Publié le 29 Juin 2012

 
Un lui a offert dans
 
Verre design
 
Pincée de snobisme
 
Potins mondains
 
Soupçon de suffisance
 
Et autres futilités
 
Après quelques gorgées
 
S’en est vite lassée
 
 
Deux a mélangé dans
 
Coupe dorée
 
Richesse étalée
 
Savoir grandiloquent
 
Une once de racisme
 
Et deux de machisme
 
N’a pas desserré les lèvres
 
Est partie sans se retourner
 
 
Trois a brassé sans fin dans
 
Vieux pot ébréché
 
Tenaces rancœurs
 
Jalousie déplacée
 
Insidieuses graines de cafard
 
Flemme déprime
 
Ne s’est pas laissé contaminer
 
La porte a refermée
 
 
Quatre a agité dans
 
Un étrange kaléidoscope
 
Tantôt le sourire enjôleur
 
Tantôt la morgue
 
Caresses-douceur ou coups-douleur
 
Pimentés de moqueries sans fin
 
Miroirs trompeurs
 
Sans superstition a brisés
 
 
Cinq à ses pensées s’est intéressé
 
L’a écoutée attentif
 
Dans ses projets encouragée
 
Lui a dévoilé espoir joie de vivre
 
Âmes-corps ingrédients d’un étrange breuvage
 
Désormais se confondent
 
De boire au même calice ce philtre d’amour 
 
Jamais un instant ne se lassent
 
 
 
-------------------------------------- 
 
 
 
 
 
 

Voir les commentaires

Publié le 28 Juin 2012

 

« Le mec de la tombe d’à côté » et sa suite « Le caveau de famille » de la suédoise Katarina Mazetti forment un duo coup de cœur.

9782847201659.jpg  69667910_p.gif

 

Dans ces deux romans, la parole est donnée en alternance à Désirée, jeune veuve sans enfant et à Benny qui vient de perdre sa mère avec qui il vivait.

Désirée est une intellectuelle, employée dans une bibliothèque pour laquelle elle a de grands projets et Benny un fermier surchargé de travail, de dettes et en mal avec les quotas imposés par l’Union Européenne.

Ces deux êtres radicalement opposés vont vivre une histoire d’amour et d’humour, ils vont se séparer mais le désir d’un enfant sera le plus fort.

Doucement, au fil des ans, ils vont être submergés par leurs charges respectives et les regards croisés de ces deux êtres offrent une belle intensité au récit.

 

J’ai apprécié observer à quelle déraison l'effet des hormones pouvait pousser les hommes et surtout les femmes.  

 

----------------------------------------------------------------------------

Voir les commentaires

Publié le 25 Juin 2012

IMG_1212.JPGMaussade premier dimanche d’été mais envie folle de prendre l’air. Elle a mis deux pulls, un foulard et une veste de pluie. D’une main elle a saisi une grande bassine, de l’autre une chaise de terrasse. Direction le fond du jardin où les groseilliers ployaient, épuisés, sous le poids des grappes de fruits.

Elle s’est installée et ses mains se sont activées, son dos s’est penché ou étiré. La chaise par petits bonds a fait le siège des deux arbustes. Ici et encore là, elle a débusqué  le moindre grain rouge.

Derrière la haie, une vache broutait paisiblement ; une autre toussait, la nuit avait été très fraîche. Dans le ciel gris, les hirondelles faisaient la quête des rares insectes et d’un arbre à l’autre les pies jacassaient comme à l’accoutumée.

 

Ses pensées ont vagabondé… la veille, au soleil couchant, les trois renards à la fourrure rousse se promenaient entre le bétail… les deux jeunes quitteront bientôt le terrier au pied de l’arbre… la nuit, quand elle s’est relevée, elle a aperçu une belette ou une fouine faisant des bonds près du plan d’eau… n’a pas allumé la lampe pour ne pas briser l’intimité de son ballet… lequel des livres choisis à la bibliothèque va-t-elle entamer ? elle aime ce moment de découverte… qui lit à présent les bouquins qu’elle a donnés à cette association qui vend des objets de seconde main ? plairont-ils ? ne veut plus entasser… a vidé son grenier…

Elle a chanté le temps des cerises… un peu dans le désordre… a rigolé et s’est souvenue de ce texte écrit dans une autre vie puis a entamé « Santiaaago »… le voisin à son tour a peut-être souri ? s’en fiche, grand bien lui fasse ! une vache a meuglé… le mal de mer ?… vite le capuchon sur sa caboche, la pluie cette coquine est au rendez-vous… dong ! dong ! dong ! quoi ? déjà midi ? et  la cueillette est terminée ? pff ! lourde la bassine !

 

Tout l’après-midi, pluie… elle a égrené et nettoyé les fruits…l’extracteur de jus a eu droit à trois fournées et elle à plus de sept litres de jus acidulé. Pause !

