Publié le 30 Septembre 2012

 

Au hasard de mes choix de livres à la bibliothèque de mon village...

 

Coup de coeur pour "La liste de mes envies" de Grégoire Delacourt.

J'ai tout aimé dans ce livre et plus particulièrement la faculté de l'auteur d'interpréter si justement le regard féminin du personnage.

Aussi je me promets, et me réjouis, de découvrir son premier livre "L'écrivain de famille"

 

IMG_1848.JPGhttp://www.gregoiredelacourt.com/#!__la-liste-de-mes-envies/le-livre-en-images

 

 

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Publié le 29 Septembre 2012

 IMG 1839
  
  
Ingrédients pour 12 portions :
Pâte :
- 125 gr de beurre ou de margarine
- 90 gr de sucre
- 2 oeufs
- 150 gr de farine
- 1 c. à café de levure en poudre
- 5 cl de crème ou d'Alpro ou de Bjorg (soja)
 
Garniture :
- 500 gr de pommes épluchées et coupées en lamelles (3 à 4 pommes)
- 45 gr de sucre
- 10 cl de crème ou d'Alpro ou de Bjorn (soja)
- 1 c. à soupe de poudre pour pudding vanille
- 1 c. à soupe de sucre
 
Pour le moule :
- un peu de beurre ou de margarine
- un peu de chapelure
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- mélanger le beurre et le sucre pour obtenir un mélange mousseux et lisse
- ajouter les oeufs un à un
- ajouter la farine et la levure tamisées et ensuite la crème
- beurrer une forme Crisp (spéciale micro-ondes) et saupoudrer de chapelure.
- éliminer l'excès.
- verser la pâte dans la forme en la répartissant bien
- enfoncer les pommes dans la pâte et saupoudrer de sucre
- mélanger la poudre de pudding vanille et le sucre avec la crème réservée à la garniture
- verser ce liquide sur les pommes
- faire cuire au four à micro-ondes (fonction Crisp) pendant 14' jusqu'à ce que les pommes soient tendres et la pâte dorée - surveiller
(il est possible de devoir augmenter quelque peu le temps de cuisson)
Si le four à micro-ondes ne dispose pas d'un accessoire pour surélever la forme sous le grill, utiliser un bol sur lequel déposer le plat.
Bonne dégustation ! 
 
 
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Publié le 27 Septembre 2012

 

 

Elle me disait - cette peinture me fait rêver -

Elle, Jo, ma vie, mon amour.

Telle une enfant, elle avait découpé la photo du tableau de Hopper dans un magazine, l’avait plastifiée et s’en servait comme signet qui, d’un livre à l’autre, l’accompagnait.

 

compartiment-c-voiture-193-edward-hopper-1938-collection-i-.jpgElle me disait - j'aimerais m’embarquer à bord de l’Orient-Express ou du Transsibérien, traverser l’Europe et l’Asie au gré des escales… Milan, Venise, Belgrade, Istanbul… Moscou, Vladivostok… dormir, bercée par le roulis, prendre le petit-déjeuner et puis m’installer et observer la vie aux alentours...me faire belle, lire tous ces livres qui m’attendent... découvrir la beauté du monde…

 

Je la serrais alors contre moi, lui chuchotais du miel au creux de l’oreille et doucement, nous nous aventurions vers des ailleurs connus de nous seul.

Certains soirs, je la surprenais captivée par la photo avec à ses côtés un bouquin à la page égarée.  Où étais-tu Jo ? Traversais-tu la Cordillère des Andes ? Le Vietnam, l’Afrique ?

 

Un matin, comme tous les matins de boulot, nous avons pris le métro. Routine, promiscuité, passagers ensommeillés... Elle est descendue à la Bourse et du quai, elle m’a envoyé un petit baiser mais déjà la rame continuait sa route m’emmenant jusqu’à Rogier.

 

Ils m’ont dit - Monsieur, des centaines d’adultes disparaissent chaque année. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !

Seul le commissaire Mambo a marqué un peu de sollicitude, a entamé de vagues et vaines recherches.

Disparue, envolée, ma Jo !

