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Publié le 29 Juin 2017

- Dis-moi, Papa, pourquoi il y a un écriteau interdisant de nager ? Il n’y a pas d’eau ici !

- Jadis, mon fils, vivait ici le chef de ce pays. C’était un géant au caractère acariâtre nommé Renard-Roux. Certains disent qu’il souffrait de déshydratation chronique… Il criait sans cesse "J’ai soif ! Apportez-moi une bassine d’eau"

- Une bassine, c’est grand ?

-Très grand, mon fils mais le Géant Renard-Roux la vidait en une gorgée et réclamait la suivante.

- Et alors ?

- Alors, il but toute l’eau d’un lac, puis d’un deuxième.

- Et alors ?

- Les serviteurs étaient épuisés par les exigences de ce chef. L’un d’entre eux, plus futé que les autres, créa de vastes rigoles et détourna l’eau d’une source  jaillissant au cœur de la montagne, tout là-bas dans nos contrées du nord.

- C’est quoi une rigole ?

- C’est un chemin légèrement pentu réservé à l’eau. Ainsi, au lieu de gonfler nos fleuves de sa puissance l’eau s’écoula paisiblement vers cette plaine où vivait le géant Renard-Roux.

- Oui, mais pourquoi ce panneau, Papa ?

- J’y viens mon fils ! Le géant dont la soif était désormais plus facilement et rapidement étanchée réclama un bassin puis plusieurs bassins pour prendre ses ablutions. Une fois de plus tout fut dans la démesure. Il fallut de plus en plus d’eau et toutes nos sources furent détournées au profit du géant. Nos rivières s’asséchèrent, nos fleuves ne rejoignirent plus la mer, tout devint aride.

- Et alors ?

- Alors, tandis que le géant Renard-Roux se prélassait avec sa cour, son peuple se révolta. Lui aussi voulait baigner dans ce qu’il pensait être le bonheur. Les gens prirent d’assaut les jardins et les bassins à l’eau limpide.

De rage, le géant fit dresser de hauts murs tout autour de sa propriété et apposer de grands panneaux comme celui-ci.

- Mais alors où a disparu l’eau ?

- La majorité du peuple, dégoûtée par la tournure des événements et l’égoïsme de son chef partit vivre dans nos contrées du nord et se ligua pour permettre aux sources de reprendre leur cours naturel. Notre région redevint verte et les fruits et légumes à nouveau réapparurent au marché.

- Et le géant ?

- Privé de cette grande quantité d’eau qu’il nous volait il dépérit, seul, de rage et de sécheresse. La sécheresse du cœur !

- Et ?

- Et voilà pourquoi, mon fils, je t’ai mené vers ce pays du géant Renard-Roux, pour que tu n’oublies jamais que sur cette terre rien ne nous appartient et que tout est à partager.

- Mmm, ce voyage me plaît beaucoup… merci Papa !

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Pour mil et une en  juin 2017 - clic

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Publié le 11 Juin 2017

Aujourd'hui matin, Grand Sachem et Sioux pédalent courageusement à travers monts et vallées.

Elle, elle se rend au jardin, l'appareil photo à la main.

Déjà, elle se sent fébrile...

 

C'est que même réglé sur la fonction automatique, ce petit engin l'angoisse un brin.

- Allons, lui souffle Nain de Jardin, regarde-moi, ma zénitude te fera du bien !

 

Nain de Jardin, c'est son nouveau compagnon. Il a pris ses aises sur la petite table de terrasse peu avant Pâques et depuis semble content de son sort.

 

Comme en réponse elle le saisit dans le viseur tandis que lui rigole de plus belle !

- Tu vois, ce n'est pas si difficile !

 

Et un clic par ici, et un clic par là...

Les primevères et les iris d'eau offrent leurs dernières couleurs ; le saule pleureur malmené par les gelées tardives tente lentement de se remplumer... 

Au bord de la petite mare des cierges jaunes se dressent fièrement. Ici, une lavande, là quelques géraniums et deux jeunes clématites qui, adossées au mur, ont remplacé le vieux rosier.

