Son Georges

Publié le 21 Novembre 2012

 

Un comprimé rouge, un jaune et une gélule blanche le matin.

A midi, une deuxième gélule blanche, plus une minuscule dragée brune.

Le soir, un demi comprimé rose, une gélule noir et blanc et une vert et jaune.

Suivre la liste, ne rien oublier, ne rien mélanger.

Berthe est concentrée. Dans les cases du pilulier, les poudres magiques, celles qui lui permettent durant quelques heures d’oublier le trop plein de douleurs et l’essoufflement épuisant, forment un patchwork qu’elle détricotera au fil de la semaine.

 

Un regard vers l’horloge de la cuisine… vite, sa main droite remet en place ses boucles blanches, réajuste le col de son chemisier, lisse sa jupe tandis que la gauche s’empare de la béquille. Se tenir droite, oublier la hanche douloureuse.

Au salon, la télé déclame sa pub et Berthe, coquette, la bouche en cœur, savoure l’instant comme un nectar délicieux. Elle aussi aimerait déguster un Nespresso… Qui sait, une jour gagnera-t-elle au Lotto ?

 

C’est déjà l’heure des infos… Pas envie de connaître les derniers détails de l’actualité. A quoi bon ? Un clic décidé et la bavarde se tait.

Un autre clic et le fauteuil doucement se met en position de relax. Installée confortablement Berthe se régale à son aise du décor qu’elle a patiemment et minutieusement créé autour d’elle au grand dam de Marie qui la seconde dans le ménage.

- Encore une photo de Mister Clooney ! avait-elle maugréé la semaine dernière en

époussetant l’appui de fenêtre.

Berthe n’en a eu cure et, à l’insu de Marie, elle s’était permis un clin d’œil à l’adresse de Georges, SON Georges.

 

Clooney GeorgeCassettes vidéo, DVD, livres, magazines ou photos encadrées : rien que du Georges !

- Vous devez me considérer comme une midinette, s’était-elle risquée à l’adresse du Docteur Chambord lors d’une de ses visites mensuelles.

Le bon docteur l’avait considérée tendrement en hochant la tête puis il avait répondu :

- Si tout le monde avait comme vous un Georges dans leur vie mon travail serait allégé !

 

Et pour la trentième fois au moins, Berthe saisit son DVD préféré et l’introduit dans le lecteur.

Son après-midi sera douce.

 

Georges Clooney (clic) 

 

Pour Miletune (clic) 

 

Rédigé par Mony

Publié dans #Solitude au bout du chemin

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Ratatouille0 27/11/2012 19:49


Sympa ce texte! (et la photo aussi bien sûr, quoique Georges ne soit pas mon préféré dans la catégorie "beau goss"! ^^) Jolie addiction, et belle alternative face aux autres addictions plus
"fatales"!

chloé 25/11/2012 09:42


Je n'étais pas encore sur Mil et une mais m'étais essayée, sur le sujet, histoire de m'amuser un peu! Euh! Ma version sur Georges Clooney était, pauvre Georges, beaucoup moins flatteuse que la
tienne! Bisous. passe une bonje journée. chloé

Annick SB 24/11/2012 08:08


Crois-tu que son entourage la surnomme Georgette ? 

mansfield 22/11/2012 19:03


Qu'il est doux à cet âge d'être restée une midinette!

Lorraine 22/11/2012 16:11


Voilà comment le beau Georges arrive sans le savoir à consoler une vieille dame de n'avoir plus vingt ans. C'est très attendrissant, chère Mony, et pourquoi donc ne pourrait-on pas rêver quand
l'âge vous met une canne dans les mains et un souffle très faible au coeur? Un très beau texte plein de sensibilité, plein de douceur et pleinde promesse!


 


Lorraine

Nais' 21/11/2012 10:37


Bonjour chère Mony !
Superbe ce petit texte... Il me fait sourire :) c'est une addiction raisonnable, mieux que la cigarette ou l'alcool ! Alors comme a dit Louv' : pourquoi pas ?


Bises, bonne joorunée

aimela 21/11/2012 10:15


Un petit café, un georges quoi de mieux pour oublier les misères de la vie, cela ne fait de mal à personne  n'est-ce pas ?  quoique le café à fortes doses:  attention le coeur
 

louv' 21/11/2012 09:42


Et pourquoi pas ? Si ce genre d'addiction (à Georges) peut adoucir une vie...

emma 21/11/2012 08:50


tu preches une convertie (au café bien sur)... ton récit est à la fois drôle (gentiment drôle) et tendre