 

Tu me disais - cette peinture me fait rêver...

Pour moi, elle est le lien qui me rattache encore à toi.

Où es-tu Jo ? Pour quel ailleurs m’as-tu quitté ?

 

Et pour fuir les images d’horreur, à mon tour, je rêve.

 

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 Pour Miletune Clic

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Publié le 24 Septembre 2012

 

Soirée douceur

Chants harmonica

Froid fenêtres embuées

Morceau de sucre

Lentement imbibé

D’un liquide pourpre

Petite fille revigorée sourit

Dans la crèche un enfant est né

 

Tantine de blanc vêtue

Au bras de son amoureux

Soleil rires joie

Photos ne pas bouger

Ritournelles reprises en choeur

Repas long long ennui

Fillette vide les verres

Sous la table s’est endormie

 

Premier amour toujours

Soirée copains

Demain l’an se vêt de neuf

Danses trémoussements

Punch aux fruits macérés

Traître une autre a embrassée

Jeune fille cœur déchiré

Dans son verre s’est noyée

 

Charmant est apparu

Lui et elle elle et lui

Duo mandoline

Toi moi nous

Promesse scellée

A la vôtre longue vie

Dame est devenue

Au doigt a passé l’anneau

 

 Berceau dans la chambre

Risettes premiers pas

Comptines loup garou

Mois années s’écoulent

Repas vacances anniversaires

Bulles pétillantes bougies

Sur sa tribu réunie

Mère veille

 

 La vie routine habitudes

Solitude

Gorge enrouée

Les chants se sont tus

Jeunesse au loin envolée

Un verre et encore un

Blanc rosé ou en robe rouge

Le vin faux ami rend à la belle ses vingt ans

 

dessin femme ivre

 

    Beau dessin de Dan (clic) 

ou (clic) 

 

merci à lui

                                                                          

 

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Publié le 21 Septembre 2012

 
 
           
Vendredi, 30 juillet 1943 - huit heures - 22°
 
hilda        John enfile son uniforme en silence de crainte de réveiller Dolly qui s’est rendormie après le petit-déjeuner, épuisée par son long et tardif service à l’hôpital.
Avant de quitter le minuscule garni qu’elle a loué récemment, il enlève délicatement le recueil de poésie coincé sous le coude de son amie tout en résistant à l’envie de poser un dernier baiser sur son épaule dénudée.
La porte refermée en douceur, il glisse le petit livre dans la poche de son veston et d’un geste décidé pose son képi sur sa tignasse blonde.
Les trois jours de permission ne sont déjà plus qu’un doux souvenir.
( Peinture - Duane Bryers )          
La température atteint 30 degrés lors du briefing dans les locaux de la base aérienne de la R.A.F. mais personne ne s’en plaint. Toute l’escadrille est suspendue aux lèvres de son commandant, attentive à la moindre directive.
 
Décollage : 22 heures
Cibles : trois usines sur la Ruhr
 
John est à l’arrière d’un des bombardiers qui vibrent comme des frelons dans la nuit. Il sait exactement ce qu’il aura à accomplir quand le « go » retentira dans son casque. Ses pensées vont, viennent, se croisent et souvent le ramènent vers la flamboyante Dolly dont il sait le portrait bien à l’abri dans le recueil de poésies qu’il a coincé à même la peau sous sa combinaison de vol.
 
Redoutés, des tirs de D.C.A. le tirent de sa rêverie en déchirant violemment l’espace. L’un d’eux fait mouche et atteint la carlingue et un moteur de l’avion qui tressaute sous l’assaut. John et ses compagnons, drillés à réagir au plus vite, évacuent l’appareil en feu et sautent dans l’air frais d’altitude. La chute est vertigineuse jusqu’à choc de l’ouverture du parachute qui scie brutalement les épaules de John.
Les salves se font sporadiques ; au loin les forteresses volantes poursuivent leur vol vers l’est tandis que l’appareil en perdition explose dans une gerbe de feu.
 