Toute la végétation a souffert de la sécheresse puis du vent fou et de quelques trombes d'eau ou de grêle. Lentement, elle se remet des épreuves subies.

 

Au potager, les courgettes stagnent, n'osant pas encore prendre leur bel essor tandis qu'au pied de la haie de mignonnes fraises sauvages sont fidèles au rendez-vous printanier.

Le lierre au vert tendre leur fait un écrin tout en douceur. Le houx de son côté prépare ses décorations hivernales.

 

Elle observe le ciel bleu parsemé de nuages blancs puis pénètre dans le grand parterre, véritable sous-bois, refuge d'une faune et d'une flore particulières. Un passage est bien marqué au bas de la clôture. Porte ouverte au lièvre et au renard qui souvent visitent les lieux ?

 

Mais voilà que, déjà, deux casques rouges pendent au fil à linge.

Les sportifs ont le ventre creux !

Un dernier clin d'oeil s'échange avec Nain de Jardin...

 

A la soupe la troupe ! 

Et tant pis si les photos ne sont pas très nettes...

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Publié le 1 Février 2017

Elles sont coquettes, les filles du menuisier ! (ici sans l'aînée)

L’exclamation spontanée recèle une pointe d’envie, de jalousie non avouées, mais les quatre filles du menuisier n’en ont cure. Toujours élégantes, elles ont la satisfaction d’étrenner une nouvelle jupe, un chemisier pimpant, un col en dentelle ou une écharpe et des gants bicolores…

En ces années de guerre dénicher un coupon de tissu ou quelques pelotes de laine à un prix abordable est pourtant difficile… Mathieu, leur père, n’est pas bien riche… Certes, Julia, l’aînée, est mariée à présent mais voilà ses deux petits qui grandissent si vite tout aussi mignons et bien vêtus… comment font-elles pour être si joliment présentables se demandent les bonnes gens ?

Maria, leur mère, sourit aux réflexions que l’un ou l’autre lui rapporte. Malgré les privations endurées en cette terrible période de conflit, elle est heureuse de ressentir chez ses filles l’élan de la jeunesse qui ne se laisse pas abattre et croit en la vie. Ne pas se négliger n’est-ce pas résister ? Alors, attablée à sa machine à coudre, Maria aux doigts d’or coud !

Dans le tissu retourné d’un vieux pardessus élimé de son époux, elle taille une jupe droite pour Betty, la plus jeune. Une robe brune confectionnée à partir d’anciennes tentures se voit agrémentée d’un jabot blanc amovible - un voilage déchiré et récupéré - ou d’un col orange et d’une ceinture assortie tirés d’une robe de la grand-mère paternelle. Ainsi, Anna, la troisième, a deux tenues au choix…

Les anciens pulls se détricotent, la laine lavée et séchée est boulée en pelotes et reprend vie. Au gré des aiguilles et de la fantaisie de l’une ou de l’autre, les coloris se côtoient, les motifs originaux apparaissent…

Quand les risques de bombardements se font plus intenses, que les habitants du hameau trouvent abri dans la grotte au flanc de la colline, Maria se refuse à quitter la maison et malgré le couvre-feu continue ses travaux d’aiguille.

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Les américains sont là ! Les américains sont là !

La nouvelle se répand à la vitesse de l’éclair. Un hôpital militaire est dressé dans une prairie en bord de route. En ce pays, entre Meuse et Rhin, des combats sanglants se poursuivent, au loin,  aux abords d’Aix-la-Chapelle… clic - clic

Chez le menuisier, les boys passent parfois la soirée et racontent leur quotidien, là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique.

Le petit Jo, traduit par Betty, évoque les immenses étendues broutées par des troupeaux importants. Maria, la mère, s’étonne et plaint les fermiers qui doivent traire autant de vaches par jour.

Rires !

Comment imaginer cette vie démesurée !

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- Maman, regarde ce que je ramène !

