z’ont beau le prendre pour un idiot, Jaco tout ce qui l’intéresse c’est que le premier avril Madame Marthe, la veuve du grand Albert, elle ouvre les portes de la petite chapelle. Et Jaco, il attend ce jour là avec impatience.
Quatre, cinq, six… les gros doigts de Jaco comptent les mois. Une année, c’est combien de mois déjà ? Jaco n’a pas assez de ses deux mains. Bof ! Quelle importance ! Ce qu’il sait ce que pendant six mois il doit se contenter de regarder par les deux petits trous découpés dans les battants. C’est comme des carrés mais sur la pointe… des…des z’anges comme dit Marcel. Des z’anges ! L’est fou l’Marcel ! Les z’anges y z’ont des ailes et y font pas des pointes.
Jaco, lui, il en fait des pointes sur ses godasses pour pouvoir jeter un regard par les ouvertures faites dans la porte. Chaque jour, qu’il vente, qu’il neige ou que le brouillard envahisse tout le hameau, il va regarder la belle dame en bleu assise avec son enfant sur les genoux. L’est bien gentil le petit ! Et tout bouclé comme lui.
L’aurait bien voulu, lui aussi, être sage et tout contre sa maman mais Jaco ne se souvient plus d’elle. Avait-elle une belle robe bleue avec de grands plis et un aussi joli sourire que celui de la belle dame dans la chapelle ? Il n’a jamais osé le demander à son père, ni à Marcel. Personne à la maison ne parle de maman. N’y a même pas sa photo sur le buffet !  Jaco a fouillé tous les tiroirs, pas de maman. Peut-être qu’il n’en a jamais eu ?
 
Jaco, heureux, flâne par les chemins. Les oiseaux chantent à tue tête leur amour et surtout les fleurs recommencent à pousser. Dans le pré de l’Antoine Jaco cueille des cardamines et quelques primevères, il y ajoute une branche de saule couverte de chatons et une de prunier toute fleurie. Bientôt il y aura des boutons d’or, des pissenlits, des marguerites… Tous ces trésors pour fleurir la belle dame.
  
Quand Marthe, cachée par le voilage de son rideau, voit arriver Jaco le bouquet à la main, elle a le cœur serré. La grande bouteille de jus d’orange qu’elle a remplie d’eau jusqu’à son large col attend le plus beau bouquet du monde.
Une femme, là-bas, on ne sait où, ne saura jamais l’immensité de l’amour dont elle s’est privée par peur d’un petit être différent.
Et Marthe, mère et grand-mère, la plaint plus qu’elle ne la juge. Elle se doute de la terrible souffrance et ne sait comment elle y aurait fait face.
 
Toc ! Toc ! Les deux coups frappés à la fenêtre sortent Marthe de ses pensées.
- Z’ai mis des fleurs à la belle dame. Ze reviendrai demain. Merci, madame Marthe d’avoir ouvert les portes de la chapelle !
 
L’est fou l’Marcel ! Jaco a bien vu deux truites dans le ruisseau, pas dans les airs ! Pour sûr, l’a voulu lui faire un poisson d’avril…
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Pour lire la suite de ce texte : clic  -  Pour Mille et une - Peinture de  Pablo Picasso

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