L’environnement devient plus calme et s’assombrit, seule la lueur de quelques étoiles laisse deviner l’approche d’une masse compacte. Des arbres ! John ne peut les éviter et son parachute s’emmêle dans de grosses branches. Suspendu dans le vide, il tente en vain de se libérer.
- Murphy ? Winston ? Jack ? Tommy ? Rod ? …
Ses appels restent sans écho… Que sont devenus ses compagnons ? Lesquels sont encore en vie ?
La nuit est douce… Dans l’air flottent des senteurs de foin et de bétail… Comment croire à cette guerre qui n’en finit pas ?
Mais hélas, là-bas, loin à l’horizon, les éclairs des bombardements illuminent soudainement le ciel.
 
John sort lentement de sa torpeur quand le bruit caractéristique des bombardiers lui signale le retour de mission.
- Good luck boys ! Dolly kiss !
 
Les mains entravées dans le dos, John ne réagit pas au moment où le soldat allemand chargé de le fouiller s’empare du livret de poèmes et en extrait la photo de Dolly.
- Schöne girl !
Le cliché est enfoui dans la poche ennemie, le livret jeté dans une corbeille.
Sous la provocation John reste de marbre avec seulement cette devise lancinante en tête :
 
A travers les embûches jusqu’aux étoiles*
 
Pendant près de deux ans, au milieu de l’innommable, sa fidèle mémoire  lui restituera jour après jour l’image de sa douce étoile rousse.
 
(*devise de la R.A.F.)
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Publié le 20 Septembre 2012

 
IMG_1838.JPG
 
Ingrédients pour 6 personnes :  (photo/3personnes) 
 
- 1 kg de pommes
- 4 c. à soupe d'amandes effilées ou en poudre
- 100 gr de farine
- 100 gr de sucre
- 100 gr de muësli avec au moins 30 % de fruits
- 80 ml d'huile
- 2 c. à café de cannelle moulue
- 1 c. à café de gingembre moulu
- 2 c. à soupe de Nesquick
- 2 c. à soupe de miel liquide
- 2 c. à soupe de lait
- 1 pincée de sel
 
Préchauffer le four à 180°
Couper les pommes non pelées mais sans le coeur en morceaux
Les disposer dans un plat allant au four
Mélanger tous les autres ingrédients en terminant par l'huile
Veiller à ce que le mélange soit homogène et le répartir sur les pommes
Enfourner pendant 50'
Après 30 ' surveiller le crumble, le recouvrir éventuellement d'alu 
 
Se déguste chaud ou froid
 
 
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Publié le 17 Septembre 2012

    
  Ce texte lu par Sagine est à écouter ici
 
Elle a un doute, va-t-elle plaire ? C’est rien, ça va passer ! C’est juste un instant d’abandon, quelques secondes intemporelles pendant lesquelles son regard s’est voilé en croisant son reflet dans le long et étroit miroir suspendu dans le hall. Déjà Marga est dans la rue, déjà elle oublie sa silhouette voûtée, son visage griffé de rides  profondes et elle chemine à petits pas décidés vers le café « l’Aurore » Elle a belle allure sous sa couronne de cheveux blancs comme neige et le sourire affiché sur ses lèvres ne fait qu’accentuer l’impression de sérénité et de volonté qui se dégage d’elle.
   
Ses amies Danielle, Irène et Jeanne, accompagnée de son loulou Oz, sont déjà attablées le long de la fenêtre donnant sur le Boulevard. Comme convenu entre elles, Marga les ignore et s’installe à la table voisine, commande un thé vert, extrait son portable de son sac et l’installe bien en vue devant elle. Le premier candidat peut se présenter, elles sont prêtes.
    
Dix heures sonnent à l’église des Capucins quand un homme à la tenue peu soignée et dégageant une odeur du temps lointain où la naphtaline conservait précieusement les habits du dimanche lance d’un ton bourru « c’est vous Marga ? » Marga va à l’essentiel, répond par quelques phrases, ne cherche pas à faire plus ample connaissance et presto renvoie le monsieur à ses mites et moustiques. Les nez pincés de ses amies la conforte dans sa décision ; non, ce ne sera pas lui l’heureux élu.
   