Aidée par le petit Jo, Eva, la deuxième fille, présente à sa mère un rouleau immense d’un tissu, blanc sur l’endroit et brun sur l’envers, qu’elle a pu obtenir au stock américain.

Maria le soupèse, le caresse, lui trouve belle allure et bon maintien.

- Il doit être imperméable. Avec un tel métrage, j’ai de quoi confectionner une gabardine pour chacune.

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- Elles sont coquettes, les filles du menuisier !

Oui, elles étaient coquettes, ma grand-mère, ma mère et mes tantes. Et même si il s’avéra que le tissu bicolore était réservé à l’inhumation des soldats allemands abattus  par l’armée américaine, la jeunesse et sa foi dans la vie avaient été les plus fortes.

Il se raconte que la robe de mariée d’Eva, ma maman, a été conçue au départ d’un tissu de parachute américain.

Est-ce vrai ou n’est-ce que légende ?

Betty, ma tante, nous aiguille vers la légende…

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 Pour Mil et une - clic - semaine 16/2016 d'après un tableau de Vicente Romero Redondo - clic

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Publié le 24 Décembre 2014

A l'aube de ce jour de ripaille et de rassemblement familial, j'ai une pensée solidaire envers toutes les personnes, hommes ou femmes, oeuvrant courageusement aux fourneaux. Bravo et merci à elles.

Une pensée aussi pour ceux et celles qui devront se contenter d'un repas frugal et parfois en solitaire...

A vous tous, amis bloggeurs ou simple curieux, que vous soyez seuls ou entourés, je vous souhaite de passer un réveillon dans la sérénité et l'échange.

Mony

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Le bouillon de poule cuisiné par Maman est délicieux !

Le plaisir de Julia c’est de résister à l’envie de manger les carottes en premier lieu. Elle écarte les rondelles tentatrices, s’échine à les faire plonger au fond de l’assiette et vite engouffre une cuillérée de légumes verts ou blancs : cèleri, poireaux, navets, feuille de chou...

Le jus est très chaud, il ne fait pas se brûler la langue ! Quand enfin il ne reste que de l’orangé, elle picore une à une les lamelles tendres et légèrement sucrées. Miam ! C’est presque aussi savoureux qu’un dessert !

Maman va, vient, sert son petit monde et enfin s’assoit à son tour pour un trop court instant. D’un œil, elle surveille la viande qui mijote dans la cocotte, regarde l’horloge pour vérifier l’heure : c’est bientôt cuit. Prestement, elle ramasse les assiettes creuses et les cuillères, les posent près de l’évier. D’une main, elle lie la sauce, de l’autre, elle saisit un plat.

Votre mère est un véritable chef d’orchestre, dit souvent Papa en riant.

Après le repas, Julia et ses frères aident leur mère à faire la vaisselle. C’est pour eux un moment de complicité durant lequel les petits secrets se confient facilement.

Hélas Maman est rapidement accaparée par d’autres tâches. Il lui faut dépiauter la poule, en garder les meilleurs morceaux pour les présenter avec une salade et les plus petits, ceux qu’elle déniche jusqu’au bord des os, en faire de la farce bien crémeuse pour garnir des vol-au-vent.

La fillette n’a jamais vu de véritable chef d’orchestre cependant elle pressent que ces personnes sont très, très occupées comme l’est sa mère. Julia, pourtant, rêve d’une maman qui les accompagne plus souvent en promenade, qui joue à la poupée avec elle, qui porte un joli chapeau le dimanche et surtout se maquille le visage et pose du vernis rouge sur ses ongles comme le fait tante Anna.

Julia aime beaucoup sa maman mais elle se promet que plus tard, quand elle sera grande, elle se contentera simplement d’écouter la musique.

Non, jamais elle ne dirigera des musiciens.