 

Lundi matin, les bocaux sont remontés de la cave et relavés puis passés dans de l’eau bouillante. Déjà la haute casserole fait chanter le jus additionné de sucre et alternativement les bras touillent dans le liquide qui lentement s’épaissit.

Se rappelle son surnom quand, avec ses frères, son cousin et sa cousine, ils avaient créé une troupe de « scout »  hi,hi, « écureuil »… lui allait comme un gant à cause de sa queue de cheval… et de sa propension à faire des réserves ???

Douze verres sont remplis puis la casserole entame une nouvelle ronde et douze autres bocaux rougissent de plaisir sucré.

 

Stop ! fini ! terminé ! ouf ! le lave-vaisselle peut prendre la relève.

Et si elle faisait une photo ?

Une pyramide ?

 

IMG_1219.JPG

La photo est floue… va la recommencer… bouge la petite table et bling ! deux bocaux brisés et la cuisine à nettoyer !

Râle, râle petit écureuil !

Et zut pour le cliché !

 

A la prochaine récolte !

Mûres ? Sureau ?

 

Voir les commentaires

Publié le 22 Juin 2012

     
      b26637d9.jpg         Rafal Olbinski clic
  
 
  Sois prête, fais tout pour être en forme ! Depuis le temps que tu espères ce moment, tiens le coup, montre-toi digne de sa confiance. Prépare-toi à lui faire une petite place, bientôt une part de lui te rejoindra. Quand ? Va savoir ! La semaine prochaine peut-être ? Il faut qu’il soit prêt lui aussi pour notre rendez-vous.
      
    Tiens le coup, tiens le coup ! Ces paroles m’obsèdent, m’obligent à me surpasser mais j’ai peur. La nuit surtout. Et si nous devions rater cette rencontre ? Pourvu qu’il ne lui arrive rien... non pas à lui, pas à lui. !
 
   Hier soir, il est encore venu m’embrasser et prendre de mes nouvelles. Il m’a taquinée comme une gamine et il a ri de mes craintes. Je l’aime tellement...
Tiens le coup, tiens le coup ! Jusqu’à quelle limite ? Le temps est contre nous. Putain de temps ! Non mais tu entends comment tu penses ? Tu deviens grossière ma parole !
 
  J’ai dû m’endormir un moment. Tiens le coup, tiens le coup ! Ne rate pas cette chance inespérée. Tiens le coup ! Je n’ai plus que ces mots là en tête, ils sont ma force, mon moteur.
 
  Ce sera pour après-demain. Maintenant je le sais, c’est officiel. Tiens le coup, tiens le coup ! J’ai peur. Pour lui surtout !
 
  Mon frère, mon petit frère, t’ai-je jamais dit combien je t’aime, toi dont le rein va me rendre la vie ?
 
------------------------------------------
 
(piqûre de rappel : mes textes sont des fictions) 
 

Voir les commentaires

Rédigé par Mony

Publié dans #Partage

Publié le 21 Juin 2012

   008
                                                               Variante aux pommes
 
 
Ingrédients
 
2 œufs (blancs battus en neige)
90 gr sucre
150 g farine
1 sachet sucre vanillé
1 sachet levure
1 berlingot 250g ml d’Alpro ou de Bjorg cuisine (soja - au rayon crèmerie)
1 cuillère à soupe d’huile  
 
Cuisson 40 à 45’ à 170°
 
Variantes 
 
- ajoutez 2 c. à soupe de Nesquick et une c. à café de "quatre épices" 
- ajoutez 1 ou 2 pommes ou des dés d’ananas
- garnir de confiture
 
(Ce gâteau a une texture légèrement humide et est très digeste)
 
@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Voir les commentaires

Publié le 18 Juin 2012

 
- Je l’aime, je l’aime ! Comment le lui dire ? Je l’aime à en mourir.
Trop timide Achnam se taisait. Jamais il n’aurait pu avouer ses sentiments à la jolie Alim et il se tordait les mains de désespoir.
 
Un jour, en rentrant de la chasse, il eut l’idée d’offrir un présent à la belle et à la nuit tombée il déposa un lapin devant son seuil. Soir après soir, il répéta l’opération sans se douter un seul instant être la risée de toute la tribu. Tous, sauf lui, connaissaient l’aversion d’Alim pour les mets carnés et le sourire aux lèvres ils se régalaient des lapins qu’à son tour elle leur offrait.
Ratdou le tanneur en rassembla les peaux, les travailla et Maï son épouse confectionna un ample manteau qui mit encore d’avantage en valeur la beauté d’Alim.  Achnam de plus en plus amoureux admirait sa belle sans mot dire et son cœur s'affolait à l’idée de la serrer une nuit au creux de ses bras.
 