Le café est animé en ce jour de marché, le va et vient incessant des consommateurs apporte une touche de gaieté et déjà se présente le deuxième candidat. Au premier abord il évoque à Marga l’acteur Charles Vanel dans le film « Le salaire de la peur » A l’époque, dans les années 1950, elle avait apprécié le suspens et le jeu du comédien mais l’homme qui lui fait face à présent se révèle rapidement raide et emprunté sous ses airs de faux dur. Danielle, Irène et Jeanne font la grimace, Marga quant à elle ne s’imagine pas à ses côtés et s’empresse de remercier le candidat de s’être déplacé. En bougonnant quelques mots sur « ces bonnes femmes …» il disparaît dans la foule.
   
Arrive alors un curieux personnage dont le corps penché en avant sur une canne dorée défie les lois de la gravité. L’ombre seule du vent suffirait à le faire basculer et si même, comme il le confie à Marga, il a bourlingué de nombreuses années dans les pays étrangers il prête à présent à sourire. Avec tact et pudeur, Marga lui fait comprendre qu’il ne correspond pas à ses attentes mais lui assure quelle serait heureuse de le revoir afin qu’il lui parle de ses voyages. Rendez-vous est pris pour la semaine suivante et c’est un candidat déçu mais néanmoins heureux qui la salue avant de s’en aller clopin-clopant au gré de sa canne.
   
Oz s’agite, impatient de sortir en voyant la laisse tendue par Jeanne, tellement impatient qu’il manque de faire trébucher un homme entre les tables. Furieux, le nouvel arrivant fait remarquer à Jeanne toute confuse qu’elle ferait bien de surveiller et de punir son chien à défaut de l’avoir éduqué de manière convenable. Comme il fait mine de s’approcher de la table où est installée Marga celle-ci se présente spontanément et le prie d’aller se faire éduquer ailleurs. Jeanne, les larmes aux yeux, sourit à son amie. Quel caractère cette Marga !
   
Pourtant, le pessimisme s’installe dans le cœur de Marga, trouvera-t-elle le partenaire idéal ? Ses recherches dans le quartier n’ayant abouti à rien a-t-elle eu une bonne idée de passer cette annonce dans le journal ? Et puis le doute fait place à l’optimisme. N’a-t-elle pas décidé un jour lointain que désormais sa vie serait palpitante, que de chaque jour elle ferait une micro-fiction de laquelle elle retirerait le meilleur ? Perdue dans ses pensées elle sourit sans entendre l’homme qui s’adresse à elle. Danielle tousse pour la faire réagir, Irène lui emboîte le pas suivie par Jeanne qui y met tout son cœur. Marga sursaute, elle entend son prénom : « Marga ? Marga ? Je me présente, je suis Olivier »
 
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La pièce de théâtre écrite par Marga de sa belle écriture bleu pâle et jouée par ses amis et amies eut beaucoup de succès à la fête de Pâques organisée dans le quartier. Olivier s’est révélé un excellent metteur en scène et un fabuleux comédien. Après la première, Marga lui a demandé pourquoi il avait si rapidement accepté de la seconder. La réponse, il l’a lui a donnée en l’embrassant amicalement : « parce que tu es une vieille dame merveilleuse, pleine de vie et allant toujours de l’avant et puis aussi parce que, installé à quelques tables de vous à « l’Aurore », je vous avais observées toutes les quatre. Vous étiez redoutables mais tellement attendrissantes dans votre volonté d’aboutir. Et toi, confie-moi à présent ce que contenait le texto envoyé par Danielle pendant notre entretien » Marga sourit et le doigt tendu vers le torse d’Olivier répond d’une voix ingénue: « elle avait écrit : c’est lui ! »
 
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Publié le 14 Septembre 2012

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Un voyage d'affaires, un voyage écrit dans la langue qui m'est naturelle et quotidienne.

Tous les mots "étranges" sont répertoriés dans le Larousse et font partie de la langue française.
En devinerez-vous le sens ?
  