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En découvrant cette belle peinture de Zinaïda Serebriakova proposée par Mil et une j'ai immédiatement pensé à ce beau texte de Félix Leclerc lu par Julos Beaucarne (à redécouvrir ici)

 

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Publié le 18 Novembre 2013

Sables émouvants

 

Il ne payait pas de mine le baraquement en bois nouvellement construit sur un bout de la place communale mais c’était notre école maternelle. Fière de compter parmi les premiers privilégiés à en franchir la grande porte, j’ai immédiatement aimé ce lieu serein avec sa cour agrémentée pour tout jeu d’un simple et grand bac à sable. Les doigts recouverts de ces fins cristaux, nous y dégustions, affamés, nos tartines de dix heures. Ce fut pourtant l’endroit où je découvris le désamour. Jamais je n’épouserai "Charmant", c’était à mes yeux inconcevable d’aimer un garçon friand de miel. Fini le bel amour enfantin !

Après la période du bac à sable, alors que nous avions rejoint l’école primaire, vint un hiver si froid que la grippe nous consigna, l’un après l’autre, à la maison. Blottie au creux du lit avec en guise de bouillotte une bouteille de genièvre en grès contenant du sable et réchauffée dans le four de la cuisinière, j’écoutais Maman me raconter une histoire. Moments bénis de cajoleries et d’attentions. Dehors, la neige tombait sans un bruit ; bonheur !

En juillet, mois de mon anniversaire, Papa m’emmena à la mer en train. D’Ostende à Mariakerke la plage était longue et le sable tantôt mou, tantôt dur musclait mes petites jambes trottinant dans les pas d’un bon marcheur. Les coquillages et les couteaux, si jolis, m’offrirent de petites haltes bienvenues et le sac à dos se remplit de trésors. A notre retour, après plus de trois heures d'étuve dans un wagon, j’en déversai fièrement le contenu sur la table et un coin de dune envahit comme par miracle la cuisine.

Dix ans plus tard, en une année mouvementée pour la jeunesse, je campais avec d’autres jeunes villageois dans un vaste camping à Bray-dune, en France. Nous avions choisi un emplacement sauvage et isolé au creux de grandes dunes. Ce fut un été magique. Bien des interdits tombaient et Radio Caroline, radio libre à l’odeur soufrée, émettant des eaux internationales, comblait toutes nos attentes. Nous nous sentions libres et si quelques grains de sable venaient pimenter les repas pris dans la tente intendance, ils n’en avaient que plus de saveur. Plusieurs années de suite la formule fut renouvelée et de cette période des liens très forts perdurent entre nous.

"Charmant", devenu bel homme, prit cependant ombrage de me voir embarquer pour un pique-nique au Cap Gris Nez avec un parisien rencontré au dancing Le King. Qu'importe ! Me reviennent en mémoire des plages immenses au sable doux et chaud, un ciel moutonneux et de délicieuses crêpes...

Le Parisien ? J’en ai oublié jusqu’à son prénom.

Nouvel an glacial ! Couchée sur le divan, je grelotais, déchirée par une douleur insupportable au flanc droit.

Tchamarette1, gronda Papa, a-t-on idée de sortir aussi peu vêtue. C’est vraiment chercher la mort !

Avec mon gros pyjama en pilou, je ne payais pas de mine alors que la veille, en beauté dans une robe ajustée et agrémentée d’une large ceinture en satin ton sur ton, j’avais dansé à en avoir le tournis.

Douleurs, douleurs !

- Probablement un peu de sable au rein, fut le diagnostic du médecin consulté le deux janvier alors que la crise était passée.

La jeunesse heureusement est oublieuse et l’amour, fidèle au rendez-vous, s’est présenté en frappant à ma porte. Bien que la route fut verglacée et sablée de frais en ce mois de décembre, "Charmant" et moi avions tenu à parcourir à pied la distance séparant la Maison Communale de l’église, suivis par tous nos proches.

On cache n’importe quoi sous une robe pareille, ironisa une jeune fille dans l’assistance nous attendant sous le porche. Et pourtant, il n’y avait rien à dissimuler, seule la robe de mariée n’était pas dans la norme des bonnes gens. J’assumais mon choix, pas de dentelle, de blancheur immaculée, pas de traîne ou de gants blancs. Un tissu de lin écru, deux grands trapèzes cousus ensemble, des manches courtes, chauve-souris, formaient une tenue longue, ample et simple, sans aucune fioriture et tant pis pour les mal-pensants.

