Mes pères

Publié le 27 Février 2013

            Ma mère, elle est belle. Tellement belle que je n’arrête pas d’avoir des " papa " différents. Enfin, bof ! C’est manière de dire parce je les appelle par leur prénom ou tout bas, dans ma tête, par un surnom qui leur colle bien.
Il y a eu Mikaël - la Taupe, ses lunettes aux verres épais et son éternel costume gris poussière. Triste, mais triste ! Plus triste, tu meurs. Et ma mère, elle n’aime pas la tristesse…
 
Ensuite, pour rigoler un peu, Geoffrey – la Gargouille est entré dans notre vie. Avec lui, pas question d’être famélique, son estomac émettait sans cesse des borborygmes impressionnants et il n’appréciait que pizzas, saucisses et Coca du déjeuner au dîner, sans oublier les viennoiseries du petit-déjeuner et les petites bières de la soirée. Après trois mois de vie commune maman était au bord de la dépression en se regardant dans le miroir alors exit la Gargouille et son lot de calories.
 
Gilles – le Maniaque a suivi dès que ma mère a perdu quatre kilos et retrouvé le moral. Pas pour longtemps hélas car plus de fantaisies à espérer dans notre quotidien. Du menu de la semaine aux activités diverses tout était noté sur une grande feuille suspendue bien en vue dans la cuisine et pas question de changer le programme établi, le Maniaque était à cheval sur la discipline. Un soir, maman et moi, nous sommes allés au cinéma et non avec Gilles à la piscine. Il ne l’a pas supporté et c’est très bien ainsi…
 
Avec Raoul – pas Cool, le sport était roi. Il fallait toujours s’activer, battre des records dérisoires alors que moi, les jours de congés, j’aime bien me prélasser dans le divan en envoyant des textos à mes potes. Un dimanche il a dit à maman d’un ton suffisant : " Tom, TON fils, souffre de clinomanie " en précisant qu’il s’agissait de rester sans cesse couché puis il a critiqué le côté abscons des sms. Maman, les muscles endoloris à la suite d’un jogging éprouvant, n’a pas voulu en entendre plus et pas Cool a été remercié illico presto.
 
Ma mère, elle est belle et encore plus depuis sa rencontre avec Charles-Henri. Je ne sais ce qu’il lui chuchote dans le creux de l’oreille pour faire briller ainsi ses yeux ou provoquer son rire. Charles-Henri est l’Amoureux des mots. Chaque jour grâce à lui, je consulte discrètement le dico en ligne et je soupçonne maman d’en faire de même.
Quand j’étais enrhumé, il m’a appris le mot enchifrené et pour se moquer gentiment de mes cheveux drus qui avaient besoin d’une bonne coupe, il les a comparés à une touffe de bambous cespiteux ce qui a donné du fil à retordre à mon clavier.
 
Je l’aime bien Charles-Henri – l’Amoureux des mots à qui j’enseigne le langage sms. Pas pédant pour un centime, il ne se prend jamais au sérieux et à son contact mes résultats en composition sont à la hausse. Un jour, à propos de raisonnement, j’ai réussi à insérer le mot sophisme et en décrivant une flotte de voilier j’ai enjolivé ma phrase du beau verbe faseyer.
 
 
De tout cœur, j’espère que Charlery charmera encore longtemps maman de ses vocables rares et qu’il sera pour moi le dernier papa. Oui, vraiment, ce serait super cool.
 mmmmmmmmmmm

Rédigé par Mony

Publié dans #Mes sucres d'orge, #Moments de vie, #Vivre à deux ou....

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Nais' 28/02/2013 21:43


Bonsoir Mony,
Quelle famille, recomposée à gogo ! Pas facile pour un adolescent, mais apparemment celui-là s'en tire bien avec charlery ;) Le dernier des papas, j'espère !
Bises, bonne soirée !

Aimela 28/02/2013 08:37


J'espère  comme le gamin que charlery sera  le dernier

jill bill 27/02/2013 21:46


Bonsoir Mony, vie de famille mouvementée avec une belle maman... Charlery sera t'il le bon... je le souhaite à la narratrice, il est au poil celui-là si je puis me permettre !!! Merci, bonne
nuit, jill