Photo : Jardin Botanique - Liège
   
 
Liège - Jeudi 14 octobre 2010 - 16 heures 30
 
Zac le taiseux ! Zac, mon frère, cela fait si longtemps… et cependant je le reconnais immédiatement. Sa photo, je ne vois qu’elle en première page de la gazette affichée à l’aubette de la gare. Autour de moi, des navetteurs énervés de faire la file pour acheter une farde de cigarettes ou un magazine me bousculent sans ménagement. Pourtant, les yeux hypnotisés par le portrait de Zac, je ne ressens rien de cet environnement fébrile et ce n’est qu’au troisième « Monsieur, s’il vous plaît ? » lancé par la libraire débordée que je lui tends enfin la monnaie en échange du journal.
Retrouver Zac à la une ? Aujourd’hui ? Il n’y a pas de hasard !
Mes bagages dans le coffre du taxi, l’adresse de l’hôtel lancée au chauffeur et je lis enfin la légende inscrite sous la photo : « Zacharie Waha - candidat potentiel au Prix Scientifique 2010 - p.3 » Page trois. Mes yeux enregistrent : brillant chercheur - futur lauréat du Prix Scientifique 2010 ? - donne une conférence samedi 16 - 20 heures - cité universitaire - auditoire B.6.
Promis Zac, promis, je serai au rendez-vous !
 
Les boulevards sont animés, le taximan énervé. La foire d’octobre repère de carrousels, Luna-Park et autres attractions attirent des ados désœuvrés. Du rénové à la rhétorique, ils déambulent sous le soleil déjà bas dans le ciel. Je souris, rien n’a changé. A l’athénée proche, le préfet et le proviseur, son second, auront beau garnir les valves de circulaires recommandant la fréquentation de la salle d’étude pendant les heures de fourche rien n’y fera, l’attrait de la foire sera toujours le plus fort.
Déjà l’hôtel est en vue. Banal, même tapis-plain, même air conditionné, même décoration impersonnelle dans les divers continents ou latitudes. Soupir. C’est décidé, au prochain déplacement je privilégierai un séjour en chambre d’hôtes, avec feu ouvert, accueil chaleureux... A cette perspective, déjà, je me sens mieux.
 
23 heures - La tête blottie dans un coussin moelleux, le corps étalé au creux du lit, je garde les yeux ouverts. Décalage horaire oblige le sommeil n’est pas au rendez-vous.
Retour à la salle de bains pour changer de tenue, une promenade dans le piétonnier libérera mon esprit. Dans quelques heures mes nombreux rendez-vous commerciaux exigeront une vigilance de chaque instant. Du résultat de tous ces échanges, de tous ces contacts dépend l’ordinaire de mes employés et en ces temps perturbés j’en ai plus que jamais conscience. Au dehors, le froid piquant me surprend. D’un geste frileux je referme la tirette de mon blouson en cuir et enfonce mes mains au plus profond de ses poches. Rue du Mouton Blanc, rue Pont d’Île, rue de la Casquette… ces noms chantent dans ma tête… Depuis mon départ, il y a vingt ans, divers détails ont changé mais au fil de mes pas l’émotion m’envahit. Je retrouve ma ville, celle de ma jeunesse, et quand bien même celle-ci ne fut pas facile, quand, face au regard et au mutisme de mon frère, je devais survivre, c’est ici que je suis né. Les cumulets dans le parc du jardin botanique, la fancy-fair de l’école en Pierreuse, les parties de kicker préludes de guindailles mémorables, la fricassée du déjeuner quand l’aube se devinait, le travail de jobiste perché sur une escabelle pour laver les nombreuses vitrines, le kot loué rue Louvrex à la mort de notre père alors que Zac, mon aîné de huit ans, était déjà accaparé par son travail, tout reflue dans ma tête. Tout ! Et sans m’en apercevoir, sans que ma volonté participe à ce choix, mes pas me conduisent aux abords du boulevard d’Avroy animé par les bruits de la foire.
 