S’ensuivirent des années consacrées à bâtir notre nid. "Charmant" était polyvalent, tour à tour dessinateur, maçon, ardoisier, chauffagiste… Nous en avons manipulé des brouettes de sable, de briques, d’ardoises…

Puis, après notre aménagement, alors que je balayais la terrasse couverte d’un film de poussière transportée depuis le lointain Sahara par de vents de haute altitude, je sentis bouger en moi une nouvelle vie. Bientôt, nous fûmes trois !

Et la vie continua à égrener ses joies. Ses peines aussi, minuscules grains difficiles à moudre.

 

Que de chemin parcouru depuis le bac à sable de notre enfance… Soixante ans ont un jour sonné au compteur de ma vie, infimes et dérisoires particules dans l’immense espace-temps.

 

Et sans nostalgie, je me suis souvenue de mes sables émouvants.

 

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 1Tchamarette : Wallon, jeune fille coquette

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Publié le 17 Février 2013

A…             Lilou ; Dan ; Josy ;

Cc..

Cci...

Objet          déménagement

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Mes chéris,

d’emblée je vous rassure, je ne vais pas vous encombrer, ni accaparer votre temps.

Depuis le décès de votre père, il y a deux ans déjà, j’avais le projet de changer de cadre de vie et d’aller vivre au bord de la mer. Lors de vos visites, j’ai tenté de vous en parler mais vous sembliez prendre mes désirs pour une vague lubie ou pour un éventuel problème en plus dans vos vies familiales et professionnelles surchargées.

Alors voilà, je me suis prise en mains comme depuis tout petits je vous ai incités à le faire pour avancer en toute autonomie dans la vie. J’ai déniché un appartement à La Panne et trouvé un locataire pour la maison.

Avec l’aide d’Amaury, mon jeune voisin, j’ai vidé la maison et organisé mon déménagement. Tout s’est déroulé parfaitement et depuis hier je suis enfin installée non loin de la plage. Sachez que comme toujours, je vous accueillerai tous avec la plus grande joie.

Donnez-moi de vos nouvelles.

Je vous embrasse tous et vous tiens bien au chaud au fond de mon cœur,

 

Maman

 

P.S : nouvelle adresse : Avenue de la Dynastie 3 - 8660 De Panne

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Pour Mil et une (clic)  --  Photo Cl. Boucher (clic)

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Publié le 17 Novembre 2012

 

En cliquant sur le lien : De mes yeux à vos oreilles (clic) vous pourrez écouter  "Margo et Cie" lu par Sagine.

 

Ce texte a été publié le 17/09 (clic)

 

Merci, Sagine, de donner vie à nos mots

 
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Que font Marga et ses amies, des dames d'un certain âge, à attendre dans ce café ?

Pour en savoir plus il faut écouter puis ensuite aller lire cette histoire sur le site de l'auteur.

mandala-05

la suite par ici...

 

 

 

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Rédigé par Mony

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Publié le 17 Juillet 2012

 
La très belle et intéressante expo "Golden Sixties" est visible à la gare de Liège - Guillemins (Belgique) jusqu'au 28/04/2013. Dans les décors du mur de Berlin, du poste d'observation de l'assassin de John Kennedy, des barricades de mai 68, du quai de Saint Tropez, de l'atelier d'Andy Warhol, de la Lune ou du couloir de l'hôtel du film "La grande vadrouille" toute la vie de la décennie défile et l'on redécouvre la révolution politique, celles des moeurs, de la culture, de la technologie et de l'économie. Documents sonores et visuels, objets de la vie quotidienne ou oeuvres emblématiques agrémentent ce parcours de qualité.
Voici un petit diaporama pour vous en faire découvrir une minuscule partie et vous donner l'envie de la visiter à votre tour. La qualité des images laisse à désirer mais il n'est pas aisé de photographier dans la foule et sous les lumières éblouissantes.
Bonne visite !