PelisseHélas, certaines jeunes femmes étaient jalouses de cet amour fol et elles fomentèrent un plan pour se venger de n’être pas, elles aussi, adulées. Profitant du passage d’Alim aux étuves elles dérobèrent son manteau et, traîtresses, glissèrent un petit message sous la porte d’Achnam : « Retrouvons-nous ce soir à l’orée du bois, Alim »  
Fou de joie, Achnam se rendit au rendez-vous mais il fut si dépité de découvrir le manteau de peaux de lapin accroché à une branche épaisse qu’il s’encourut chez lui, prit une grosse corde et à son tour se pendit à l’arbre
Depuis ce jour, les mégères, par un phénomène étrange, virent leurs dents grandir tant et tant que de honte elles s’exilèrent au plus profond des bois. Et dans ces contrées giboyeuses, nul lapin ne fut plus jamais inquiété.
 
--------------------------------

 
 
 
 
 
 

 

Voir les commentaires

Publié le 15 Juin 2012

 
C’était un taiseux l’oncle Jean, et un terrien pure souche.
Pourtant, il vivait dans un trois pièces avec la jolie tante Anna, adorable pipelette et indéniable fille de la ville.
Aussi, pour échapper aux senteurs d’essence et aux papotages des amies de son épouse, oncle Jean s’évadait parfois de son logis avec la complicité de sa bicyclette.
Photo vélo 
Quand, au lever, nous la voyions accolée à l’appentis, nous le savions déjà au bord de la rivière. Parti à l’aube, et malgré les vingt kilomètres parcourus dans la brume matinale, il s’empressait à son arrivée chez nous de saisir sans un bruit son pique-nique fixé sur le porte-bagages et son matériel de pêche rangé derrière la porte de la remise, heureux qu’il était de retrouver le calme et les bonnes odeurs de la campagne.
Mais ce dimanche là, surprise ! Tante Anna était de la partie. Elle attendait notre réveil allongée sur le banc placé sous les arbres du jardin.
- Tante Anna ! Tante Anna ! 
Nos cris joyeux lui firent fête et elle, heureuse de nous revoir, nous fit virevolter à tour de rôle dans ses bras.
- Comme vous avez grandi ! Bientôt ce sera à votre tour de me faire danser !
Délicieuse journée ! Après le petit-déjeuner, mon frère et moi avions rejoint oncle Jean dans son méandre, le meilleur endroit de la Terre selon lui pour attraper le poisson. La preuve en était ces deux truites fario que nous découvrîmes à ses côtés. Nous étions aguerris à l’approche discrète et silencieuse et avec un sourire complice notre oncle nous regarda lancer à notre tour le fil de nos modestes cannes à pêche dans l’eau.
Quelques heures plus tard, sept belles truites étaient vidées et nettoyées par Papa, sous le regard un brin dégoûté de tante Anna. Ensuite, garnies de thym et farcies de beurre, elles furent grillées et dégustées accompagnées de pommes de terre en chemise et d’une salade fraîchement récoltée au jardin. Puis, après ce délicieux repas, nous fîmes encore une petite promenade, Papa et son frère débattant de politique, mon frère et moi courant derrière nos ballons, tandis que Maman et tante Anna poursuivaient à n’en plus finir une mystérieuse conversation entamée le matin.
   
Quand ils nous quittèrent, le porte-bagages garni de légumes du potager, mon frère dit : « Tu es fort, oncle Jean » en désignant tante Anna assise en amazone sur la barre du vélo  et oncle Jean lui répondit en riant: « C’est une plume, mon Anna »
Une plume ! Et pourtant…
A quatre kilomètres de la ville et alors qu’il roulait à douce allure, oncle Jean ne put éviter un nid de poule et la barre du vélo probablement fragilisée se brisa sous le choc. La chute fut évitée de justesse et, penauds, ils durent reprendre la route à pied en poussant la bicyclette déglinguée.
Tante Anna, effrayée, se jura de ne plus jamais monter sur un vélo de sa vie et de commun accord, ils décidèrent d’acheter une Vespa pour se déplacer de manière plus confortable.
Désormais son bruit caractéristique nous réveilla joyeusement certains dimanches matin, mais oncle Jean garda toujours la nostalgie des bons moments passés à pédaler dans le silence matinal.
  
Alors que mon beau vélo en carbone m’a, à son tour, joué cette mauvaise farce et que je me retrouve immobilisé, la jambe dans le plâtre, cette vieille photo prise par Papa évoque une fois de plus pour moi ce temps heureux de mon enfance.  
Non, je n’achèterai pas de Vespa.
 