Vendredi - 15 octobre 2010 - 0 heure 30
Retour à l’hôtel. Tel un somnambule je me déshabille, suspends ma veste à un crochet mais elle tombe, la lichette s’est déchirée comme tout à l’heure s’est déchiré un voile dans ma tête. Comment, moi qui déteste les miroirs, ai-je osé pénétrer dans « Le Palais des Glaces » ? Pourquoi fasciné par mes reflets déformés y ai-je entraperçu ma mère que je n’ai connue qu’au travers de photographies ? Pourquoi ai-je entendu distinctement la voix de mon père me dire comme jadis : « Comme tu lui ressembles Samuel ! Tu as les mêmes crolles brunes que ta maman » Et les yeux de mon frère, et son regard meurtrier posé sur moi sans un mot, pourquoi les ai-je enfin compris dans un éblouissement ? C’est à présent une évidence, dans son esprit j’avais tué sa mère, notre mère, en naissant, et jamais il ne me le pardonnera !
Je ramasse mon blouson et en me redressant, je croise mon double dans le miroir de la penderie. Pour la première fois de ma vie nos regards se happent franchement et ne se fuient pas. Au plus intime de moi-même je sais que je ne suis pas coupable.
 
Samedi - 16 octobre 2010 - 20 heures
Dans l’auditoire l’assemblée est nombreuse. Etudiants, hommes et femmes politiques, universitaires de tous âges sont installés côte à côte. Cet intérêt laisse aisément deviner l’enjeu que représente l’obtention du Prix Scientifique. Si Zac en est le lauréat quelle retombée pour l’université ! Le monde financier et industriel se bousculera pour paraître à ses côtés et subsidier la suite de ses recherches.
Mon frère apparaît enfin sous une salve d’applaudissements. Du dernier rang des gradins, tout là-haut de l’amphithéâtre, je l’observe et l’écoute le cœur battant. Pourtant, déjà, mes pensées s’envolent vers Kelly et nos deux enfants. Tout à l’heure, la webcam nous a rapprochés pour un trop court instant. A tous trois, j'ai fait le serment de bientôt les emmener découvrir l’Europe et le berceau de ma jeunesse.
Ma jeunesse… La voix de mon frère fait place à présent à la voix qu’il avait il y a vingt ans. Le ton posé d’aujourd’hui devient le ton agressif de jadis. A mes oreilles sonne le verdict sans appel de Zac face à mes piètres résultats aux examens :
«Te faire mofler deux fois de suite ! Tu n’es qu’un nul Sam, un pauvre type, tu n’arriveras jamais à rien dans la vie. Débrouille-toi seul à présent »
Je me suis débrouillé Zac. Sans toi. J’ai tracé un trait net, radical. Grâce au petit héritage laissé par Papa j’ai tiré mon plan et tenté ma chance aux U.S.A. Sais-tu qu’à présent, moi aussi, je pèse lourd dans le monde des affaires mais surtout que j'ai deux enfants adorables et une compagne formidable ?
 
22 heures - Je quitte discrètement la cité universitaire laissant Zac entouré d’une cour de courtisans. A la fin de la soirée, un organisateur de la conférence lui remettra la lettre rédigée cette après-midi dans ma chambre d’hôtel.
 
Zac,
j’étais présent lors de ta conférence. Je suis en Europe pour une durée de quinze jours. Mercredi, je prendrai la direction de l’Allemagne puis de la France et de l’Italie avant de rejoindre ma famille en Californie.
Je suis descendu à l’hôtel X. Si tu veux me revoir j’en serai infiniment heureux.

 Le Prix Scientifique je te le souhaite de tout cœur mais sache que pour moi ta plus belle victoire a été celle remportée il y a vingt ans quand tu m’as rejeté. Depuis cet électrochoc, Zac, j'ai réussi ma vie. Je suis un homme comblé et sans amertume.

 
Ton frère,
Sam
 
Dimanche - 17 octobre 2010 - 15 heures
Zac et moi, nous nous regardons droit dans les yeux et puis notre étreinte est longue, longue comme le temps qui nous a séparés.
 