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Rédigé par Mony

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Publié le 15 Juillet 2012

 
Tu m’en parlais peu, ces mots là franchissaient tes lèvres avec difficulté. Seule ta tendresse ne faisait pas défaut. Moi, je ne posais jamais de questions. Je me sentais dans la normalité aussi pourquoi l’aurai-je fait ?
      
Tant d’enfants ont un père ou une mère venus de loin, tant d’enfants sont fils ou fille de parents divorcés et connaissent alternativement le foyer du père ou de la mère. Dans notre ville cosmopolite rien ne me distinguait et si tu vivais d’une façon si différente de Maman, ce n’était pour moi qu’enrichissement. Bercée entre vous deux, mon enfance fut heureuse.

 

Un jour, à l’école, "eurasienne" un mot si doux à mes oreilles m’a dévoilé ma particularité affirmée jour après jour au fil de mon adolescence. Élevée à l’européenne je suis fille d’Asie par mon aspect et dans tes yeux posés sur moi une flamme de fierté et d’amour brillait.

 

Tu m'en parlais peu. Par pudeur ou pour me préserver tu étais discret sur ton passé mais pourtant je pressentais ta nostalgie, tes non-dits, tes racines déchiquetées dans la souffrance et à mon tour je me taisais. La jeunesse en moi ne voyait que l’avenir.

 

A présent, tu n’es plus de ce monde mais je te sens toujours à mes côtés et pour cette partie de toi si imbriquée au fond de mon âme je sais qu’un jour j’irai là-bas la découvrir enfin.

 

(mes textes sont des fictions)

 

 

 

Chanson de : Clic

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Rédigé par Mony

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Publié le 22 Juin 2012

     
      b26637d9.jpg         Rafal Olbinski clic
  
 
  Sois prête, fais tout pour être en forme ! Depuis le temps que tu espères ce moment, tiens le coup, montre-toi digne de sa confiance. Prépare-toi à lui faire une petite place, bientôt une part de lui te rejoindra. Quand ? Va savoir ! La semaine prochaine peut-être ? Il faut qu’il soit prêt lui aussi pour notre rendez-vous.
      
    Tiens le coup, tiens le coup ! Ces paroles m’obsèdent, m’obligent à me surpasser mais j’ai peur. La nuit surtout. Et si nous devions rater cette rencontre ? Pourvu qu’il ne lui arrive rien... non pas à lui, pas à lui. !
 
   Hier soir, il est encore venu m’embrasser et prendre de mes nouvelles. Il m’a taquinée comme une gamine et il a ri de mes craintes. Je l’aime tellement...
Tiens le coup, tiens le coup ! Jusqu’à quelle limite ? Le temps est contre nous. Putain de temps ! Non mais tu entends comment tu penses ? Tu deviens grossière ma parole !
 
  J’ai dû m’endormir un moment. Tiens le coup, tiens le coup ! Ne rate pas cette chance inespérée. Tiens le coup ! Je n’ai plus que ces mots là en tête, ils sont ma force, mon moteur.
 
  Ce sera pour après-demain. Maintenant je le sais, c’est officiel. Tiens le coup, tiens le coup ! J’ai peur. Pour lui surtout !
 
  Mon frère, mon petit frère, t’ai-je jamais dit combien je t’aime, toi dont le rein va me rendre la vie ?
 
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(piqûre de rappel : mes textes sont des fictions) 
 

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Rédigé par Mony

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Publié le 11 Mars 2012

 
Le personnel déambule dans l’exposition à la suite de Monsieur Martin, le directeur, et de son staff. Marie de la comptabilité expose ses patchworks, Serge, le livreur, quelques photos animalières. Trois aquarelles sont signées Jany et quatre peintures à l’huile Rob.
 