    ---------------------------------------------------------
Pour Miletune lieu dédié à l'écriture conviviale
 

Voir les commentaires

Publié le 12 Juin 2012

 
 
Assis à califourchon sur la chaise du café, Mathieu prend ses aises tout en soulageant son dos mis à rude épreuve par le travail de la semaine. Il sort de sa poche sa tabatière et entreprend de rouler minutieusement une cigarette avec l’odorant tabac de la Semois.
Un coup de langue humide sur le fin papier, un ajustement précis des moindres brins, un petit tapotement contre la table et la cibiche est allumée avec délectation.
Longue inspiration, les yeux mi-clos.
Lente expiration de satisfaction.
 
mintchine.jpg- Que bois-tu Mathieu ? demande Boniface.
- Comme d’hab !
Le verre de vin frais entre les doigts Mathieu est tout à son contentement.
Dans la salle, à l’étage du café, la fête de la société de gymnastique bat son plein et les jeunes en tutus, collants ou tenues folkloriques viennent tour à tour se désaltérer au comptoir.
- C'est beau la jeunesse ! s’exclame Mathieu, le regard attendri.
Quelques rires étouffés, quelques œillades à la dérobée vers les tables ; la jeunesse se moque bien des vieux voyeurs.
Les verres succèdent aux verres. Les tournées générales s’entrecroisent. Mathieu ne sait plus à la santé de qui il boit.
La sienne ? Bah ! Il y a si longtemps qu’il ne s’en soucie plus et ses yeux injectés de sang en témoignent.
 
 --------------------------------
 
- Allons, Mathieu, réveille-toi, la fête est finie, on ferme !
- Boni…Boniface… on est mieux chez toi, qu’en…qu’en face !
En titubant légèrement, Mathieu traverse la route, longe le mur du cimetière et s’en retourne vers sa ferme pour une semaine de labeur et de solitude.
En passant devant la grille entrouverte, il s’arrête le regard tétanisé par une lueur sur une pierre blanche, celle de la tombe de sa Jeanne. Alors, le poing levé vers le ciel, il pousse un cri rauque et rageur « putain de camion ! » Sans lui, sa Jeanne serait toujours à ses côtés.
 
Vite, l’autre main fouille la poche de la veste à la recherche de la tabatière, sa consolatrice.
----------------------------------------------------------
 
Pour Miletune d'après une oeuvre d'Abraham Mintchine : Le buveur

Voir les commentaires

Publié le 10 Juin 2012

 

C’est le troisième livre de Delphine de Vigan que j'ai découvert. 

Du premier « Nô et moi » je n'ai gardé que peu d'impressions.

Le deuxième « Les heures souterraines » bien qu'intéressant m’a laissé au final un goût de manque, j’en aurai voulu d’avantage.

 

poster_136846.jpg

Le troisième  « Rien ne s’oppose à la nuit »

restera quant à lui pour longtemps dans ma mémoire.

 

Cette recherche du mal-être qui a poussé la mère  de l'auteur au suicide offre tout d’abord la narration de la vie familiale de ses grands-parents, des drames et des bonheurs de cette famille nombreuse et puis elle prend la forme d’une enquête familiale au cours de laquelle elle laisse à chacun sa version des faits et ses souvenirs. Avec pudeur mais sans compromission Delphine de Vigan exorcise les démons familiaux et par là même sa propre souffrance.

Ce récit nous ramène à notre propre miroir familial et c’est cet aspect qui m’a le plus touchée.

 

  --------------------------------------------------------------

 

Voir les commentaires

Publié le 8 Juin 2012

3624294407_b49afd4114.jpg(image Flickr)    
 
J’ai connu mes grands-parents
Connu les histoires d’antan
J’ai connu Charlot, les Rollings Stones
Connu des westerns, des péplums
 
Ami, connais-tu le chant des oiseaux
connais-tu le chant du ruisseau ?
 
J’ai connu les fleurs des Hippies
Connu la musique des sixties
J’ai connu Hair, le Big Bazar
Connu Polnareff, Ringo Starr
 
 Ami, connais-tu la force du vent
 Connais-tu la force du torrent ?
 
  J’ai connu Leika et le Spoutnik
Connu l’épopée des beatniks
J’ai connu le mur de Berlin
Connu la révolte à Pékin
 
 Ami, connais-tu les rayons du soleil
Connais-tu les rayons des abeilles ?
 
 J’ai connu le Vietnam en feu
Connu les attentats aux Jeux
J’ai connu les pays en famine
Connu la mort dans les mines
 
 Ami, connais-tu les étoiles au firmament
Connais-tu les étoiles de l’océan ?
 
J’ai connu Salvadore Dali
Connu Mao et Kennedy
J’ai connu l’homme sur la Lune
Connu  toutes les nouvelles à la Une
 
 Ami, connais-tu la course folle des heures
    Connais-tu la course folle de mon coeur ?
 
 
-------------------------------------- 
 
 

Voir les commentaires