 
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Publié le 11 Septembre 2012

 
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Quel salaud, mais quel salaud !
« Je suis rappelé en urgence, il y a une grosse panne à l'usine », c'est ce qu'il m'a dit tout à l'heure.
Mais quel salaud ! Et moi qui l'ai cru.
« Je t'attendrai pour dîner, essaye d'être de retour avant la nuit, tu sais que je m'inquiète de te savoir en chemin »
Résultat, je me suis retrouvée, comme à chaque rappel lors d'un week-end de garde, seule à la maison à me culpabiliser d'avoir du temps libre alors que lui devait bosser
 
J'ai lu un peu mais le coeur n'y était pas, puis, par réflexe, j'ai allumé la télé, pianoté d'une chaîne à l'autre. Rien d'intéressant évidemment juste une présence illusoire, le tiercé, les commentaires faussement excités, un gros plan sur le public et au beau milieu, MON salaud le journal à la main. J'en suis restée baba !
 
La reine des pommes, voilà ce que je suis et encore des plus blettes au cerveau ramolli.
Il ne perd rien pour attendre, je m'en souviendrai de ce dimanche moi qui espérais passer un après-midi en amoureux.
Ah, le salaud ! Je l'attends de pieds fermes, l'enregistrement a été vite enclenché, il ne pourra rien nier. Surpris qu'il sera, je savoure d'avance.
 
 
" Yes, j'ai gagné ! Je vais enfin pouvoir lui offrir ce nouveau PC portable dont elle rêve depuis des mois. Faut dire que les pannes se font rares ces derniers temps et le budget s'en ressent. Elle va être bien surprise ma petite pomme d'amour"
 
 
Et en dessert, un peu de Prévert

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Publié le 8 Septembre 2012

 
 
 
    Ce texte est inspiré par les photos amusantes de Pierre Beteille : clic
proposées par Miletune : clic 
 
- A Fiedor, je lègue tous mes livres…
La voix du notaire se perd dans la brume. Fiedor est cloué sur la chaise, sonné comme un boxeur sur le ring.
Ses livres ? Ah ! La vieille bique ! Ah ! La s…
Non, ne dis rien, Fiedor ! Respire, respire ! Le notaire va peut-être…
Hélas, Fiedor se retrouve comme un idiot dans la rue au côté d’un type un peu mal à l’aise. A lui, Fiedor, le neveu, les livres ; à cet inconnu, représentant la Société Protectrice des Animaux, la maison de famille, les bijoux et un portefeuille d’actions.
Je vaux moins qu’un toutou à sa mémère, qu’un perroquet rachitique, qu’un… qu’un… qu’un… Fiedor s’étrangle dans ses pensées.
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- Mais où je vais caser tout ça ?
Le livreur ne répond pas, le reçu signé il s’envole presto pour une autre livraison. « Time is money » telle est la devise de son patron.
Trois grandes caisses bourrées de livres poussiéreux ! Le trésor de tante Aglaé !
- Mon héritage ! Me faire ça à moi qui déteste lire ! râle Fiedor en donnant un coup de pied dans une des caisses.
- Mais à propos que lisait tante Aglaé ? Voyons voir…
Kessel… Mao (hé, hé, la vieille était curieuse de tout)…Orwel (connais pas)…Bach ? (Ah ! oui, Jonathan le goéland, belle musique !)…la Bible (j’y crois pas ! elle a lu l’ancien testament ?)…Sartre (rien que ça !)…Camus (peste soit de toi Tata)…Gulliver (que de souvenirs, je le réserve pour le lire éventuellement mais puff ! je préférais la bd de ma jeunesse)…
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Depuis un mois, Fiedor s’amuse comme un fou et dilapide son héritage sans aucun remord. Finies les idées noires, fini l’ennui, il a retrouvé la voie du bonheur simple, celle de la création. Face à son appareil photo et un livre à la main il fait l’idiot ou l’épouvanté, joue au curé dubitatif quant à une éventuelle multiplication des pains, vois passer d’un peu trop près des goélands, crée un jardin pour Gulliver, a la nausée au point de vomir des lettres en pagaille, se retrouve dans la savane aux prises à un lion cruel, mets des gants avec Camus, dégouline de rouge à cause de Mao, se paie une cuite à la Téquila et une barbe de trois jours à décoder Kant...
Un vrai délice cet héritage ! Et surtout une belle revanche sur tante Aglaë qui l’a toujours considéré comme un débile parce qu’il est artiste.
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Les questions fusent, les appareils photos crépitent. Fiédor, fier comme un paon de son premier prix au Concours de la Photo de l’Année, fait face à la presse nationale et dans le brouhaha général il se permet un dernier pied de nez mental à l’adresse de sa muse Aglaë.
- Demain, promis, je vais offrir le gîte à un chien qui se languit à la S.P.A.
Aglaë, n’est ce pas un joli nom pour un toutou ? Aglaë au pied ! Ici, Aglaë ! Va chercher…
 