- Rob ? interroge Monsieur Martin.                                           
Son fidèle adjoint chuchote à son oreille.
- Ah ! C’est vous mon cher Robert, dit-il en se retournant vers son chef comptable.
- Bien, bien ! Je ne savais pas votre attirance pour l’art… abstrait…
Le chef comptable sent parfaitement l’ironie du ton mais il se contente de sourire.
 
Dans la deuxième salle, Alice et Claudie du secrétariat se sont associées pour présenter et offrir leur folie du moment : de délicieux cup cakes rivalisant de couleurs. Elles minaudent et rosissent sous les compliments de Monsieur Martin alors qu’intérieurement elles pestent d’avoir dû sacrifier leur week-end au nom de la cohésion du groupe. Cohésion ! Plus grand chose à en dire après le passage des affamés ! Les plateaux si savamment garnis sont quasi vides.
La tour Eifel en bâtons d’allumette de Werner est à présent sous le feu des regards. Des mains se tendent. Werner toussote de crainte. Lui qui a pris mille précautions pour transporter son trésor voue au diable cette idée d’exposition interne sur le thème « Découvrons vos talents » Pourquoi faut-il toujours faire bonne figure et ne rien savoir refuser à ses supérieurs ? Peste, peste ! Qu’est-ce que ces indifférents peuvent comprendre à sa passion ! Demain, ils se gausseront tous de lui…
- Vous faites preuve d’un bel imaginaire. Félicitations chère madame ! Madame ?
- Emilie Noode. Je travaille à l’expédition.
- Bien, bien ! Est-ce pour exorciser vos cauchemars que vous créez des masques ?
Emilie ne répond pas, elle est déjà retournée dans l’ombre ; Monsieur Martin est passé à un autre hobby.     
 
 
emil-nolde-les-masques.jpgEmil Nolde            Pour Miletune
 
           
  
  
-Tu ne manques pas de culot, souffle le contremaître qui a reconnu sa caricature ainsi que celle du directeur, du chef du personnel, du livreur et de la secrétaire de direction aux longs cheveux noirs.
 
La jeune femme se contente de regarder le contremaître droit dans les yeux et celui-ci baisse la tête en s’éloignant au plus vite. La douleur de la gifle dont Emilie l’a gratifié le jour où il a tenté de lui caresser les seins est ravivée sur sa joue.
Les masques se balancent doucement sous l’effet du souffle de l’air conditionné, pour un peu on les croirait animés de vie.
Pour Emilie, ils ne sont que survie.

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Rédigé par Mony

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Publié le 28 Février 2012

 

sharpenIl y a un loup dans ma cuisine. Au début, je n’y ai pris garde mais au fil de jours, ses yeux de prédateur m’ont interpellé. De son regard perçant, il ne perd aucun de mes gestes.

 

Que j’ouvre le frigo, une armoire, le lave-vaisselle ; que j’émince des légumes, touille dans une casserole, réussisse un plat délicieux ou me contente d’enfourner une pizza surgelée, je sens son attention fixée sur moi.

 

La cuisine n’est pas grande et il nous faut partager cet espace confiné en harmonie.

                                                                                        

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Parfois, je lui parle : - moi aussi j’ai connu la vie en meute, l’instinct de chasse est ancré dans mes gênes, souvent j’ai lutté pour garder ma place de dominant…

Et, de confidence en confidence, je lui conte mes exploits de loup parmi les loups.                               

Il semble s’y intéresser ou alors fait-il semblant pour m’amadouer ?      

Dans ma cuisine, il y a aussi un miroir dans lequel mon reflet n’est plus ce qu’il était naguère.

Mais lui, mon loup, je dois l’avouer, il est très beau avec son pelage soulevé par le vent des steppes et en comparaison, je me souviens de mon ancienne prestance quand auprès de mes semblables le paraître était un atout indéniable.

Il y a un loup dans ma cuisine et ses heures sont comptées.

Ce soir, avant de me coucher, je détacherai la page du calendrier et demain, il y aura deux girafes dans ma cuisine.

 

 Image Web Clic   

 

 (Pour Impromptus - signé Nym)

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Rédigé par Mony

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