Il était...

Publié le 24 Avril 2012

  imagesCARBQ62S.jpg

                                                                                  René Magritte

 

- Il était… il était… habillé de brun… oui, c’est cela, d’un costume brun bien coupé mais un rien désuet avec ses grands revers… et puis… il portait une cravate, brune elle aussi, sur une chemise blanche… avec des boutons de manchette la chemise…

- Et puis ?

- Il avait des mains soignées… pas de bague ou d’alliance aux doigts… pensez, j’ai vérifié…

- Et... ?

- Et c’est tout monsieur le Commissaire !

- Inspecteur ! Je suis l’inspecteur Mambo !

- Si vous voulez, inspecteur. Pour moi, c’est du pareil au même.

- Si vous voulez, si vous voulez, ronchonne l’inspecteur Mambo, je ne veux rien si ce n’est un peu plus de détails. Comment voulez-vous identifier une personne avec de pareils renseignements ?

- Mais voyons, Inspecteur, que puis-je vous dire d’autre ?

- La couleur de ses cheveux, de ses yeux, la forme de son visage, de son nez… Avait-il une cicatrice, un tatouage, un piercing ? Etait-il beau ? Avait-il les traits fins et réguliers ? Ou au contraire son visage portait-il des marques de fatigue, de cruauté ?

- En quelque sorte, Inspecteur, vous voulez un portrait-robot ? Comme chez Julie Nescaut ?

- Lescaut ! Julie Lescaut ! rectifie l’inspecteur.

- Nescaut, Lescaut ! Pour moi, c’est…

- Du pareil au même, oui, je sais ! coupe l’inspecteur agacé.

- Mais… vous pensez que je vais passer à la télé ?

- M’étonnerait ! Si vous imaginez que tous les pickpockets ont droit au journal de vingt heures vous vous fourrez le doigt dans l’œil.

- Oh ! Commissaire !

- Inspecteur ! Inspecteur Mambo ! Et puis en voilà assez. Vous voulez qu’on le retrouve oui ou non ?

- Oh ! Oui, Comm…specteur ! Il était… comment dire ? Radieux ?… Lumineux ? Oui, c’est cela, lumineux ! Une aura incroyable se dégageait de sa personne. C’est… c’est tout ce qui m’a frappée.

- Et que vous a-t-il volé exactement ? Portefeuille ? Collier ?

- Non, non, inspecteur Bonmo. Il s’est emparé de mon cœur, l’a chiffonné comme un vulgaire mouchoir et depuis je ne vis plus.       

- Mambo, sapristi ! Vieille folle ! Votre cœur ? Votre cœur chiffonné ! Disparaissez de ma vue ! Allez voir dehors si j’y suis, espèce de siphonnée !    

- Inspecteur Mambo, je dois vous l’avouer, vous êtes un rustre et pas une lumière. Je m’en vais de ce pas porter plainte auprès du Commissaire Magritte. Lui, j’en suis certaine, retrouvera le beau ravisseur de mon cœur. 

- Maigret !!! Commissaire MAIGRET !

- A ne pas vous revoir, Commissaire Bonmo !

- Agrrr ! Mon cœur !

 

-------------------------------------------------------

 

 Pour Mille et une

 

 

Rédigé par Mony

Publié dans #Vivre à deux ou....

Commenter cet article

emma 24/04/2012 10:40


 une enquête lumineuse sur un voleur de coeur...

louv' 24/04/2012 09:34


Un dialogue un peu...surréaliste. C'est sûr que René Magritte comprendrait, lui...


Bonne journée Mony !