  
     
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Publié le 4 Septembre 2012

 
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Ingrédients : - 225 gr de farine
                        - 225 gr de margarine  allégée (Bécel cuire et rôtir) ou de beurre
                        - 75 gr de sucre
                        - 50 gr de sucre de canne roux
                        - 3 oeufs 
                        - 100 gr de poudre d'amandes
                        - 1 c. à café de 4 épices
                        - 1 c. à café de cannelle
                        - 1 ou 2 c. à soupe de Nesquick
                        - 2 ou 3 gouttes d'extrait d'amandes (ou plus suivant le goût) 
                        - 1 sachet de levure
                        - 8 cl de Alpro ou de Bjorg (soja) ou de crème fraîche 
 
Préchauffer le four à 220 ° 
Mélanger la matière grasse avec les sucres
Ajouter les épices, le Nesquick et la poudre d'amandes. Bien mélanger
Ajouter les oeufs, l'extrait d'amandes puis la farine et la levure tamisées  
Terminer en ajoutant l'Alpro ou le Bjorg (soja liquide) ou la crème fraîche
Verser la pâte dans un moule graissé
Cuire 5 minutes à 220 °
Poursuivre la cuisson pendant 40 minutes à 170°
Après démoulage et refroidissement complet saupoudrer de sucre glace et déguster
 
 
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Publié le 3 Septembre 2012

 
  
- Trop grand ! Je désire un petit parapluie discret, à glisser au fond de mon sac à main, dit une cliente.
- Trop coloré ! Un vrai perroquet, dit une autre.
- Jolies couleurs mais difficiles à assortir à mes tenues, regretta une jeune dame.
- Vraiment encombrant et puis la poignée me déplaît, fut le verdict sans appel d’une personne à l’allure hautaine.
 
Et le temps passa sans qu’une seule acheteuse trouve le parapluie à sa convenance. Au fil des mois, il échoua dans un rayon perdu au fond du magasin, là où étaient casés les articles promis aux soldes. Plus personne ne daigna jeter un coup d’œil sur son joli tissu soyeux.
 
Vint un été gris et pluvieux, maussade comme l’humeur des vacanciers espérant en vain un rayon de soleil. Seule la marchande de parapluie affichait un grand sourire, son commerce ne désemplissait pas. Même le parapluie bigarré et soldé trouva acquéreuse en la personne d’une dame retraitée tout heureuse de son achat.
 
- Il est solide, je pourrai me fier à lui et l’utiliser comme une canne le jour où… Et puis quelles jolies couleurs ! Un vrai arc-en-ciel !
 
Et elle s’en fut bien abritée des intempéries sous son joli pépin.
Les années passèrent et le parapluie remplit son devoir sans faillir. Il fut prêté parfois à l’une ou l’autre amie qui toujours le ramenait à sa propriétaire jusqu’au jour où cette dernière, trop faible pour vivre seule, dû se résigner à quitter son appartement pour rejoindre une maison de retraite.
Avant de partir, elle émit un dernier désir et demanda que son vieux parapluie soit déposé au hasard sur un banc ou sous un porche comme elle le faisait régulièrement avec un livre, vœu que s’empressa d’exaucer un de ses proches après avoir attaché à la poignée un tout petit écriteau sur lequel était inscrit :
« Parapluie voyageur - empruntez-moi »
 parapluie-nomade.jpg
Depuis ce jour, le parapluie est devenu nomade et de quartier en quartier il rend service à quiconque en a besoin.
 
Peut-être un matin l’apercevrez-vous au détour de la ville ?
 
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